The Nikolavitch War Zone

ou

le coup de gueule permanent

Lundi 23 Mars 2009

Il arrive qu'aux infos, ils ne savent plus quoi raconter. La crise, c'est réchauffé. Le dopage ne fait plus rire personne. Sarkozy finit par ennuyer. Il faut alors enclencher une séquence nostalgie pour relancer la machine. Là, il y avait un sujet sur le voyage de noces de John Lennon et Yoko Ono. C'est dire s'ils étaient allés chercher loin sous un quelconque prétexte (la suite où ils étaient allés s'installer se loue toujours, paraît-il). Et donc, images d'archives de John et Yoko au plumard. Et là, je me suis avisé d'un détail qui ne m'avait pas frappé à l'époque (il faut dire que je n'étais pas né, à l'époque, ceci expliquant cela). Un panneau au-dessus de la tête de John, avec marqué dessus "Hair Peace". Et là, je m'interroge. Est-ce un message crypté de John, qui s'aperçoit que Yoko lui a refilé une cochonnerie à une époque où l'Aciclovir n'avait pas été inventé ? Auquel cas, c'est à un poignant appel au secours que le monde a assisté ce jour là, hélas sans le comprendre. Si quelqu'un était venu en aide à John Lennon, la face du monde aurait pu en être, qui sait, changée ?

Bon, par contre, quand on se pose devant la télé le midi pour boire son café, il est parfois traumatisant de regarder la fin d'un très beau documentaire sur Kubrick, de zapper, et de tomber au hasard sur une des émissions de voyeurisme social de Delarue. Merde, je savais même pas qu'il faisait encore de la télé, lui. Raison de plus pour que j'arrête de la regarder, tiens.

Jeudi 5 Mars 2009

Ils ont poissé le malade qui menaçait Juppé. Alors que quand on y réfléchit ne serait-ce que deux secondes, c'est totalement contre-productif de menacer Juppé. Cet homme est le meilleur allié objectif de la Gauche. Il suffit qu'il montre sa bobine de croquemort pour couper l'envie de voter à Droite à tout citoyen normalement constitué. La Gauche a d'ailleurs parfaitement compris le problème que pose ce genre d'individus, c'est pour ça qu'elle essaie de se débarrasser de Fabius depuis des années. Et puis les menaces, ça a un côté "que de la gueule", un peu comme cette vieille pub pour les frites où ceux qui en parlent le moins en mangent le plus. Juppé pourrait vous le dire, il est du Sud-Ouest, y a plein de chasseurs par chez lui. Faut s'approcher en silence. Le Chasseur Français devrait nous faire un dossier, tiens, sur les mille façons de débusquer le Juppé au fond des bois. Ça nous changera de la bécasse (non, ils n'ont pas fait d'articles sur Ségolène Royale non plus, je parlais du volatile, là).

Samedi 28 Février 2009

Alors là, je suis super emmerdé. La fin annoncé des open bar, c'est une chose. Je crois que malgré tout, je suis capable d'y survivre. J'ai survécu à la fin du Communisme, à l'arrêt de Pif, à l'effondrement en cours de la civilisation occidentale et à l'ingestion régulière de kebab dans des officines saumâtres du Quartier Latin. Je suis donc, techniquement, un genre de surhomme blindé qui ne craint plus rien, à part l'arrivée du facteur, parce que sa besace est pleine de facture, en ce moment. Le salaud. Mais là, je viens d'apprendre avec consternation que "si on ne possède pas de Rolex à 50 ans, on a raté sa vie." Et là, ouais, je suis très emmerdé. Alors d'accord, il me reste plus de dix ans avant l'échéance fatidique. Le problème, c'est que je n'avais pas prévu d'engager ce genre de dépense inutile. Je n'ai déjà pas de montre au poignet, parce que ça ne me sert à rien. Alors un truc foncièrement inutile et hors de prix, je pensais pas qu'il fallait avoir ça chez soi. Merde. Comment je vais faire. Je sais même pas où ça s'achête, des Rolex. Si, dans le métro à Barbès, j'oubliais. Mais bon. Merde. Qu'est-ce qu'il me faudra, ensuite, pour réussir ma vie ? Une bagnole ? Un pass pour le remonte-pentes de Courchevel ? Une carte de membre du Rotary Club ? Putain, mais c'est que j'ai autre chose à foutre que de courir après ce genre de colifichets, moi. Une Rolex, ça vaut cinq mille le bout, ces conneries là. Avec une somme pareille, je peux m'acheter plus de 600 livres de poche qui auront le mérite de m'instruire, de me cultiver, de me divertir. Une Rolex, à part me donner l'heure, je vois pas en quoi ça me rendra plus intelligent, plus détendu ou meilleur, ce que peut faire n'importe lequel de ces 600 livres à condition que je le choisisse bien.

Non, sérieux, je suis emmerdé, là.

Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire ?

Vendredi 27 Février 2009

C'est la crise, la fin du monde, la catastrophe annoncée. Mais nos gouvernements veillent, légifèrent, agissent. Tenez, la toujours pétaradante Roselyne Bachelot prévoit de régler prochainement d'un trait de plume rageur un des grands problèmes de société de notre temps. C'est vrai qu'il était urgent, semble-t-il, en tout cas à l'en croire, d'interdire les open-bars. Pendant ce temps, on soutient l'industrie automobile à coups de milliards et le secteur bancaire (responsable probable de l'abus d'antidépresseurs dans ce pays, et responsable avéré de la fin du monde actuellement en cours). Il me semble que la voiture tue plus que les open-bars, pourtant. Il y a là une logique qui m'échappe. Bon, ce n'est pas comme si la logique de Mme Bachelot était toujours d'une grande limpidité (rappelez-vous son passage remarqué au Ministère de l'Environnement, qui ferait passer Borloo pour un manitou connaissant son sujet), mais quand même. Comment se fait-il qu'elle arrive encore à trouver des postes gouvernementaux ? Elle suce si bien que ça ?

Mardi 24 Février 2009

Je veux pas dire, mais bon, alors que les Antilles françaises sont engluées dans une situation quasi pré-révolutionnaire, organiser une semaine antillaise dans la grande surface du coin ressemble un tout petit peu à un manque total de tact et d'à-propos. Bon, les types qui signent les mémos déclenchant de genre de semaine de l'acra et du boudin pimenté sont des types à cravate qui ne connaissent rien à la vie en dehors d'Auto-Plus et de Courchevel, mais quand même. Ça me sidère à chaque fois, ce genre de trucs. En plus, le stand diffusait des versions zouk de Florent Pagny et de Notre-Dame de Paris. Et là, j'ai beau être un pervers musical totalement assumé qui écoute des choses qui feraient vomir un Ludwig Van, j'ai trouvé ça dur.

Pendant ce temps, un autre type à cravate, un cadre de ma banque, a eu l'idée totalement géniale d'externaliser le traitement des chèques. Du coup, ces connards m'ont paumé un chèque et m'ont prélevé des frais. Puis m'ont baladé au téléphone. Hormis un employé de guichet qui m'a expliqué le topo de façon très aimable, tous les autres, les chargés de compte et autres cadres, sont au-delà, très au-delà du j'enfoutrisme caractérisé. Je vais pas tarder à changer de banque et à demander le remboursement de mes frais de téléphone.

Tiens, je lis d'ailleurs que dans le journal, les employés de banque se playent que les gens ne les aiment pas. On se demande pourquoi, tiens. C'est pas comme si c'étaient les clients des banques qui avaient foutu un bronx planétaire ces derniers mois.

Mardi 17 Février 2009

Je discutais avec des amis des étranges dérives du parler journalistique. De la façon d'avoir l'air neutre sans l'être vraiment, parce que l'emploi d'expression ciblées va donner une coloration nette dans la tête des auditeurs alors que le terme employé est accompagné de circonlocutions censées le désammorcer.

Précisément, ça m'a renvoyé à l'affaire de l'évasion des deux mecs à Moulins, cette semaine. L'usage de l'expression "considérés comme dangereux" était absolument fascinant. De la fausse neutralité, parce que c'est le "dangereux" qui focalise l'attention du spectateur moyen. Du coup, j'ai assisté à des réactions du genre "ces deux dangers publics foncent sur la région parisienne et toi ça te fait pas peur ?"

Ben non, ça ne me fait pas particulièrement peur. Parce que des braqueurs qui s'évadent à l'explosif, ce sont des professionnels. Et que des professionnels dans ce genre là, c'est pas à des types comme moi auxquels ils vont s'attaquer. Le "dangereux" est très relatif, dans des cas comme ça. Les mecs sont hyper dangereux, certes, mais pas cons, non plus. Ce sont pas des tueurs de petites vieilles. Mais rien que la mise en scène de la phrase en fait des Attila en liberté.

Le type qui roulait à fond dans la ruelle que je traversais tout à l'heure est bien plus dangereux, de mon point de vue. Lui, il me tuera sans se poser de questions. Et jouera les victimes après (il s'est jeté sous mes roues, je vous jure ! Et j'ai même pas vu le panneau, c'est la faute à la DDR qui fait des panneaux pas visibles). Ce salopard-là, oui, lui il me fait peur.

Lundi 16 Février 2009

Un truc qui m'a épaté, en allant faire mes courses, c'est l'existence du Red Bull sans sucre. Déjà, le concept de boissons énergétiques m'a toujours laissé dubitatif. Ces boissons qui permettent à des gens pas capables de tenir le choc de faire bonne figure dans les soirées, je comprends juste pas. Encore, les boissons pour sportifs, je vois à peu près (même si le sport demeure de mon point de vue personnel un concept extrêmement abstrait). Quand on a un coup de mou, le café ou le thé, ça a un côté agréable et un peu ritualisé qu'une quelconque canette n'aura jamais. La canette est à la boisson ce que le SMS est à la littérature.

Mais bon. Admettons ce besoin que peuvent avoir les gens de retrouver un peu d'énergie. C'est là que la notion de "sans sucre" me chagrine. La source d'énergie de tout organisme vivant normalement constitué (hormis quelques archéo-bactéries au métabolisme fascinant, mais qu'on croise rarement dans des soirées, même les plus éméchées), c'est le sucre. Booster le métabolisme, c'est avant tout augmenter sa capacité à transformer le sucre en énergie. Du coup, créer une boisson qui booste, mais sans sucre, ça a un côté idiot. Et faux cul, aussi. Parce que l'aspect "sans sucre", c'est un truc qui va attirer les gens qui n'assument pas leurs excès. Qui veulent se donner l'illusion qu'ils n'auront pas à payer le prix (en kilos) de la bamboche. C'est malsain dans le concept, minable dans le principe, et fort probablement dégueulasse dans la bouche.

Notons qu'à Angoulème (je sais, je vous ai pas fait le compte rendu, j'ai pas eu le temps), les gens sont plus civilisés. Même à trois heures du mat, ils préféreront toujours un petit cognac des familles à une de ces saloperies pour jeunes idiots.

Mercredi 7 Janvier 2009

C'est curieux, quand même, la différence entre les marins et les motards. Depuis des lustres, on nous présente la solidarité des motards, la fraternité des motards, etc... Et au Vendée Globe, les types se déroutent (et flinguent toutes leurs chances de gagner la course) pour récupérer le concurrent qui s'est pété la jambe ou a mis son bateau à l'envers. Alors qu'au Dakar sans Dakar (le Dakar Sud-Américain, qui a été opéré l'année dernière pour se faire couper le dakar, quoi) (un Dakar travesti, en somme), un motard peut aller tranquillement crever tout seul sous un buisson sans que quiconque ne s'en inquiète avant le lendemain. Faut croire, donc, que cette grande famille des motards n'est qu'une légende. Ou qu'en tout cas la notion ne concerne pas les motards du dakar. Le pire, c'est que le motard ne s'est même pas viandé comme ceux auxquels ça arrive habituellement en cas de Dakar (avec ou sans dakar). Aucun ratage de dune, aucun dérapage. Il est juste tombé en panne, et tel un oiseau richarchamberlainesque, il est allé se cacher pour mourir en silence, moto et bouche cousue. Il faut avouer que ça renouvelle le genre, au moins.

Samedi 3 Janvier 2009

Diantre, je ne l'aurai vraiment pas vue passer, cette foutue année 2008. En plus, ces salopards de la télé parlent de plein de trucs, mais aux infos, personne n'a rendu hommage à Donald Westlake, qui nous a quitté après avoir chargé nos rayonnages de superbes bouquins. Il n'y en a que pour le Dakar qui ne passe même pas par Dakar, ô magnifique concept dont la post-modernitude doit ébahir quelques abrutis qui n'ont que ça à foutre. Problème horriblement technique que les concurrents auront à résoudre cette année : contrairement à ce qui se passait en Afrique, il y a des clôtures, maintenant. Ô tempura, ô mores, comme dit mon restaurateur japonais, qui s'y connait vachement bien en latin de cuisine.

Petit message personnel au passage. Je transmets ici même mes voeux à mon vieux camarade Axel, dit "l'americano", dans son lointain exil au fond des bois. Le dernier mail que je lui ai envoyé m'est encore revenu dans la tronche. Mais on pense à toi, vieux pirate !

Et puis bonne année aux autres aussi, tiens, tant que j'y suis. Il parait que c'est la saison, alors ne nous en privons pas.

Mercredi 31 Décembre 2008

Ah tiens, un vrai temps d'hiver. Ça faisait longtemps. Pour finir l'année, ça le fait, de voir les rues transformées en patinoires. Mais bon, ça ne nous empêchera pas, comme tous les 31/12, de tirer la chasse sur l'année écoulée en oubliant la crise, les roquettes, les voisins, les désastres, la folie qui semble s'emparer des hôpitaux et tout ça, ne serait-ce que le temps de se siffler une bonne bouteille. Quitte à le faire à la mémoire des morts des douze mois passés. Il y avait les fantômes des Noëls passé, présents et à venir... Peut-être y a-t-il des fantômes de la Saint Sylvestre, qui prennent la consistance des haleines des gens du dehors.

Mardi 30 Décembre 2008

Tiens, je disais toujours que pour moi, Elton John était mort il y a vingt cinq ou trente ans et que le mauvais qui l'avait remplacé était forcément un imposteur. Je retire ce que j'ai dit.

En fait, mon jugement sur Elton John venait du fait qu'il y avait une très vieille chanson de lui que j'aimais beaucoup et qui datait des alentours de 1980. Et que depuis, tout ce qu'il avait pu faire m'emmerdait copieusement.

Et en fait, cette chanson n'était même pas de lui. Je viens de la retrouver par hasard, et en fait c'est un truc de Joe Jackson.

Tout s'explique.

Lundi 15 Décembre 2008

Après Bettie Page et Van Loc, c'est au tour de Horst Tappert de passer l'arme à gauche. L'inspecteur Derrick lui-même a rejoint le Valhalla des flics télévisuels au regard de chien battu.

Alors on a vite fait de se moquer de Derrick et de la réalisation de ses aventures qui ferait passer Jean Rollin pour un excité du banc de montage. Mais mine de rien, si on parle encore de ce "veuf de naissance" (l'expression est d'Umberto Eco, qui évoquait déjà le cas Derrick dans De Superman au Surhomme, excellent ouvrage au demeurant) c'est que mine de rien, à son rythme pépère, il a atteint un statut iconique que la plupart de nos flics télévisuels français pourraient lui envier. En effet, en dehors de Navarro et de Moulin (Maigret est un cas à part), aucun de nos héros de "fictions policières" n'a autant marqué les esprits. Il faut dire que Derrick profite d'un phénomène assez hypnotique. Mais quand même. Tatort et le Renard, ses collègues et compatriotes, ne sont pas plus palpitant, mais on les oublie plus vite. Derrick a quelque chose de plus. La longévité, sans doute (281 épisodes, quand même, c'est une centaine de plus que les plus longues des séries Star Trek), et puis cet espèce de très étrange charisme en creux, cette invisibilité ostentatoire, alliée à un calme olympien perpétuel qui ferait passer Monsieur Spock pour un émule de Sarkozy. Dans notré époque d'instantannéité vouée au téléphone portable et au TGV, Derrick était un ilôt d'éternité, un exemple qui nous mettait face à la vaine agitation du siècle, un fanal éteint dans la nuit.

De là à dire que Derrick nous manquera, il n'y a qu'un pas. Mais un pas de plusieurs kilomètres quand même, faut pas déconner.

Vendredi 12 Décembre 2008

Je pourrais vous parler de Bettie Page, qui contrairement à d'autres avait choisi de mettre fin à sa carrière avant d'être frappée par le ridicule des stars qui s'accrochent, et vivra à jamais dans le coeur et les émois des amateurs de pin-ups rétro.

Dans le genre personnes qui regrettent d'avoir posé nues, mentionnons une certaine Carla Bruni, qui porte plainte contre un fabricant de sacs qui a détourné une photo datant d'une époque où elle dévoilait ses charmes aux objectifs des photographes. L'histoire en elle-même n'aurait pas tellement d'intérêt si, avec un candeur désarmante qui confine au génie pierrerichardesque, le fabricant incriminé ne s'était défendu en qualifiant le mannequin présidentiel de "femme publique".

Je dois dire que là, les mots me manquent. "Classe" ne me semble pas indiqué, pas plus que "élégant" ou "plein de tact". Je suppose qu'on peut mettre ça sur le compte d'un manque de connaissance de certains amusants particularismes de la langue française. En général, on préfère parler de "personne publique". C'est mieux.

Lundi 8 Décembre 2008

La Grèce est le berceau de la Démocratie. Bon, d'accord, la petite a fait quelques fugues entre temps. Mais il convient parfois de rappeler que Athènes est sa ville natale. Mais ça, c'est vieux. Il était temps que la Grèce rejoigne le cortège des nations développées, des pays civilisés, du monde moderne. Et là, ces violences urbaines magnifiques (je ne sais pas ce qu'ils ont comme caméras, mais le jaune orange de leurs explosions est hyper photogénique, félicitations au chef op, j'adore la façon dont ça se surimpose sur un fond gris d'ombres mouvantes, c'est hyper chiadé, c'est bien), ces violences urbaines, disais-je, montrent qu'un pas vient d'être franchi. Les gens se rebiffent contre les bavures policières et caillassent sans discernement sous les yeux d'une classe politique tétanisée, incapable de marmonner autre chose que d'inaudibles borborygmes qui, étymologiquement, la ramènent au rang des barbares, faisant tomber par là même ce mur millénaire de ségrégationnisme culturel qui obligeait les élites à apprendre le Grec en plus du Latin, ce qui était un gaspillage évident de deniers publics et de temps de cerveau disponible.

Des violences urbaines. Un magnifique premier pas. D'ici deux ans, vous verrez, les Grecs prendront leur destin en main, et se doteront d'un beau régime moderne de type sarkozyste, et la Grèce sera un de nos partenaires dans la construction de lendemains qui... De lendemains de... De lendemains, quoi. Alors, la Grèce sera un Pays Frère. Alors, ce sera beau et épique, et on en parlera avec des trémolos dans la voix et une émotion non dissimulée. Les Grecs se mettront à porter la cravate et on réhabilitera Nana Mouskouri.

Samedi 6 Décembre 2008

Faut parler d'autre chose. Avec l'instauration de l'état policier, j'ai trop peur. Alors parlons d'autre chose. C'est urgent. Baissons la tête et attendons la fin de l'orage. Après tout, les élections sont dans trois ans et demie.

Donc, la télé. Pas la Staraque, ça, je peux vraiment pas. Ni ses succédanés. Je sais pas ce qui passe en ce moment dans le genre, je regarde pas la télé. En tout cas, pas les chaînes de télé qui passent ce genre de truc. Je préfère les chaînes de ciné. C'est comme ça que je suis retombé sur cette version des Trois Mousquetaires sortie il y a quelques années aux US. Celle avec Jack Bauer en Athos. Distribution sympa, d'ailleurs. Michael Wincott, Charlie Sheen, j'aime bien. Et Tim Curry qui faisait un Cardinal de Richelieu merveilleusement bouffon, très croustillant, avec de belles répliques. C'est là, d'ailleurs, que j'ai sérieusement commencé à tiquer. Déjà, les grands massacres de gardes du Cardinal étaient limite, là où le roman faisait preuve de plus de retenue, là, c'est à la douzaine qu'ils étaient exterminés, les messieurs à casaque rouge (dans mon souvenir, d'ailleurs, elle n'est pas censée être rouge, mais bon, ça, c'est encore rien). Donc, un Cardinal parfaitement bouffon. Très bien joué, dans ce registre-là, d'ailleurs. Mais bouffon. Et cherchant à s'emparer du trône. Rien que ça. Et là, gaspe, j'ai dit non. Le vrai Richelieu, quoi que parfois d'un naturel emporté, était un homme qui avait le sens de l'état. C'était peut-être un des plus grands Premier Ministre qu'ait connu ce pays. Dumas ne s'y trompe pas, d'ailleurs. Dans le roman, si le portrait n'est pas flatteur, il montre néanmoins clairement la grandeur du bonhomme.

Et donc, dans ce film, le grand serviteur de l'état est réduit à une figure de farce, un personnage comploteur à la petite semaine, obsédé sexuel monstrueusement imbu de lui-même, d'une prétention lamentable et franchement ridicule. Franchement, pourrait-on imaginer un personnage pareil à la tête de la France ?

Hein ?

C'est inimaginable, hein ? Ça ne pourrait pas arriver en vrai. En tout cas, ça ne devrait pas pouvoir arriver. Surtout de nos jours où c'est le peuple souverain qui décide. Pourrait-on imaginer le peuple être assez bête pour propulser à la tête de l'état quelqu'un obsédé par sa propre image, amateur de luxe, incohérent dans le discours et les actes, cherchant à tout régenter en dépit du bon sens, insultant les gens ?

Non, bien sûr. Nous avons trop de respect pour la Démocratie et le pays pour même imaginer une chose pareille.

Ce film était vraiment ridicule, donc. Aucun enseignement à en tirer.

Vendredi 5 Décembre 2008

J'ai peut-être eu des mots trop durs à l'encontre du gouvernement, hier. C'est vrai, quoi, ça pourrait être pire. On pourrait avoir des ministres issus de mouvements d'extrême droite du genre Occident. Ça, ce serait moche.

Donc, comme promis, on va parler de bagnoles. Bon, pas Porsche, qui fabriquait des chars pour Hitler. Pas FIAT, à cause de Mussolini, de la Loge P2 et tout ça. Pas Michelin, à cause de la Cagoule. Renault, pourquoi ils avaient été nationalisés, à la Libération, déjà ?

Donc, la Star Academy...

Euh...

Jeudi 4 Décembre 2008

La prison pour les mômes de douze ans en raison de la recrudescence des crimes attribués aux adolescents de moins de 16 ans qui se monte, si j'ai tout bien compris les chiffres, à quinze cas par ans. Il était urgent de légiférer, tiens. Le patron d'un journal d'opposition interpellé à l'aube fouillé au corps pour une diffamation présumée commise ni par lui, ni par un de ses journalistes, mais par un de ses lecteurs dans les commentaires d'un blog. C'est magnifique. La Mouvance Anarcho Autonome, tellement nébuleuse qu'il suffit de prendre un pot avec la mauvaise personne ou d'avoir le mauvais bouquin dans sa bibliothèque pour y être rattaché aux yeux de la police. Faut-il que le pouvoir soit aux fraises idéologiquement et moralement pour avoir besoin de s'inventer ce genre de pieuvre invisible pour justifier ses gesticulations sécuritaires.

Par ailleurs, la France est sauvée. En effet, la culture générale ne sera plus évoquée, même de très loin, dans les concours de la Fonction Publique. On demandera à nos fonctionnaires de croire à la grandeur de leur pays sans savoir le moins du monde ce qui fait cette grandeur. (eh oui, les amis, vous serez peut-être choqués de l'apprendre, mais la grandeur de la France tient plus à Rabelais, Hugo (Victor, pas Boss), Rodin, Courbet (Gustave, hein, pas Julien) ou Laclos qu'à Zidane, Manaudou, Doc Gynéco ou Minc).

Et pendant ce temps, on nous apprend dans des spots à la radio que "les féculents, il faut en manger". C'est bien, j'aime les nouilles et les patates. Ça brouille juste encore un peu plus le message des "cinq fruits et légumes par jour", qui, si on le regarde de près, ne veut toujours rien dire (je m'en étais déjà ému ici même, il y a de ça quelque temps).

Politique sécuritaire de type état policier, culture révolvérisée, culte du corps maquillé en message de bien-être et de santé, petit brun gueulard au pouvoir. C'est bien, au moins, on sait où on va. Les choses sont claires. Le jour où l'on brûlera les livres en place publique, on ne sera pas surpris (prenons les paris, je suis certain qu'ils commenceront par la Princesse de Clèves).

Dans le doute, je vais peut-être me contenter de ne plus parler que de la culture de la patate, de bagnoles (je n'y connais rien, mais si Mme Dati peut parler de Justice, Mme Boutin de logement sociaux et le Pape de capotes, je dois bien arriver à parler de bagnoles, après tout) et de la Star Academy (je crois que je m'y connais mieux en bagnoles, en fait). C'est plus prudent. Mais si Monsieur Obama veut bien envoyer les GI libérer la France, je lui en serai reconnaissant.

Mardi 25 Novembre 2008

J'allais chez des gens pour dîner. Un genre de dîner boulot un peu pince-fesse avec des gens que je ne connaissais pas. Genre quelqu'un devait me présenter un gros éditeur pour un projet colossal qui allait faire de moi une vedette internationale si je ne me ridiculisais pas en chemin, vous voyez le genre.

En arrivant (en retard) sur les lieux, je tombe sur Christophe Lambert. Pas l'écrivain. Le vrai. Celui de la télé, là, "hin hin hin", celui qu'on voit dans les films.

Con comme je suis, je fais le mariole, je suis en mode "ouais, Christophe Lambert, trop cool, j'adore ce que vous faites, d'ailleurs, je savais imiter Greystoke quand j'étais môme..." et là, forcément je lui fais une pauvre imitation de singe à base de mouk mouk et de grattage de crâne.

Lambert, ça le fait marrer. Lui, il est en mode "ha ouais, c'est pas mal votre truc, j'adore, c'est marrant, très bon, hin hin hin".

Et puis on se met à table. L'ambiance est un peu lourde, je connais personne, tout le monde se regarde en chien de faïence en hésitant à reprendre une tranche de rosbif. Et là, n'y tenant plus, Lambert fait "regardez les amis, mouk mouk" et il se met à imiter Nikolavitch imitant Lambert jouant Greystoke.

Je pique le nez dans mon assiette, en marmonnant "chuis désolé, chuis désolé, je voulais pas ça".

Et, miséricordieusement, le réveil s'est mis à sonner. Et je me suis réveillé.

Lundi 24 Novembre 2008

Franchement, je préférerais pouvoir me contenter de montrer la SFIO du doigt en ricanant. Mais bon, là, c'est devenu vraiment trop navrant. J'ai honte pour eux. Comme si je regardais un accident de voiture arrivé à un mec qui conduisait slip baissé et qui a été éjecté sous le choc et qui s'est chié dessus, du coup. Ça fait un peu ça, maintenant. Ça pourrait être drôle, mais en fait, c'est juste sale et triste.

Sur une note plus gaie...

En fait, non. Rien.

Va falloir que je refoute les dates, alors, si je me remets à remplir régulièrement ce truc .

Jeudi 20 Novembre 2008, dans ce cas

Ayé, c'est une femme qui est élue. Non, à l'heure où j'écris ces lignes, la SFIO n'a pas tranché entre la fille de Delors et l'ex de Hollande. Mais reprenons. Tout à l'heure, je suivais un débat politique sur une chaine d'infos, vous savez, ce genre de chaines qui vous laissent le choix : soit suivre avec les oreilles ce que disent les intervenants, soit suivre avec les yeux ce qui s'écrit en bas de l'écran sur un petit défilant, avec des résumés bien secs de dépêches. Vous pouvez essayer de faire les deux en même temps, mais ça donne assez vite des court-circuits mentaux. Et d'ailleurs, en suivant ce que disaient les gusses, je n'arrivaient qu'à choper à chaque fois que la moitié des textes. Et là, hop, un bout de vibrant hommage à Simone Veil par notre Joe Dalton national de président.

Et là, forcément, quoique fort peu charitablement, je suis le premier à l'admettre, je me dis "diantre, elle a déjà cassé sa pipe, la vieille ? comme le temps passe." Mais parmi les commentateurs politiques, personne n'en parle. Vient la pub, je zappe sur un bout de film, je rezappe à la fin de la pub, les gros titres, l'élection pas finie entre l'ex et la fille à la SFIO, mais rien sur Mme Veil. Là, je me dis : "étrange. Elle serait morte, ils ouvriraient dessus, quand même. C'est pas la Légion d'Honneur, elle doit déjà l'avoir trois fois. Ni la sortie d'un bouquin... Qu'est-ce qu'il lui arrive ?"

Et en fait, elle subit un sort pire que la mort. La voilà, en fait, élue à l'Académie Française.

C'est pas sympa de momifier les gens de leur vivant.

Le lendemain du jour précédent

Je suis encore tombé sur une pub à la con. Faut pas que j'allume la télé, même pour regarder les infos. Bref, pour vanter... C'était quoi, déjà ? Un yaourt, non ? Je sais même plus. Une bonne femme fait "c'est une tuerie". Ce qu'il y a de beau, avec la pub, c'est que ça parvient à ringardiser instantanément n'importe quelle expression. S'il vous arrivait d'employer "c'est une tuerie", mieux vaut commencer à arrêter direct. Vous allez bientôt être ridicules. Bon, je ne pense pas que "ça tue sa mère" soit bientôt employé dans une pub, par contre, donc allez y.

Des gens qui se sont bien ringardisés, de leur côté, c'est la SFIO (je sais, ils ont changé de nom il y a quelques années, mais on voit bien que, passé le moment d'espoir initial, on en est revenu aux tractations partisannes façon Guy Mollet). La SFIO, donc, offre un pitoyable spectacle. Les "forces du progrès" sont bien dévitalisées. Pour un peu, on se croirait revenu au temps de "La Droite la Plus Bête du Monde", sauf que là, c'est l'arme à gauche. Ou peu s'en faut. Heureusement que le Parti Communiste est fini, parce qu'il serait capable d'en profiter, sinon. Et histoire de piétiner le cadavre encore fumant de la Gauche, le mari de la chanteuse prévoit de débaucher encore quelques personnalités d'ouverture pour le prochain remaniement.

Et pendant ce temps, je viens d'apprendre la mort de Kurt Vonnegut. C'est tout récent -je suis bien informé, moi, ça fait peur- vu que ça date d'avril 2007. Ils en ont pas parlé, aux infos. Alors que pour Thierry Gilardi, ils avaient sorti les mouchoirs (je ne savais même pas qui était Thierry Gilardi avant d'apprendre sa mort il y a quelque temps de ça, je n'y ai repensé d'ailleurs moi-même que parce qu'on se demandait, l'autre jour, avec des potes, si c'était Jean-Michel Larqué ou Thierry Roland qui était clamessé, et en fait non) (je ne sais plus pourquoi on parlait de ces deux-là. je n'avais pas lancé la conversation). Donc, Vonnegut n'est plus. Alors qu'il était le créateur d'un personnage immortel : Kilgore Trout. Une de mes idoles. Les aventures de Kilgore Trout, c'est une tue.... C'est bon, mangez-en.

Mi Novembre, alors que les jours racourcissent

L'Amérique échappera peut-être finalement à cette rhétorique trop souvent répétée des cow-boys qui tentent de rester le meilleur pistolero de la ville face aux étranger et autres coyotes à foie jaune. On sort des films de John Wayne pour entrer dans... Dans quoi, d'ailleurs ? Obama, nouveau président, martèle qu'il ne faut pas avoir peur de la complexité. Mais il sait aussi se réserver des plaisirs simples : c'est un fan de Conan le Barbare, par exemple. Personnage d'ailleurs plus complexe que ce que l'on croit généralement.

La complexité du monde, d'ailleurs, apparait parfois au détour des choses les plus incongrues. Une pub télévisée m'a appris récemment, par exemple, qu'un fabriquant de voiture pouvait sans rougir de honte ni sombrer dans le ridicule inventer le 4x2 (ou le 2x4, j'ai pas tout suivi). Ce qui est, en fait, un 4x4 châtré, un 4x4 qui n'a plus que deux roues motrices. C'est à dire, une voiture ordinaire. Mais qui ressemble extérieurement à un vrai 4x4. Pourquoi inventer un concept aussi plein d'une totale vacuité ? (c'est une invention Renault, je précise. j'ignore s'il y a un lien de cause à effet entre ce génial coup marketing et la vague de suicides qui avait frappé l'entreprise. ça vaudrait le coup d'enquêter, je pense) En fait, je crois que c'est simple. Pour ménager la chèvre et le chou, pour concilier des snobismes opposés. Le snobisme de la grosse bagnole 4x4 qui fait aventurier. Et le snobisme écolo qui veut qu'on diminue l'impact carbone. Bien entendu, le calcul est totalement foireux, puisque le seul vrai moyen de diminuer l'impact carbone consiste à voyager à l'électricité. Donc en voiture électrique ou en train (pour peu qu'il ne soit pas diesel). S'acheter un peu de fausse bonne conscience en choisissant un 4x4 amputé, c'est l'indice d'une telle misère intellectuelle et éthique qu'on en vient à souhaiter la disparition des radars automatiques pour que tous ces connards puissent se tuer une bonne fois en bagnole. Mais passons. Déjà, la mode absurde du 4x4 en ville m'avait guéri de tout optimisme quant à la valeur morale globale de l'humanité. Celle du 4x2 ne fait que broder sur le thème initial, un peu à la manière d'une suite de Jean-Sebastien Bach, mais sans l'élégance.

Miserere nobis et tout ce qui s'ensuit. Obama, s'il te plait, n'essaie pas de sauver General Motors. Et les autres, laissez crever Renault, PSA, Opel et tous ces pourvoyeurs d'absurdité véhiculaire.

Un jour d'Octobre Noir, alors que la fin de la civilisation tapotte à la porte

Si l'on en croit la panique qui s'est emparée des commentateurs financiers, c'est la cata. 1929 All Over Again. La faillite du système. La catastrophe aux proportions bibliques. L'équivalent financier des pluies de grenouilles, colonnes de sel se dressant devant des villes en ruine et autres fin du monde. Je n'ai pas un sou vaillant, alors je contemple ça d'un regard distant et vaguement amusé. Avec même une pointe de satisfaction. Vous avez entendu à la radio cette pub qui passe, où l'on entend un sorbonnard médiéval annoncer qu'au bout du monde, l'océan tombe en cataracte dans le vide ? Nous vivons un instant de ce genre, un instant que pour ma part j'attendais. Depuis pas loin de vingt ans, on nous serinait la fin des idéologies, en nous serinant sur tous les tons trois fois par jour que le système qui avait survécu, le capitalo-libéralisme était non seulement le seul possible, le seul à fonctionner, le seul souhaitable. Que son côté "naturel" (ah, darwinisme social, que de conneries n'a-t-on point dit en ton nom ?) en faisait un état de la société et non une idéologie. à la place des chemises brunes et des étoiles rouges, nous avions le complet et la cravate. Toute critique du système était accueillie d'un sourire méprisant. Celui qui formulait la critique était forcément un creux rêveur. Et "La société peut pardonner au criminel mais pas au rêveur.", disait en son temps Oscar Wilde. Le plus odieux des totalitarisme, celui qui est tellement campé dans ses certitudes, dans ses superstitions (ah, la main invisible du marché ! je l'adore, celle-là), tellement méthodecouesque, avec un vrai talent pour désamorcer la contestation en la marchandisant, en en faisant un argument de vente, et en en sapant jusqu'aux fondements, par là-même. "Les Capitalistes nous vendront la corde pour les pendre" disait le camarade Vladimir Illitch. Ou alors c'était son copain Léon. Ou son ami Joseph. En fait, c'est pire que ça : les capitalistes vous obligeront à passer par leur système marchand pour vous exprimer, sapant votre propre confiance par la base, en vous conduisant d'emblée à vous auto-corrompre.

Et donc ils suivaient leur chemin, allant de bulle en bulle, se gorgeant de vent, d'un argent déréalisé, réduit à des lignes comptables et à des promesses, abstrait. La somme des acteurs conscients, trop nombreux, donnant un monstre statistique incontrôlable, inneffable, aux voies impénétrables. La crise était impossible, mineure, absurde. Mais les arcanes étaient devenues tellement obscures que même leurs gardiens n'y comprenaient plus rien. Mais juraient leurs grands dieux que le système était forcément parfait. Mais il en est des dieux modernes comme de ceux du passé. Leurs colères échappent à toute logique et s'abat sur leurs adorateurs, la foudre tombe, la terre s'ouvre, et la peste frappe indistinctement mécréants et vrais croyants.

Et nous voilà au bout de leur rouleau, à ces encravatés. On a beau dire que si les idées s'effondrent, le système restera, rien n'est moins sûr. Le propre des crises est d'abattre les systèmes. La "main invisible de l'histoire" va-t-elle corriger le monde, lui offrir de nouvelles trente glorieuses inédites ? Ou l'Occident deviendra-t-il ce que Venise devint à la Renaissance, Rome au Moyen-Âge ou l'Egypte à l'âge du fer ? Une queue vestigielle de la civilisation, un rameau mort ? Le plan Marschall qui nous sauvera, d'où viendra-t-il ?

Un jour de septembre qui n'était pas le même que l'autre, mais presque, quoique

Tiens, j'ai ma période Burroughs, ces temps-ci. William, pas Edgar Rice. Que j'aime bien aussi, mais c'est un autre sujet.

Du coup je viens de mettre la main sur le DVD du film de Cronenberg “adaptant” le Festin Nu. Pas vu ce machin depuis des lustres. C’est un film étrange et malsain, où les machines à écrire parlent par l’anus. Une bonne partie de l’imagerie d’Existenz part de là, d’ailleurs (elle remonte même plus loin dans la filmo de Cronenberg, mais là, les correspondances sont plus évidentes, faudrait que je fasse un article sur le sujet, un jour).

Truc amusant, je suis le film d’une oreille sur mon écran d’ordinateur tout en checkant mes mails et en relisant des dossiers de projets. Du coup je fais l’impasse sur des passages entiers, parfois je reviens en arrière et parfois pas, parfois je me merde en repartant dans l’autre sens... Ma vision du film devient un cut up entremêlant tout ça un peu en vrac. Et je m’aperçoit que ma vision précédente du film s’était faite dans le désordre, déjà, à l’époque, par morceaux glanés au fil des multidiffusions et d’emplois du temps déjà chaotique. Ian Holm est ignoble, dans ce film, formidable en écrivain homosexuel et vaguement taré. Peter Weller est comme on l’aime, aussi, limite absent, déglingué, ballotté. Peut-être que c’est d’ailleurs plus intéressant de le voir comme ça, ce film. Qui de toute façon entremèle une histoire inventée par Cronenberg en bouzinant des morceaux du bouquin à sa propre sauce, puis en faisant un cut up d’extraits épars du livre dans les dialogues, tout en faisant du film une sorte de spécial origines du livre et...

Tiens, Hunter Thompson parlant de Burroughs : “Moi et Burroughs, on est les derniers qui restent. Les derniers grands de la came non repentants, et il a soixante-dix ans, et il dit qu’il est clean, mais il ne s’est pas retourné contre les drogues. Pas comme ce menteur de petit traître vendu, ce pouilleux de Tim Leary.”

Et justement, Tim Leary est peut-être, à son corps défendant, le chaînon manquant entre ces deux films de Cronenberg, le Festin Nu et Existenz, puisqu’il était passé d’apôtre de la drogue à thuriféraire du cybersexe comme grosse drogue du futur.

Dans le métro, l’autre jour, une vieille clocharde dégueulasse faisait la manche avec une voix de petite fille. C’était flippant.

Et putain, j’étais chez le dentiste ce matin, j’en ai marre de cette incisive qui me pourrit la tête, la vie et me donne des cauchemars suite à un accident de baby foot survenu il y a 28 ans, 9 mois, 16 jours et quelques heures. Il y a des jours où je hais l’univers.

Vous pouvez reprendre une activité normale. Ce mail a été écrit en deux fois (il s’est paumé dans le dossier brouillons je ne sais même pas comment) sur le clavier de mon ordinateur qui ne parle pas de l’anus, lui.

Un jour de septembre

tout à l'heure, je zappais. Entre les traders payés en une semaine ce que je gagne en un an et qui se plaignent que trop dur la vie, j'ai préféré éviter les chaines infos. du coup, ma pause post prandiale faisait le ping pong entre un épisode de Profiler que j'avais pas vu et New York 1997 qui repassait. Jusque là, rien que de bien normal. Et putain, qu'il était cool, en ce temps-là, Isaac Hayes. Et que c'était malin de la part de Carpenter d'en faire ce cauchemar absolu de l'establishment : un gros nègre suant, surarmé, charismatique, en uniforme de parade, et totalement nihiliste en plus, n'ayant plus ni peur ni respect pour rien.

Bon.

Et puis une erreur de télécommande, et là, c'est le drame. Je suis tombé sur un mini docu, sur une chaine merdique genre NRJ12, sur la reformation des Spice Girls l'année dernière. C'était... L'équivalent mémétique d'un chien crevé sur le bord de la route, un truc navrant et triste dont on a du mal à détacher le regard, une irruption glauque qui nous met face à nos faiblesses et à notre propre mortalité. On les voyait donc, dix ans plus tard, se sourire et faire des risettes en expliquant comment ça fait plaisir de se revoir et pourquoi on l'a pas fait plus tôt. Alors qu'aux dernières nouvelles, elles se détestaient entre elles, au moins pour partie. La grosse au footballeur était particulièrement magnifique, sanglée dans une robe de vinyle saumon évoquant le SM pour poupées Barbie, qui mettait particulièrement bien en valeur son anorexique absence de tout semblant de forme féminine. Serrée là-dedans, elle se permettait tout au plus un sourire vague et crispé de temps à autres, ponctué par un "je suis tellement contente" nanti de la charge émotionnelle d'une présentation de la météo au journal de la nuit. C'était accentué par le doublage confié à un studio spécialiste du télé-achat et des adaptations bouche-trou de chaines portoricaines d'aérobic.

Il y avait là-dedans une vérité humaine profonde, une belle leçon philosophique, un grand moment de XXIe siècle. Mozart, c'est terminé, on n'aura plus ça. Un Céline, un Hugo ou même un Chateaubriand, on n'en aura plus non plus. Kirby est mort. De Vinci est mort aussi. L'heure est à ÇA. à ce genre de bouillie sans âme, à cette nostalgie crétinoïde pour des choses qui n'ont même jamais existé. L'humanité n'a plus aucun avenir, à moins de lancer une solution globale à l'arme atomique qui laissera derrière elle quelques êtres irradiés dont les mutations finiront d'effacer notre génome. On est tous foutus.

Samedi 2 Août 2008

Faudra qu'on m'explique le sens du battage médiatique autour des motos-taxis. Depuis dix jours, aux infos télé, il y a forcément un sujet là-dessus. Pour expliquer que les pauvres motos taxis n'ont pas de cadre légal, pas de nom, et sont en butte aux vexations des vrais taxis (ceux qu'on voulait déréglementer dernièrement). Comme disent fort justement les anglophones : "what's the fuck ?"

Parce que voilà... Primo, quel est l'intérêt de ce sujet, et l'intérêt de le rabâcher ? Les motos taxis, ça ne concerne guère qu'une clientèle d'encravatés très pressés, avec des rendez-vous urgents partout. Des sbires, quoi. Même pas des vrais gens.

Secundo, faudrait savoir si on veut déréglementer ou faire des réglementations pour tout. Alors on me dira "ouais, mais la réglementation est là aussi pour protéger le client". Et à cette objection, je répondrai par mon primo ci-dessus. Les encravatés ont assez de pognon pour se payer un avocat en cas de problème. Donc qu'ils se démerdent.

Et tertio : il n'y a pas assez de vrais problèmes, dans ce pays, pour qu'on essaye pataudement de faire une cause nationale de cette affaire insignifiante ?

Jeudi 24 Juillet 2008

Je suis tombé sur deux truc, ajourd'hui. D'abord, une interview du petit Alan M., de Northampton, un personnage dont j'admire le travail depuis vingt ans, et dont je me demande quand même s'il n'est pas un peu fou à lier sur les bords. Mais c'est un authentique génie, à mon sens, et il lui sera donc beaucoup pardonné.

Toujours est-il qu'il disait ceci : "C'est comme dans George Orwell : si vous voulez rendre les gens moins intelligents, limitez leur vocabulaire, limitez leur langage. Donnez-leur une "novlangue" qui ressemble aux SMS ou à la presse people. Ce sont des façon orwelliennes parfaites de limiter le vocabulaire, et par conséquence la conscience." C'est cinglant, mais c'est loin d'être faux.

Et justement, en allant faire mes courses, je suis tombé sur un étalage de presse people. Et de fait, c'est navrant. On passera sur le journal annonçant en couverture des stars topless (en plus, je sais pas si ça vous fait pareil, mais la plupart des "stars", dans ces canards, sont des gens dont on n'entend pas parler ailleurs. Par exemple, il paraît que Pete Doherty est chanteur. Ben j'ai jamais entendu ce qu'il fait. Par contre, j'ai beaucoup entendu parler de ses frasques. Si ça se trouve, il chante même pas, c'est comme Carla Bruni, il fait semblant). Et puis je suis tombé sur une autre couverture, et là, je me suis demandé s'il y avait un énorme maladresse, une manipulation proprement insidieuse, ou juste un effet de mes neurones en surchauffe.

En très gros, avec une grosse photo, on parlait d'un nouveau drame chez Jean-Pierre Pernaud, d'un été meurtrier ou je ne sais quoi (je ne sais quoi, très précisément, vu que j'ai pas ouvert le magazine). De quoi faire pleurer dans les chaumières où l'on regarde encore le Treize Heures de TF1 en croyant bêtement que ce sont les infos. Bon, si ça se trouve, son chat a la gale ou un truc comme ça. C'est souvent ça, les gros drames en couverture de la presse people. Quand on lit l'article, après, on se demande de quoi parlait la couve.

Et juste à côté, en plus petit : "PPDA ourdit sa vengeance".

Au débotté, la juxtaposition des deux pourrait donner à penser que le drame de Pernaud serait dû à la vengeance de PPD.

Je suppose qu'à l'intérieur du mag, les deux trucs sont bien séparés. Mais sur la couve, ça crée un effet bizarre. Et puis d'abord, qui pourrait vouloir du mal à un homme de consensus mou comme Pernaud, hein ? Bon, d'accord, on a tous envie de le tondre à la Libération. Mais c'est pas méchant, c'est une tradition populaire, ça.

Mercredi 23 Juillet 2008

Tiens, ils ont arrêté le père Radovan. Médecin, ou Poète, personne ne sait plus bien. Et président, aussi, à une époque. L'a changé de tête depuis, le vieux. C'est dingue. Dans le temps, on aurait dit un apparatchik. Maintenant il a une vilaine tête de gourou. C'est curieux, d'ailleurs, cette propension des dictateurs et autres personnages autoritaires à se tourner vers les médecines douces. Pas mal de dignitaires nazis se soignaient par homéopathie, par exemple. Tout comme la clique du Temple Solaire. Eh bien l'ancien président des Serbes de Bosnie s'était reconverti dans la médecine douce. Je ne sais pas à quoi ça tient, ce tropisme. L'aspect vaguement sectaire de la chose, sans doute.

Je crois qu'il était branché énergies renouvelables, aussi. Ce qui me fait penser à un truc que j'ai vu aux infos, peu de temps après l'annonce de l'arrestation de l'autre cas (radejitche, pouf pouf). On a eu droit à un reportage larmoyant sur un propriétaire de yacht qui se plaignait du prix du gasoil. Faut dire qu'il en avait pour 20.000 à 25.000 euros pour faire le plein de son barlu. 20.000 euros sur les mers, ça ferait un bon titre. Mais après les larmes des marins pécheurs, il fallait bien que l'on se préoccupe des larmes des marins du dimanche. C'est vrai, quoi, si on prive de loisirs ce pauvre homme, ou va-t-on ? Ce que le reportage ne se demandait pas, c'était le prix initial du bateau. Ça devait être croquignolet. Et le prix du plein avant la crise, qui devait déjà dépasser les 10.000 euros. Donc le mec avait les moyens de craquer ce genre de sommes plusieurs fois dans l'année rien qu'en essence pour faire fonctionner son rafiot (et on passera par pure charité sur le côté bagnole/compensation phallique à la puissance quarante de tout le truc). Putain, on a de la peine pour lui. C'est beau comme un film de Valérie Bruni-Tedeschi, vous savez, la sœur de l'autre.

Faut plus que je regarde les infos franco-françaises, moi. Ça m'énerve. Je vais me cantonner aux trucs internationaux.

Vendredi 13 Juin 2008

 

Euro-Catastrophe ! L'Irlande a mis une vilaine claque à la France. Non, non, je sais ce que je dis, je ne confonds pas Irlande et Hollande, merci. (non, alors que dernièrement, j'ai eu à traduire une BD dont l'auteur semblait croire que la Serbie était genre juste à côté de la Corée).

 

En effet, le traité simplifié, celui brandi par notre über-président comme l'ultime chance qu'il avait réussi à trouver tout seul, a été rejeté avec mépris par le pays de la Guinness. Il faut dire que qualifier de "simplifié" un document de quelques 300 pages, on peut comprendre qu'ils aient considéré qu'il y avait foutage de gueule quelque part.

 

Pourtant, tout le monde s'accorde, et à juste titre, à penser que l'Europe bénéficierait d'une clarification de ses institutions. Sauf qu'à vouloir tout faire d'un coup, forcément, on se plante. Et ça fait deux fois quand même. Je ne sais plus qui disait (mais sans doute un constitutionnaliste) : "une constitution doit être simple". Et le traité simplifié (qui remplace la Constitution avortée) est tout sauf simple. Du coup, n'importe qui peut lui faire dire n'importe quoi, tout, son contraire et le reste (et c'était pire avec la Constitution de Giscard).

 

Et donc, retour à la case départ. Et beau camouflet dans la tête de notre agité national, qui va planter cette présidence française de l'Union comme Chirac et Jospin l'avaient fait avant lui. Tant mieux pour lui, d'ailleurs, parce que là il a un bouc émissaire commode. C'est la faute aux Irlandais, pourra-t-il couiner. Alors que si les Irlandais avaient dit oui et que la présidence avait foiré quand même, ça aurait été plus difficile à maquiller.

 

Mais bon. Au lieu de lancer de longs processus de ratification pour des documents tentaculaires, n'y aurait-il pas moyen, quelque part, de réformer par morceaux, en commençant d'abord par les éléments qui font consensus ? On voudrait saboter l'Europe, l'empêcher de se rationaliser et de rester une puissance mondiale qu'on ne s'y prendrait pas autrement qu'en envoyant au casse-pipe des traités imbitables.

 

 

Jeudi 12 Juin 2008

 

Le truc qui est plutôt pas mal, avec l'Euro de Foot, c'est que pendant ce temps-là, on parle vachement moins de tennis. Faut bien que ça serve à quelque chose.

 

Pendant ce temps-là, notre gouvernement fait plein d'efforts pour montrer que non, la Rigueur ne passera pas par eux. L'astuce, c'est qu'on essaie de nous faire croire que la Rigueur, c'est être méchant, couper les vivres à tout le monde, etc… Alors qu'en théorie, la Rigueur, c'est agir de façon rigoureuse, pesée, réfléchie, intelligente. Et donc, en effet, aucune Rigueur dans la politique actuelle.

 

Par exemple, la Rigueur n'empêche pas d'augmenter un budget. Mais, quand on essaie d'être rigoureux, on réfléchit à ce que rapportera à terme cette augmentation de budget. Est-elle utile ? Est-ce utile d'augmenter le budget de fonctionnement de l'Elysée, par exemple ? Ça sert à quoi ? Ou de laisser la Garde des Sceaux exploser ses frais de représentation ? Cela sert-il la Justice de notre pays ?

 

La Rigueur doit aller, aussi, avec un certain souci de cohérence. Par exemple, le fait d'organiser un Grenelle de l'Environnement donnait à penser qu'on voulait rendre la politique gouvernementale un peu moins nocive pour la Nature. C'est une belle intention. Plusieurs engagements ont été pris à l'époque. C'était bien. Peut-être pas suffisant, mais ça allait dans le bon sens. Du coup, aucune Rigueur n'est apparente quand on donne des primes à la cuve aux consommateurs de fioul, et une prime de transports aux salariés qui vont travailler en voiture. Aucune rigueur non plus quand une "offre d'emploi raisonnable" implique l'utilisation d'une voiture. Ni quand on paye leur gasoil aux pécheurs (là, c'est d'autant plus intéressant que ça contrevient deux fois à la logique écologique, et une fois à la doxa libérale affichée par l'élite de la Droite). Ou qu'on essaie de sauver les transports routiers, alors qu'il est urgent de développer le fret par rail, péniche et autres alternatives à la route.

 

Donc les Français peuvent se rassurer. La Rigueur ? Ce gouvernement ne sait même pas ce que ça veut dire. Dormez tranquilles.

 

 

Lundi 9 Juin 2008

 

Il y avait, dans la rue, une affiche pour le dernier bouquin de Patrick Poivre d'Arvor. Vous savez, le type qui ne présente plus le journal à partir de bientôt, d'après des rumeurs non confirmées que tout le monde dit que ce sont pas des rumeurs. Mais passons.

 

Et donc, en sous-titre du bouquin, il y avait cette phrase sibylline : "Quand on aime, on ose tout."

 

Le décryptage de cette phrase, en cette période de bac philo, pourrait faire un sujet intéressant.

 

Car si, selon PPDA "Quand on aime, on ose tout" et si, selon Audiard "Les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît", que peut-on en déduire ?

 

Et il y a même un exemple pratique à analyser. L'amour du pouvoir de Monsieur Nicolas S., de Neuilly, l'a conduit à oser pas mal de truc. En vous fondant sur votre déduction précédente, faut-il interdire la brigue, comme on le faisait au temps des Romains ?

 

Voilà. Je relève les copies dans deux heures.

 

 

Dimanche 1er Juin 2008

 

N'allez pas croire tout ce que raconte la NASA. Le lancement de la navette Discovery n'avait pas seulement pour objectif de livrer un labo spatial japonais à l'ISS. La triste vérité, c'est que les chiottes de la station sont en panne, et que les astronautes en ont été réduits à les bricoler, et à aller se soulager dans les toilettes d'urgence d'une capsule Soyouz. La grande classe, quoi. On envoie des bonshommes dans l'espace, mais on n'arrive pas à ce qu'ils chient droit. C'est quand même assez triste, quand on y pense. Ça va finir par se stationmiriser, cette affaire. Et ça risque de réveiller Paco Rabanne, en plus. ("Je vois un étron cosmique s'abattre sur Paris en octobre 2014, et ce sera la FIN DU MONDE !!!!")

 

Horrible. Vite, réparons les chiottes. Que Paco nous foute la paix.

 

 

Vendredi 30 Mai 2008

 

Vous le savez tous, nous commémorons aujourd'hui les 193 ans, 11 mois et 19 jours de la tristement célèbre (en France) bataille de Waterloo, Morne Plaine. (en Angleterre, elle est joyeusement célèbre. Ce qui prouve bien que les perfides Albionnais ne sont pas des gens comme nous) (il suffit de voir leur Premier Ministre actuel, qui ferait passer François Fillon pour un joyeux drille).

 

Ce qu'on sait peu, c'est que Napoléon a perdu la bataille pour une sordide histoire de budget. On connaît les circonstances stratégiques :

 

Napoléon a attendu, attendu, attendu, mais Grouchy n'est jamais revenu (à réciter sur l'air d'une chanson des Rita Mitsouko, c'est plus rigolo).

 

Et la triste vérité, c'est qu'alors que Napoléon croyait pouvoir faire venir Grouchy, eh bien non…

 

C'était plus cher.

 

 

Jeudi 29 Mai 2008

 

L'actualité de la semaine a été dominée par un postier contestataire qui n'était même pas Olivier Besancenot. Le porte-parole de la LCR devrait faire directement un procès à l'outrecuidant qui lui a piqué son gimmick. Bon, quand l'autre postier sera sorti de l'hosto, hein. Parce qu'en plus d'outrecuider plus qu'à son tour, il était particulièrement maladroit. Mais la maladresse a son charme. Un Pierre Richard maniant les explosifs, personnellement, je trouve ça sympathique. Le terroriste maladroit, c'est quand même un beau concept, qui équilibre un peu les chances des parties en présence.

 

Et le gouvernement, de son côté, pourrait même faire une campagne de sensibilisation partout, avec comme slogan "un postier explosé, un radar sauvé". Faut en parler à Bachelot, je suis sûr qu'elle adorera l'idée.

 

 

Mercredi 21 Mai 2008

 

Ayé ! On y est ! Depuis le temps qu'on attendait ça, on est enfin dans le futur comme dans les films. Bon, pas comme dans les films de Star Trek, on n'a pas encore de Klingons ni de Téléportation. Ni dans les films de Blade Runner, on n'a pas encore de réplicants übermenschoïdes qui se posent des questions métaphysiques sur Dieu, la vie, l'univers, le reste, et pourquoi ne pas mourir sous la pluie, c'est plus Emo et c'est plus joli. Non. On est dans un futur qui commence vachement à ressembler aux films de Mad Max. Violence routière, combat pour les ressources, raréfaction du pétrole, vols de pétrole, et on a même un Lord Humuncus qui beugle ses forfanteries destinées à impressionner les imbéciles, à la tête d'une armée de sbires décérébrés. Sauf qu'il est petit, hongrois et a remplacé le masque de Hockey par des Ray-Bans, parce qu'il est plus fan de Tom Cruise que de Jason.

 

Donc Mad Max est à nos portes. Sans Mad Max. Parce qu'on a du mal à imaginer Bertrand Delanoë en Max le Fou capable de mettre la pâtée à l'armée des sbires. On l'aime bien, le Bertrand (sauf quand on est automobiliste, bien sûr), mais on a du mal à la voir dans un duel au finish avec Joe Dalton.

 

On est tous foutus. En plus, Rolland Garros c'est bientôt, donc il faudra se claquemurer et couper tous les

Moyens de communication pour ne pas être exposés à la contamination.

 

Lundi 19 Mai 2008

 

J'aime bien lire la presse. Même quand elle est navrante. Surtout quand elle est navrante. Tenez, je lisais, en prenant mon café au bar du coin, les comptes rendus d'un quotidien sur la projection du nouvel Indiana Jones à Cannes. Le film a l'air de décevoir. Bon, il faut dire que le petit George L., de Modesto, Californie, a montré ces dernières années une certaine tendance à massacrer ses meilleures séries. Mais il reste, pour Indiana Jones, associé à Steven S., un cinéaste qui a au moins le mérite de savoir tenir une caméra. Mon jugement sur le quatrième opus des aventures de l'archéologue au chapeau attendra mon propre visionnage du film. Mais ce qui m'a amusé, c'est l'argument développé par le journaliste : "Entre le précédent Indiana Jones et celui-ci, il y a eu d'autres films qui ont poussé le genre, comme Benjamin Gates" (je paraphrase, mais c'est bien le film qui était cité à titre de comparaison). Et là, je me dis que, quand même, on peut faire carrière dans la critique ciné et avoir son accréditation pour Cannes sans connaître grand-chose au cinéma. Parce que, je ne sais pas si vous avez été voir le premier Benjamin Gates (après cette expérience, pour ma part, j'ai refusé catégoriquement de perdre mon temps en allant voir le second), mais s'il y a une comparaison à faire, elle n'est pas à l'avantage de Benjamin. Je n'ai rien contre Nicolas Cage (Nicolas Cage, c'est un peu comme Christophe Lambert, je sais qu'il n'est pas très bon, mais je n'arrive pas à me résoudre à le détester, pour des raisons qui m'échappent encore), ce n'est pas lui le défaut majeur du film. Benjamin Gates, c'est ce genre de produit formaté qui cherche à surfer sur le style Indiana Jones sans comprendre ce qui en fait la force. L'action est généralement poussive, les coïncidences et autres artifices scénaristiques tellement lourds qu'ils en deviennent drôles au  second degré, et les coups de théâtre sont tellement prévisibles et téléphonés qu'on peut réciter les répliques avec trois minutes d'avance sans jamais avoir vu le film auparavant. Tout se passe comme si un stagiaire avait pris un cahier des charges, un manuel de scénario, et avait essayé de tout faire coller ensemble en appliquant les recettes à la règle. Et par pure charité, je ne mentionnerai qu'en passant l'inanité foncière du jeu de piste à la base de l'intrigue.

 

Indiana Jones est une série qui n'est pas exempte de défauts, défauts qui viennent souvent de Lucas et de ses théories idiotes concernant le rythme des films (sous ce rapport, on voit la différence en comparant les Aventuriers de l'Arche Perdue aux deux autres opus –opii ?-. Les Aventuriers est un film qui date d'avant la formulation de l'infâme théorie dite du "rollercoaster", et ça se sent). Mais la série a pour elle d'excellents dialogues (est-ce que Kasdan est encore de la partie pour le nouveau film, au fait ?), un héros extrêmement iconique, et se construit comme un hommage totalement assumé aux serials de l'ancien temps. Mieux encore, elle parvient à dépasser ses modèles en créant sa propre mythologie.

 

En pillant la tombe d'Indiana Jones comme le premier Belloq venu, Benjamin Gates ne prend pas en compte la source culturelle à laquelle s'est abreuvé Indy. Du coup, on se retrouve dans la même situation qu'avec tous les écrivaillons qui essaient de faire du Tolkien sans prendre le temps de mettre le nez dans la littérature médiévale. On est face à un laborieux erzatz de troisième génération, et en tant que tel, uniquement consommable au troisième degré.

 

Que les critiques cinématographiques n'aient même plus assez de culture pour s'en apercevoir, c'est inquiétant, à défaut d'être inattendu.

 

 

Mercredi 14 Mai 2008

 

Aujourd'hui, c'est vrac. C'est à dire qu'il y a plusieurs trucs qui me font marrer, et donc que je vais vous balancer ça en désordre.

 

Déjà, j'ai entendu l'homme de la rupture, notre Joe Dalton président national faire un aveu terrible. Défendant son nouveau projet de loi pour relancer l'économie, il a dit : "Je ne vois pas comment on pourrait faire autrement". Magnifique phrase, à double détente. Déjà, ça rappelle notre Juppé préféré, celui qui disait qu'il n'y avait qu'une seule politique possible. D'autre part, je suis épaté qu'un homme qui se vantait déjà de son manque total de culture en vienne aussi à reconnaître qu'il n'a aucune imagination. On le savait déjà, mais ça va toujours mieux en le disant.

 

Allez, mon Nico, faute avouée est déjà à demi pardonnée. Continue à confesser tes péchés, peut-être qu'un jour tu deviendras sincère.

 

Pendant ce temps-là, à l'Assemblée, les députés ont fait très fort. Ce n'est pas souvent que l'Assemblée rejette un texte soumis par le gouvernement. Eh bien là, c'est arrivé. Sur le fond, c'est positif. Ça tendrait à prouver que le Parlement n'est pas que la chambre d'enregistrement que les mauvaises langues décrivent parfois. Ça montre aussi que le pouvoir parlementaire revient en force, un retour que des réformes annoncées devraient pérenniser. Qui plus est, sur un texte aussi controversé que celui sur les OGM, ça montre bien qu'on peut, parfois, s'en remettre à la sagesse de l'hémicycle, comme l'avait fait il y a peu de temps une secrétaire d'état. Formidable. Sauf que, une fois de plus, la Droite a tout gâché. Elle tente de minimiser "l'incident de parcours", de mettre ça sur le dos de raisons techniques. Qui pis est, au lieu de profiter de la chose, elle essaie de prouver que si tous les députés UMP avaient été là, ils auraient voté comme un seul homme. Sauf que ce n'est pas vrai. Si autant de députés de la Majorité n'étaient pas là, c'était dans une large mesure parce qu'ils ne voulaient pas voter le texte, ni voter contre au risque d'être accusés de manquer à la discipline du Parti. Ah, la Ligne du Parti, quelle magnifique invention des Communistes, artistement recyclée (sur un débat écologique, c'est le moins qu'on puisse faire) par la Droite. C'est beau. J'en écraserais presque une larme. Presque, hein, faut pas déconner non plus. Mais bon, l'Assemblée, c'est quand même la représentation du Peuple, et Vox Populi, Vox Dei. Donc, en théorie et selon l'esprit des lois, ce texte est nul et non avenu. Errare Humanum Est, Perseverare Diabolicum Est et tout ce genre de choses.

 

L'autre nouvelle, beaucoup moins politique, c'est cet article publié par l'astronome officiel du Vatican. Selon ce saint homme, la foi en Dieu n'est pas incompatible avec la recherche de vie extraterrestre. Mieux encore, selon lui, il est bien possible que Dieu, dans sa sagesse infinie quoiqu'ineffable, ait créé des extraterrestres doués de conscience. Et pour parachever le tout, il est bien possible qu'au moins certains d'entre eux ne portent pas la marque infamante du péché originel. On peut, moqueur, choisir d'en rire. Personnellement, je trouve ça assez rassurant. Les déclarations du bonhomme sont mesurées, conditionnelles, tentant de faire la synthèse entre des interrogations et un système de pensée pour leur trouver un cadre commun. C'est une belle démarche, assez saine. Surtout venant du Vatican, qui nous a rarement habitué à ça. J'aurais tendance à applaudir. Seul petit bémol : tout ce travail de réflexion a déjà été mené avec brio par James Blish, un auteur hélas un peu oublié de nos jours, il y a tout juste quarante ans. Je ne saurais trop recommander l'ensemble de son œuvre et, dans le cas qui nous occupe, le petit roman intitulé Un Cas de Conscience, qui travaille exactement dans le même cadre et sur la même problématique. Bon, quarante ans de retard pour le Vatican, c'est un tel progrès qu'on va considérer ça comme un péché véniel.

 

Allez en paix mes bien chers frères.

 

 

Lundi 5 Mai 2008

 

J'étais furieux. Je ne suis pas énormément concerné par les jours fériés, vu que je suis pas payé à l'heure, mais au boulot que je rend, et comme j'en ai plein en ce moment, j'ai pas le temps de m'arrêter pour les beaux yeux de la fête du travail ou de conneries de ce genre. J'y penserai quand je serai à la retraite. Si j'arrive jusqu'à l'âge de la retraite. Et si, d'ici là, la retraite ça existe toujours. Mais passons. Donc j'étais quand même furieux, parce que ces enfoirés-là, toujours à essayer de gratter sur les ponts de Mai, comme si le Lundi de Pentecôte avait pas suffit, ont trouvé le moyen de faire coïncider le Premier Mai et le Jeudi de l'Ascension. Je trouve ça dégueulasse. Enfin, passons. Toujours est-il que, même en période de ponts, je suis débordé de taf. Et que comme c'est les ponts, mon entourage ne comprend pas que je ne puisse pas profiter des ponts pour faire de menus travaux à la maison. Ce qui, dans les faits, double ma charge de travail, parce que ce n'est pas pendant que je file un coup de peinture ou que je trimballe des graviers que les bouquins s'écrivent et se traduisent, et comme il existe, dans ma vie, un personnage multiforme appelé éditeur qui ne se gêne pas pour me rappeler à l'ordre si j'éclate les délais, n'est-ce pas… Enfin bon.

 

Toujours est-il qu'avec tout ça il m'en est arrivé une bien bonne. Un colis expédié via coursier par un éditeur italien avec lequel je travaille mais que je ne citerai pas pour ne pas faire de pub à une célèbre marque de sandwiches au fromage devait m'arriver mercredi. Pour diverses raisons non précisées, mon petit colis qui contenait du travail à faire et que, dans un moment de faiblesse, j'avais accepté en plus de celui que j'avais déjà parce que quelqu'un s'était planté dans un planning et que je suis trop bonne âme pour laisser mes patrons dans la merde, mon colis s'est paumé en route et a navigué entre plusieurs dépôts. Ça arrive. Dans ce cas-là, ça arrive même le lendemain, en général, et c'est pas bien grave. Sauf que là, le lendemain était férié, donc ça a repoussé d'un jour encore la réception de ce travail qui, dans mon souvenir, était assez urgent. Mais j'avais eu largement le temps, dans l'intervalle, d'oublier ce que me disait le mail m'annonçant l'arrivée du colis. Trop de trucs à faire dans l'urgence, ça n'arrange pas mes facultés de mémorisation, qui doivent valoir à peu près, ces temps-ci, celles d'un poisson rouge atteint d'alzheimer.

 

Entre temps et le week end suivant, donc, je m'étais livré à quelques travaux à la maison, et j'en avais profité pour finir les dialogues d'un jeu sur console de poche, que je devais rendre impérativement le lundi matin à la première heure, parce que là aussi, tout le monde avait éclaté les délais. Dialogues que j'ai finis de réaliser un peu en mode automatique, parce que sur ce genre d'écriture très technique et utilitaire, dès que je me pose la moindre question, c'est foutu, je bloque pendant deux jours, que je n'avais pas. Et ce matin, donc, une fois rendus ces fameux dialogues, je me dis "ouf, peinard". Du coup, pars me boire un café avec mon frangin, on déjeune tranquilos, je rentre...

 

Je me remets à mes traductions...

 

Et là, je me dis "bon, j'ai tel bouquin bien entamé, mais pas urgent, j'ai un mag à faire un peu plus urgent et le truc du fameux colis. Le mag, c'est le numéro pour juillet, donc ouais, un peu beaucoup urgent quand même." Je fous le bouquin bien entamé de côté, j'attaque le mag. Puis je me pose la question qui tue : "le colis, là, c'est pour quand, déjà ? Le 16 mai, non ?" Pris d'un doute, je vérifie. C'était le 6. Donc demain matin.

 

44 pages traduites en un après midi, tout en n'oubliant pas de rentrer le demi mètre cube de gravier que mon maçon m'a livré parce que je lui en avais demandé et qu'il passait par là. Sachant que le camion rentrait pas dans l'allée, qu'il a fallu tout mettre sur le trottoir, et que j'ai pelleté et brouetté le tout à toute blinde dans l'après-midi, alors que je savais qu'il me restait un max de boulot méga urgent.

 

Alors ouais, j'en conviens, toute cette histoire n'a que peu d'intérêt intrinsèque. Et j'irai même jusqu'à dire qu'elle n'en a aucun. Sauf éventuellement pour un psychopathe qui retrouverait la référence des bouquins, magazines et jeux vidéos sur lesquels j'ai bossé ce ouiquende et qui se demanderait si ça se voit, toute cette agitation, dans la qualité du résultat final. Mais m'en voulez pas. Avec tout ça, j'ai la cervelle qui me coule sur les épaules. Donc me demandez pas d'écrire des trucs intelligents et constructifs dans cette colonne. Déjà que je n'arrive pas à être intelligent et constructif quand je suis en forme…

 

 

Mardi 29 Avril 2008

 

Trop occupé par la préparation d'un festival (j'ai réimprimé –tout petit tirage pour happy few- pour l'occasion deux histoires courtes publiées jadis dans les pockets), je n'ai pas commenté ici la brillante prestation de Nico le Nabot à la télé. Et pourtant, il y avait de quoi faire. Car lui, l'homme de la rupture, a confessé ses erreurs. Enfin presque. Il a confessé de graves erreurs de communication. Quelle rupture ! Car quand Raffarin et Villepin se plantaient sur une réforme, ils mettaient ça sur le compte d'erreurs de pédagogie, de déficit d'explication, etc… Et donc, notre président, celui qui avoinait en toute occasion les premiers ministres dont il n'était à l'époque que collaborateur, il nous sert exactement la même soupe. Quelle rupture dans les faits et dans le style, mes amis ! Mais plutôt que de boire le calice jusqu'à la lie, c'est justement Raffarin qu'il a envoyé se déculotter à sa place devant les Chinois. Spectacle on ne peut plus navrant d'ailleurs : tant qu'à envoyer quelqu'un se déculotter, autant envoyer quelqu'un qui a un minimum de prestance. Mais passons. Cela aussi, peut-être, n'est dû qu'à une erreur de communication. Dommage, pour ces grands communicants revendiqués, quand même.

 

Et la communication, de nos jours, ça passe par la télé. Et la télé, c'est redoutable. Tenez, j'étais dans un bar, l'autre soir, avec quelques amis. Nous buvions qui son coca, qui son cognac, qui son cocktail, qui sa limonade, en devisant gaiement. Et il y avait, dans un coin de la salle, une télé allumée. Et nos regards à tous avaient tendance à glisser machinalement vers la télé, qui ne diffusait pourtant rien d'intéressant. C'était une émission de tunning, vous savez, cette façon de transformer une bagnole en un truc d'un parfait mauvais goût, prétentieux, clinquant et bling-bling. Rien qui soit susceptible d'intéresser aucun des joyeux drilles réunis autour de la table. Et pourtant, nous avions tous tendance à scotcher vers l'écran, vers ces images ineptes des type ponçant leur carrosserie après y avoir ajouté des effets de peinture, des accessoires inutiles et des colifichets divers. Abominable. Nous avions tous honte d'être victimes de cet effet hypnotique, prouvant la faiblesse de nos défenses mentales (surtout après quelques verres). La télé, c'est dangereux. Surtout entre les mains de grands communicants comme ceux que j'évoquais plus haut. Nous devons redoubler de méfiance.

 

 

Jeudi 17 Avril 2008

 

Il y a vingt ans que le crabe a bouffé Pierre Desproges. "Ça nous fait un partout", disait-il en mangeant un tourteau. Du coup, la radio en parle beaucoup. En alternance avec Aimé Césaire. Dont Desproges aurait pu dire "ce qui frappe à première vue, chez Aimé Césaire, ce n'est pas le poète, c'est le nègre". Punaise, je mets des guillemets partout, comme pour me dédouaner de ce que j'écris, un procédé que Desproges avait brocardé en son temps (en volant dans les plumes d'Alain Ayache, si jeune Mabuse). J'ai honte.

 

Mais ce qui m'a frappé, dans les commentaires sur Desproges qu'on a entendu ici et là toute la semaine, et plus encore aujourd'hui, c'est ce lieu commun qui revient sans cesse : "aujourd'hui, Desproges ne pourrait plus passer à la télé". D'ailleurs, avant de passer ses sketches les plus rentre-dedans, la plupart des stations, histoire de se couvrir, balançaient d'abord, assez lâchement, cette célèbre phrase de l'humoriste limousin : "Peut-on rire de tout ? Oui. Mais pas avec tout le monde." (je paraphrase au lieu de citer mot-à-mot, me semble-t-il). Encore un procédé qui, quelque part, va à l'encontre de la pensée profonde du grand homme qui nous a quitté il y a deux décennies. "Pierre Desproges vient de mourir d'un cancer. Etonnant, non ?" Je me souviens encore de la dépêche d'agence de l'époque. Ma première pensée, en ce jour déjà lointain, ça a été de me demander si oui ou non, ils allaient l'enterrer dans un sac en plastique, bleu de préférence pour lui rappeler ses vacances à Corfou.

 

Mais voilà, en tout cas… Desproges ne pourrait plus passer à la télé. Ou plus en direct. Il n'a pas vécu assez vieux pour voir le monde s'aseptiser graduellement. Desproges avait perdu son combat contre le cancer. Tout porte à croire qu'il a aussi perdu son combat contre les cons. Quand on voit notre président actuel, qui réduit la culture à Enrico Macias, quand on voit le sport business envahir tout et son contraire, profitant des écrans de télé de plus en plus grands pour nous imposer les gutturalités simiesques de primates en short sous des banderoles même pas drôles, quand on voit la Gauche qui est aussi détestable que la Droite, quand on voit la primauté du SMS même chez les primats, quand on voit les héritiers spirituels de Pinochet vanter la torche olympique –symbole de compétition- comme symbole de réconciliation, quand on voit que la faim est de retour mais que la cravate se porte bien, quand on voit le compassionnel ostentatoire a été érigé en vertu… On se dit que Pierre Desproges est mort deux fois.

 

Et pendant ce temps-là, Jean-Marie Bigard court toujours.

 

 

Mercredi 16 Avril 2008

 

Ça y est ! Il était grand temps ! La France abandonne enfin le sarkozysme ! C'est officiel. La décision vient du sommet de l'état ! En effet, en plein conseil des ministres, notre bien aimé président a donné la nouvelle ligne : Les ministres ne doivent plus faire leur communication sur le dos du gouvernement ni se tirer dans les pattes, ils doivent être solidaires. Ou bien ils prendront la porte.. Ils doivent même se comporter en professionnels (gageons qu'en toute logique, un remaniement très profond devrait suivre). C'est merveilleux, non ?

 

Ah, si seulement… Si seulement le président Chirac avait fait ça il y a cinq ans en se débarrassant des ministres à grande gueule, des tout dans les effets d'annonce, de ceux qui torpillaient leur Premier Ministre en sapant le travail du gouvernement et en n'alignant pas les résultats promis… L'histoire de France en aurait été changée.

 

 

 

Jeudi 10 Avril 2008

 

Je ne peux pas m'empêcher d'avoir de la peine pour Nathalie Co… Kossu… Kosciusko-Morizet. La vache, ils peuvent pas avoir des noms normaux, tous ces politiciens, des trucs bien de chez nous, quoi, comme Racunica, Kusturica, Zezelj,  plutôt qu'un de ces trucs impossibles à orthographier ? Je te jure, franchement… Enfin, c'est point le propos du jour. Donc, comme je disais, j'ai de la peine pour notre secrétaire d'Etat à l'écologie. Elle a démontré, à son corps défendant, le peu de sincérité qu'il faut attendre de nos politiciens. C'est pas faute d'avoir été sincère, elle. Et justement, c'est bien là le problème. Elle a exprimé le fond de sa pensée. Tout Français bien constitué a envie de coller des tartes dans la gueule de Jean-François Coppé. C'est pas de sa faute, à ce pauvre garçon, il a une tronche d'échappé d'école de commerce qui le dessert un tantinet. Surtout quand il essaie d'avoir l'air de dire des trucs intelligents. Ou quand il manie la langue de bois en essayant d'avoir l'air sincère, là on a tous envie de cogner. Eh bien Madame Ko… On va l'appeler Madame K. pour simplifier. Et elle a un côté Joseph K., d'ailleurs, la pauvre, en ce moment. Enfin quoi, on en a tous rêvé ! Et elle l'a fait. Madame K. a volé dans les plumes à Coppé. Ça fait du bien, non ? (on ne s'attardera pas sur sa charge contre Borloo. Là, c'était tirer sur l'ambulance. Ça détend aussi, mais bon, l'exercice est nettement plus vain, par principe. Taper sur Borloo le Clown, c'est comme se moquer de Rachida Dati, c'est vraiment trop facile).

 

Outrés qu'on ait pu imaginer un seul instant qu'ils étaient de sales vendus (en effet, la présomption d'innocence étant en vigueur, et le détail des nombreux pots-de-vin versés par Monsanto n'ayant curieusement jamais été publié), les crânes d'œufs de l'UMP (oui, il y a derrière cette formulation un jeu de mots très mauvais que je me refuse à caviarder) ont exigé des excuses publiques. Que la dame a été obligée de faire. Voilà. Tous ces gens qui nous promettaient la Droite Décomplexée, le Parler Vrai, la Mort de la Langue de Bois, eh bien ils poussent des cris d'Auffray (jamais compris cette expression, il est pas méchant, le petit Hugues, et il fait moins de bruit qu'Obispo, en plus) dès qu'on leur dit leurs quatre vérités. Et ce n'est pas en filant à la dame un poste à responsabilités au sein du Parti qu'ils feront illusion : on sait très bien que le Soviet Suprème de l'UMP a été construit précisément dans le but de niveler tous ceux qui pourraient faire de l'ombre à notre Joe Dalton de président. En collant quelqu'un à la direction, il se retrouve tout de suite sous le feu des autres, façon mexican stand-off. C'est vraiment beau, la politique. Morne Plaine, ou comme dirait Clint, Triste Colline.

 

Bon, puisque j'en suis, ces temps-ci, à expliquer mes astuces pour sauver le pays, le monde et toutes ses dépendances, voilà la solution au dilemme des OGM.

 

La bataille est perdue. Le lobbying des semenciers a joué a plein. La loi passera. Mais l'amendement qu'il faut voter impérativement, parce que c'est la seule solution pour remettre de la démocratie dans cette histoire, c'est celui qui impose un étiquetage clair et net indiquant ou non la présence d'OGM dans l'alimentation. Le peuple, souverain, tranchera en remplissant son caddie. Qu'on ne vienne pas me parler de prix de la mesure : la traçabilité, elle existe dans l'agro-alimentaire. Je sais pour avoir rempli ce genre de paperasses que le mondre extrait de carotte qu'on fout dans une margarine pour augmenter son taux de pro-vitamine A est suivi d'un bout à l'autre de la chaîne, avec les numéros de lots et tout. Le seul truc qui manque pour faire passer une loi de ce genre, c'est des couilles.

 

Et c'est triste à dire, des couilles, dans cette affaire, seule Madame K. semble en avoir.

 

 

Mercredi 9 Avril 2008

 

Incohérence ? Peut-être. D'un côté, on propose une loi pénalisant l'incitation à l'anorexie. Pourquoi pas ? Au pays de la bonne bouffe, les nanas qui se déglinguent en fronçant le nez devant une noisette de beurre ou un Paris-Brest, c'est vrai que ça fait tache. D'un autre côté, on annonce une loi interdisant les pubs pour les aliments trop gras ou trop sucrés. L'obésité devient un problème de santé publique, nos gamins mangent trop, ou trop n'importe quoi, tout ça. Faut dire que les parents qui prennent la voiture pour les emmener à l'école, même quand l'école est à un kilomètre, soit dix ou douze minutes à pied, ça n'aide pas à brûler les calories. Toujours est-il que la conjonction de ces deux lois génère un message un peu contradictoire. De quoi perturber plus encore les gens qui ne savent pas gérer leur rapport à l'alimentation. Un peu comme, en période de canicule, ces messages incitant à boire beaucoup d'eau des gens à qui ont avait seriné des années durant que le sel, c'était pas bon pour eux, et qui du coup ont souffert de déséquilibres électrolytiques pas piqués des tarentules.

 

Et puis on continue à faire des lois sur tout et n'importe quoi. L'interprétation du Talmud, c'est de la roupie de sansonnet à côté du Droit Français, tellement tentaculaire, tellement multiforme, tellement complexe, que même ceux qui en sont les gardiens (les juges et les avocats) et ceux qui en sont les créateurs (la Représentation Nationale) ne s'y retrouvent plus. Et là aussi, contradiction : les mêmes qui veulent de la dérégulation dans tous les secteurs de l'économie (et l'économie, c'est quand même une machine abstraite tournant grâce à un symbole –l'argent- de plus en plus dématérialisé et de toute façon découplé depuis longtemps de ce qu'il était censé représenter –l'or-) sont ceux qui multiplient les lois pour encadrer notre vie courante (et la vie courante, c'est concret pour nous, même si c'est très abstrait pour ceux qui touchent des traitements somptueux, ont voitures et appartements de fonction, et n'ont généralement pas à faire leurs courses eux-mêmes).

 

Il paraît qu'il ne faut jamais mettre sur le compte de la malveillance ce qu'on peut expliquer par la bêtise crasse. Comme quoi, nos gouvernants, législateurs et autres édiles ne sont pas si méchants.

 

 

 

Lundi 7 Avril 2008

 

Ce qui est lamentable, dans cette histoire de Jeux Olympiques…

 

Pouf pouf. Je reprends. Parce qu'en relisant la phrase qui précède, je me suis aperçu qu'en fait, il n'y a pas que ça qui soit lamentable dans les Jeux Olympiques, qu'ils soient de Pékin ou d'ailleurs. Cette exhibition quadriennale de guignols dopés qui courent après l'Or comme le premier Hernan Cortez venu, sous les banderoles et les logos de sponsors dictateurs, c'est lamentable en soi. Le boycott des JO, je le fais tous les quatre ans devant ma télé, en me regardant de bons films en DVD, l'été.

 

Donc, reprenons. Ce qui est lamentable, dans cette histoire de Jeux Olympiques à Pékin, c'est que le gouvernement français se sente si péteux devant les manifestations bien compréhensibles de la foule quand l'état se rend complice en acceptant le passage de la flamme dans notre belle capitale. Les Chinois ont beau jeu de menacer de boycott les produits français (tiens, est-ce qu'ils ont menacé les Anglais, quand il y a eu des manifs à Londres ?) (je ne sais pas, j'ai pas tout suivi le feuilleton) en tenant pour responsable un gouvernement qui ne sait pas tenir son peuple. Les petits Bernard K. et Nicolas S., s'ils avaient eu un minimum de cojones, aurait pu pourtant s'en laver les mains de façon simple, diplomatique et qui faisait passer le message. Au lieu de déployer des cohortes de policiers que même pour Bush, il n'y en aurait pas eu autant, il auraient pu rappeler aux Chinois que la France, justement, ce n'est pas la Chine. Leur rappeler qu'ici, le Peuple est souverain. Que la liberté d'expression, de rassemblement, de manifestation, est garantie par la Constitution. Que nous sommes un pays libre, bordel !

 

Mais la France, pays de la liberté, encore aurait-il fallu que nos gouvernants y croient, pour avoir l'idée de le rappeler. C'est à croire qu'ils n'ont pas la conscience tranquille.

 

 

Vendredi 28 Mars 2008

 

Attention, quand même. La crise de la grippe de la mozzarella folle ne doit pas nous faire oublier les vrais sujets, ceux qui comptent, ceux qui impactent l'opinion, ceux qui font et défont des cotes de popularité présidentielles.

 

Je veux bien sûr parler de la question que tout un Landerneau journalistico-machintruc se pose depuis trois jours : Carla Bruni est-elle la réincarnation de Jackie Kennedy.

 

Bon, pour ceux qui n'auraient pas tout suivi (tout le monde n'a pas un dentiste ou un coiffeur abonné à Points de Vue / Images du Monde), Carla Bruni, c'est la frangine de cette actrice tête à claques qui fait des films pour expliquer aux gens que le vie de privilégiée de naissance, c'est quand même vachement dur. Accessoirement, Carla est la femme actuelle de notre Joe Dalton de président. Dont je félicite les médecins au passage : vous avez enfin trouvé le bon dosage pour son halopéridol, les mecs. Il a pas déconné de tout le voyage en Angleterre. Chapeau. Enfin, donc, Carla, c'est la Première Dame de France, excusez du peu. Jackie Kennedy, c'était la Première Dame d'Amérique, la femme de cet escroc qui avait réussi à faire croire au monde entier (et à Aristote Onassis) que sa femme était la plus belle du monde. Escroc qui manquait singulièrement de cervelle, comme l'a brillamment prouvé le petit Lee Harvey O. un certain jour de 1963, mais ça nous éloigne de notre sujet.

 

Donc, Carla et Jackie, même combat ? C'est la question qui occupe notre élite médiatique cette semaine. Question à laquelle je me garderai bien de répondre, vu que primo, je n'y ai absolument pas réfléchi, et secundo, je n'en ai pas grand-chose à battre, en fait.

 

Il doit me rester une ou deux bières au frigo, tiens. Ce serait con de gâcher. Je vais aller vérifier ça.

 

 

Jeudi 27 Mars 2008

 

Attention, après l'huile espagnole, les kiss kool qui donnent la chiasse, la vache folle, la grippe du poulet, les steaks hachés contaminés, voilà… Tintintiiin ! La Mozzarella à la dioxine ! C'est une invention de la Camorra, la Mafia de Naples. Bon, les camorristes ne l'ont pas tout à fait fait exprès. Mais à force de gérer n'importe comment le racket des déchets, on a perdu la trace de fûts de dioxine et autres saloperies enterrées dans la région. Et donc tout un tas de produits se sont retrouvés dans l'herbe, puis dans les vaches, puis dans le lait, puis par voie de conséquence dans la mozzarella. C'est un sujet de tensions diplomatiques entre le Japon et l'Italie, paraît-il. J'ignorais que les Japonais consommassent assez de ce fromage pour que ça puisse virer à l'incident international. On en apprend tous les jours. Mais bon, c'est vrai que c'est dramatique. La tarte mozzarella jambon tomates, par exemple, tient une bonne place dans mon régime alimentaire. La pizza quatre fromages aussi. Bon, vu que je continuais à manger du bœuf pendant la crise de la vache folle, que je continue à fumer et à picoler, ce ne sont pas quelques picogrammes de dioxine en plus ou en moins qui vont changer grand-chose. Par contre, si la crise de la mozzarella se poursuit, il est possible que les cours s'effondrent. Mais du coup, tiens, je pourrai en acheter plus… Ben vive la dioxine, alors !!!

 

 

Dimanche 23 Mars 2008

 

En fait, c'est tellement le bordel, sur cette planète, qu'il conviendrait peut-être de modifier la liturgie catholique pour avoir une bénédiction urbi et gourbi qui me semble, quand même, quand on y réfléchit, nettement plus appropriée.

 

Mais cela nous éloigne du sujet du jour. Car on m'a soumis un problème délicat, figurez-vous. Les œufs de Pâques, ce sont les cloches ou le lapin qui viennent les déposer ? Parce que, ici et là, on entend les deux versions, qui semblent peu compatibles. En effet, si cloches et lapin travaillent ensemble, alors on peut supposer que le lapin voyage dans une des cloches. Auquel cas, malgré ses grandes oreilles, il doit être sourd comme un pot, à force. Tel le Quasimodo moyen. En cette époque où l'on vante les moyens de transport silencieux, la pauvre bête a tiré la mauvaise pioche, à défaut de la bonne cloche.

 

En attendant, bonne fête aux cloches. Si vous en avez dans votre entourage, n'oubliez pas de la leur souhaiter.

 

Samedi 22 Mars 2008

 

J'en parlais pas plus tard qu'hier : la chair est faible. J'ai acheté Télérama par amour pour Desproges. Bon, Françoise Sagan, en son temps, achetait l'Aurore pour la même raison. Et si Télérama, dernièrement, rendait hommage à Desproges, c'est parce que ça fait vingt ans ces temps-ci que le grand humoriste nous a quittés. Raison de plus pour rendre un vibrant hommage à Pierre Dac.

 

Je vais donc vous exposer aujourd'hui la recette du sirop de ravioli. Prenez une boîte de 800 grammes de raviolis en conserve. Pas des raviolis frais en barquette. D'abord parce que ma recette est conçue pour cette quantité précise de 800 grammes, et que les barquettes en font entre 250 et 300, en général. Et pour le goût, c'est pas pareil non plus. Il faut donc une de ces boîtes avec une marque se terminant par "i". Celle dont une de mes collègues qui avait bossé dans l'inspection sanitaire, disait jadis "la fabrication du ravioli, c'est de la science fiction".

 

Ouvrez la boîte sans vous blesser (très important. Je ne veux pas être tenu pour responsables de vos maladresses) et faites réchauffer à feu moyen. Quand la sauce tomate frémit, mixez doucement (avec un de ces mixeurs à main qui servent à faire la soupe) et en ajoutant 800 grammes de sucre en poudre. Baissez à feu doux et continuez à mixer, en ajoutant graduellement un demi-litre d'eau. Laissez mijoter une vingtaine de minutes en touillant régulièrement. Filtrez au chinois pour récupérer le jus. Laissez mijoter le jus (le dépôt peut être utilisé pour la célèbre recette du sorbet au ravioli) en ajoutant encore 200 ml d'eau. Ajoutez en remuant doucement encore 500 grammes de sucre. Laissez mijoter à feu doux encore une vingtaine de minutes. Puis mettez en bouteille. Vous devez avoir entre 750 ml et 1 l de sirop. Servez frais, avec un volume de sirop pour cinq d'eau. Vous pouvez aussi l'utiliser pour des cocktails dont l'originalité ravira vos amis bobos.

 

Bon, c'est pas tout ça, je retourne faire un sudoku sur mon téléphone portable.

 

 

Vendredi 21 Mars 2008

 

C'est le printemps, paraît-il. Il fait un temps dégueulasse. Et parfois, je reçois un mail solitaire, me demandant "et la War Zone, t'as arrêté, alors ?" Alors oui et non, en fait. Ce n'est pas que, consciemment, j'aie pris la décision d'arrêter, tel le Peter Parker moyen jetant son masque à la poubelle en gueulant "Spider-Man no more !", parce que d'abord, j'ai pas de masque (oui, ceux qui me connaissent, c'est ma vraie tête, je sais, moi aussi ça m'a fait bizarre de m'en apercevoir), deuxio, je mets pas n'importe quoi dans n'importe quelle poubelle, recyclage oblige, et tertio, faudrait me tuer pour arriver à m'habiller en collant rouge et bleu, faut pas déconner, quoi.

 

Mais bon, j'ai eu un mois de février agité, avec déjà des wagons de boulots (traductions, dialogues de jeux vidéo, scénars à préparer, à négocier, à me reprendre dans la gueule, à négocier ailleurs, etc…), quelques mauvaises nouvelles (oui, c'est à toi que je pense, Steph, où que tu soies à présent), et tout ça me laisse dans un état lamentable, physiquement comme mentalement. Et quand je dis lamentable, je veux bien dire "plus lamentable encore que d'habitude". En fait, j'en viens, quand je prends le train, à ne même plus avoir la force de lire des bouquins : à la place, je fais des sudokus sur mon téléphone portable. C'est dire si je vais mal, si je suis un homme brisé par la vie, à terre. Non, je déconne. Je ne suis ni brisé, ni à terre, ni plus lamentable que d'habitude (je suis déjà tellement lamentable au naturel, diront les mauvaises langues avec une sagacité certaine). Bon, oui, c'est vrai, il m'arrive de faire des sudokus sur mon téléphone portable, et je sais que c'est pas bon signe en termes d'équilibre psychique. A la sortie de l'hiver, en fait, je crois qu'il faudrait que je fasse une cure de vitamines.

 

Autre mauvais signe, j'ai acheté Télérama. Je vous jure que c'est vrai. Je suis allé chez le marchand de journaux, j'ai délibérément pris un numéro de Télérama sur l'étagère, je suis allé le payer à la caisse et je suis parti avec. Bon, là, j'avoue, j'ai quand même une circonstance atténuante : c'était pour avoir le DVD de Pierre Desproges qui était vendu avec. Etonnant, non ?

 

Et puis la vie politique de la nation me navre. J'avais déjà du mal à supporter notre nabot en chef, mais on a atteint de tels abysses dernièrement que bon, j'ai même plus la force de gueuler. Et pourtant, rien que la nomination au gouvernement de Nadine Morano, battue aux municipales, suffirait en temps normal à déclencher chez moi une frénésie d'écriture assassine. Oui, la nouvelle secrétaire d'état manie la mauvaise foi crasse avec une maladresse touchante. Oui, sur certains points, elle réussirait presque à faire passer Christine Boutin pour une gauchiste modérée. Oui, sur d'autres, elle a réussi à se tailler une image "gay friendly". Tout et son contraire dans un déluge de mots insultants et une absence totale de vergogne ? Nadine Morano, c'est Sarkozy en fille. Mais sans le talent de Sarkozy (c'est comme ça, en creux, qu'on s'aperçoit qu'il est doué, l'animal). Nadine Morano, c'est une sorte de conversation de comptoir incarnée en blonde. Et en fait, je m'en fous totalement. C'est un symptôme. Ben Laden veut attaquer l'Europe ? La simple existence, puis la nomination de Nadine Morano prouvent qu'on est trop nuls pour survivre.

 

Et pourtant, dans cet océan maussade, l'horizon n'est pas si morne. Le troisième et dernier volume de Tengu-Do sort ces jours-ci, clôturant en beauté la saga débutée l'année dernière. Certains vieux projets sont relancés. D'autres redeviennent d'actualité. Et je n'ai toujours pas le cancer. Donc ça va pas si mal. Je vais me resservir une bière.

 

 

Spécheule Angoulème 2008 !!!!

 

Mercredi 23 Janvier 2008

 

Bouclé pas mal de trucs sur le jeu vidéo dont je réalise les dialogues avec Jim Lainé. Je préfère faire ça maintenant, parce que à mon retour, je ne serai probablement pas en état pendant quelques jours. Et c'est technique, ce genre de machins. Autant les faire quand j'ai encore quelques neurones valides.

 

Puis c'est bouclage du sac (je prends peu de fringues de rechange, uniquement des t-shirts, calbutes et chaussettes, parce que le sac est plein à craquer d'un stock de Tengu-Do et d'Escouade des Ombres. En effet, les Humanos n'ont pas de stand, alors je me suis arrangé pour squatter ailleurs. Ça me rappelle mes années de fanzinat, il y a bien longtemps.

 

Puis c'est le voyage, sans histoires, le restau avec la team La Cafetière, puis dodo, histoire d'être en forme pour démarrer le festival.

 

Jeudi 24 Janvier 2008

 

Je me suis couché pas tard, et du coup je me suis réveillé tôt, avec dans la tête des images d'un rêve étrange. Pendant une heure, je prends des notes, et j'en dégage un concept d'histoire étrange et un peu kafkaïen.

 

Les choses sérieuses commencent. Un peu de dédicaces sur le stand, situé dans le chapiteau des éditeurs indépendants (la "réserve indienne", selon l'expression de l'un d'entre eux) puis une tournée des popotes, à serrer la main aux gens, à prendre des contacts, à essayer de rencontrer les personnes avec qui on bosse sans jamais les avoir rencontrées en vrai… J'avais dit à Phil, de La Cafetière : je descends au Champ de Mars, je reviens dans deux heures. Mais c'était un vœu pieu. En effet, le premier jour, on se fait alpaguer vite fait, genre "ah, tiens, t'es déjà arrivé ? comment va ? tiens, je te présente untel", puis dix minutes plus tard, on a avancé de trois mètres, et on tombe sur quelqu'un en mode "ah, tiens, t'es déjà arrivé ? comment va ? tiens, je te présente untel", et ainsi de suite ad lib. Tonio me présente un responsable éditorial du Lombard, qui fait exploser les certitudes bien ancrées que j'avais sur la boîte. J'ai l'impression que ça a changé, le Lombard, depuis l'époque où je lisais le journal de Tintin. D'ailleurs, j'ai croisé Coyote sur leur stand. Et ça, sur le moment, ça fait bizarre.

 

Le soir, bouffe avec des gens de Makma et Shogun, grosse discussion de calage éditorial, d'ailleurs. Puis bière au billard avec les potes, puis cognac au Mercure avec d'autres potes.

 

Vendredi 25 Janvier 2008

 

Prise de conscience douloureuse : le cognac dès le jeudi soir, ça relève de l'erreur tactique. Je suis déjà bien fracassé.

 

Puis on rentre dans le cœur de ce festival : les rendez-vous manqués. C'est une spécialité locale. Du coup on se la joue Jack Bauer, le téléphone portable à l'oreille, à essayer de localiser les gens coincés à l'autre bout, voire en chemin, et à décaler les rendez-vous à mesure… Mais tout se termine bien. On travaille les contacts, on avance, c'est aussi à ça que ça sert, ce festival.

 

Le soir, concert punk au Mars Attacks. Bien fun. On me signale que Paskal, un dessinateur avec lequel j'ai un projet en cours, sera présent. Mais j'ignore à quoi il ressemble. On m'a bien décrit le bonhomme, mais sur les 400 personnes présentes, au moins 40 répondent à la description. Mais j'en profite pour claquer la bise à Javier Rodriguez, qui expose au Mars, à Pat Lesparre, égal à lui-même, et à Reed Man, en grande forme.

 

Une heure plus tard, Ed Tourriol me présente enfin Paskal au billard, et en effet, j'ai passé la quasi totalité du concert à moins de deux mètres de lui. Le type est aussi cool que ses dessins le donnent à penser.

 

Puis cognac au bar du Mercure, on en profite pour taper la discute avec les gens qu'on ne voit pas souvent, voire avec des gens qu'on n'a jamais vus. J'échappe de peu à un accident grave : Crom me file une grande claque dans le dos pour me dire bonjour. Sauf que j'avais une bière en main, et que je manque de la mettre dans la figure d'une responsable éditoriale avec laquelle je bosse. Grâce à une contorsion in extremis, j'évite la catastrophe. Mais le contenu de mon verre finit pour l'essentiel dans ma manche. Et je n'ai PAS de pull de rechange… Sinon, la soirée est bien sympa, mais se termine de façon un peu approximative quand les videurs dégagent un ivrogne à coups de pompes. La diplomatie est un art qui se perd.

 

Samedi 26 Janvier 2008

 

Le rendez-vous très important loupé le vendredi a enfin lieu. Pendant la discussion, Crom me regarde comme si j'étais un barbare. Et venant de lui, c'est un regard qui fait un peu peur. En effet, j'avais trempé ma brioche dans mon thé, mais il pensait que c'était du whisky. Sauf qu'à 11 heures du matin, j'ai tendance à éviter le whisky. Les rendez-vous s'enchaînent, et j'ai l'occasion de rencontrer des gens que je ne connaissais que par mail interposé, et c'est quand même pas mal de les voir en vrai, quoi. Puis dédicaces en rafale tout l'après midi. On met une grande claque au stock de bouquins du stand. C'est pas mal, ça me fera ça de moins à ramener à Paris à dos de Nikolavitch. Tout se passe sans accroc, sauf un accident de hot-dog assez sérieux. Quand je mords dedans, mon hot-dog se transforme subitement en canon à ketchup. Et je n'ai PAS NON PLUS de pantalon de rechange. Le pauvre lecteur qui assiste à la scène, et qui s'attendait probablement à ce que l'auteur de La Dernière Cigarette soit un genre de ténébreux artiste maudit néo-romantique, le regard triste et l'écharpe au vent mauvais, découvre une espèce de créature mi-homme, mi-Pierre Richard. Je crois que ça le surprend un peu.

 

Le soir, apéro, restau, binouze, billard. Tout ça avec mon beau-frère, que je connais depuis qu'il est tout petit. Du coup, se taper une bière en festival avec lui, ça me fout un coup de vieux de la mort qui tue.

 

Puis cognac/parlotte au bar du Mercure. J'en profite pour prendre des infos en vue d'une reprise de contact qui doit avoir lieu le lendemain matin chez un éditeur. Ça me permet d'y aller en confiance.

 

Dimanche 27 Janvier 2008

 

Déjeuner traditionnel du dimanche matin avec Alain au Mars Attacks. C'est une astuce destinée à nous obliger à nous lever pour être à l'heure à l'ouverture.

 

La plupart des auteurs survivants ont le regard mort et une haleine à faire vomir un bouc. Quelques warriors sont pourtant en dédicaces dès dix heures. J'arrive à reprendre chez Milan un contact interrompu depuis l'été avec le départ d'un directeur de collection. Puis dédicaces chez La Cafetière, derniers serrages de mains, dernière tournée des potes et des popotes, et retour à Paris.

 

 


Lundi 14 Janvier 2008

 

En lisant les dépêches, je suis tombé sur cette info navrante : un type a été arrêté pour avoir menacer de mort le fils de Nicolas Sarkozy sur son téléphone portable. Navrante non pas pour l'arrestation du mec en question, mais pour l'acte lui-même. Le harcelement et la menace téléphoniques constituent pour moi un des trucs les plus minables et les plus bas qui soient, d'un niveau éthique et intellectuel inférieurs à ce qu'on peut raisonnablement attendre d'un ténia trépané. Franchement, même moi, qui ne porte en mon cœur aucune espèce d'amour pour notre président pocket, il ne me viendrait pas à l'idée d'aller menacer au téléphone son fils de dix ans. Et là, tilt. Voilà que je bute sur un détail plus navrant encore. J'avais promis il y a quelque temps de ça un petit article sur l'inanité conceptuelle des appels présidentiels à une "politique de civilisation" et à une "nouvelle renaissance". Cet article est sur le feu et je vous en gratifierait un jour, promis. Mais il traitera du fond. Et sur la forme, là, je vous le dis comme je le pense : quelle belle civilisation ça va être, dans laquelle même les gamins de dix ans ont un téléphone portable. Je fais la guerre à l'ado que j'ai à la maison, qui m'en réclame un (alors qu'en plus, ils sont interdits au collège fréquenté par l'ado en question). Je trouve ridicule d'en avoir un à son âge. Nettement plus élevé, pourtant, que celui du fils du nain. 10 ans, et déjà un téléphone portable, à un âge où justement, il paraît que les radiations du bidule sont bien nuisibles pour le cerveau qu'une clope au comptoir. Si le président s'occupe de la France comme il s'occupe des ses mômes, on n'a pas fini de rigoler, tiens , Chirac à Mururoa, ça ressemblera à un pique-nique de patronnage.

 

 

Samedi 5 Janvier 2008

 

Non ? Ils ont supprimé le Dakar ! Mais que vont pouvoir faire les présentateurs télé, tout ce long mois de janvier ? On n'aura plus de motards morts à hagiographier, plus de petits nenfants écrasés par des 4x4 à déplorer, plus de chanteurs pour se crasher en hélico, plus d'envoyés spéciaux mal rasés pour raconter les bivouacs ! Quel dommage. Si ça se trouve, les journaux télévisés devront même essayer de nous trouver de vraies infos pour remplir leurs créneaux horaires ! Vite, il faut que notre über président se trouve une nouvelle nana à emmener en croisière, ou un nouveau dictateur sanguinaire à inviter avec les honneurs, ou un troupeau d'otages à libérer d'urgence, ou un nouvel épisode de casse sociale pour générer une grève !

 

Vite vite vite !

 

Vendredi 4 Janvier 2008

 

Je suis épaté par le sens de l'euphémisme de nos amis journalistes. En gros titre d'un quotidien national, aujourd'hui, c'était "Ségolène Royal veut prendre la tête du PS". C'est joli. Surtout quand on sait qu'elle leur prend la tête depuis quelques temps déjà, à ses camarades du PS, l'autre pays du fromage en tête.

 

Un autre qui prend bien la tête à ses petits copains, c'est le Nain Psychopathe. Le voilà qui lance des audits sur l'efficacité des ministères. Alors, qu'on ne m'accuse pas de me lancer dans des procès d'intention, hein. Sur le principe, évaluer le travail des ministres, c'est pas idiot. Surtout avec des critères objectifs. Ce qui est très rigolo, c'est le choix de ces critères objectifs : nombre de sans-papiers reconduits à la frontière pour l'un, hausse ou baisse de la fréquentation des musées pour l'autre, voire nombre d'heures sup effectuées par les profs pour un troisième. On ne va pas s'étendre sur le principe des quotas de reconduite à la frontière, la seule énonciation de la formule suffisant à elle seule à montrer l'énormité crapuleuse du principe, qui traite les gens selon des quotas prévisionnels, comme on le fait avec des boites de petits pois ou des litres de lait. La chosification de l'humain, sa réduction quantitative, c'est une de ces saines valeurs modernes que partagent depuis toujours ultra libéraux, nazis et staliniens de la vieille école. Le coup des musées, ça m'amuse plus. La fréquentation des musées ne se décrète pas. Donner envie au gens d'aller au musée, ça présuppose un travail d'éducation de longue haleine. Ça suppose de poser les fondations de la culture des gens pour leur donner envie de bâtir dessus. C'est le travail de l'école. Dont on nous explique qu'elle est là avant tout pour permettre d'insérer les gens qui en sortent dans le monde de l'entreprise. Et là, d'un coup, on voit à quel point les objectifs se télescopent. Quant aux heures sup'… Méfiez-vous avant de vous lancer là-dedans. Le dispositif permettant de travailler plus pour gagner plus via les heures sup' est en place. Sur le fond, pourquoi pas, après tout. Mais… Mais la durée légale du travail est dans le collimateur. On a entendu plusieurs voix s'élever pour demander la suppression pure et simple de la durée légale du travail. Et si les choses vont dans cette direction, que se passera-t-il ? Vous avez deviné : les gogos qui auront accepté de faire des heures sup' de façon régulière auront accepté de nouveaux horaires. Et si on fait sauter la durée légale du travail, la notion d'heures sup' n'aura plus de sens. Les horaires étendus seront devenus "habituels", et tous les avantages liés à ces heures sup' sauteront. Bien joué.

 

 

Mardi 1er Janvier 2008

 

Ahcrévindiou !

 

Déjà 2008 !

 

La vache.

 

Tellement au taquet sur tout pendant l'année 2007 que je ne l'ai même pas vue passer, dites donc ! Ça me scie le derrière (forme étymologique de "ça me sidère", il y a eu un genre d'élision au fil du temps, je parie que vous ne le saviez pas -d'ailleurs, avant d'inventer cette étymologie bidon, je ne le savais pas non plus-). Bref. J'ai fait le bilan du nombre de pages traduites cette année, c'est un numéro à 4 chiffres. Et en pages de scénars, un gros numéro à 3 chiffres. Trois bouquins publiés en France, un comics probablement publié aux US (j'ai jamais eu la confirmation officielle, mais je suppose qu'au moins deux épisodes sont parus). Un jeu vidéo (Dolphinz Island, ou Dolphinz, ou Dolphin Island, ça dépend d'où ça sort, j'ai pas tout bien compris) pour lequel j'ai fait un peu de dialogues, et d'autres dans le genre sont à sortir. D'ailleurs, si vous avez une petite nièce qui joue à la DS, ça vous fera peut-être marrer de voir ce que ça donne : Jim Lainé comme moi-même, étoiles montantes du dialoguage de jeux vidéo à destination des 6-12 ans sur console de poche, sommes méconnaissables. Peu de jeux de mots foireux, pas de théories fumeuses sur la vie, l'univers, la choucroute et le reste, pas de sous-texte graveleux... Ça me fait flipper quand j'y pense, tiens. Et en plus du reste, il y a de gros travaux chez moi (dont une sortie de gravats ce week-end, et je remercie au passage tous ceux qui ont pris sur leur temps et leur santé pour venir m'aider ces deux jours un peu durs).

 

Bref. Je suis trop scotché pour revenir sur les déclarations de l'homme aux talonnettes sur le besoin d'une "nouvelle Renaissance". Mais je vous mitonne un article sur le sujet, qui tendra à démontrer que si c'est ce qu'il veut, alors il prend le problème par le mauvais bout, et à tous les niveaux, encore. Mais bon, pas ce soir, mes chéris, j'ai la migraine.

 

Ah, et j'allais oublier : bonne année à tous !

 

 

 

Jeudi 20 Décembre 2007

 

Le nain psychopathe avait demandé audience à Great Ratzinger Z, pour récupérer un quelconque colifichet honorifique d'on ne sait où (d'accord, de Latran), et il a encore fait la preuve de sa magnifique vulgarité : il n'avait pas coupé son portable, et face au pape, il consultait ses SMS. A ce stade, c'est même plus du talent dans la muflerie, c'est du génie. On peut ne pas avoir un énorme respect de la fonction papale, mais il y a quand même des limites, normalement, au foutage de gueule. Limites que, visiblement, notre agité du Bocsa refuse de reconnaître.

Mais le plus cocasse, c'est de le voir se tirer dans le pied. En acceptant la distinction de Chanoine d'Honneur de l'Archibasilique Saint-Jean de Latran, il se met de fait sous l'autorité de l'église. Pour un type qui se vante de son indépendance de vues, c'est pas mal. D'autant que cette sujétion est le seul intérêt de la distinction, qui date de l'Ancien Régime, qui correspondait à un remerciement de la papauté pour un transfert de revenus qui a été probablement aboli à la Révolution (même si c'est un peu plus compliqué). Notons que Pompidou et Mitterrand avaient prudemment fait l'impasse sur la question. Alors que ce Grand Condor de Chirac, lui, l'avait revendiquée. Tout le truc tourne de toute façon autour de la volonté présidentielle de mettre aux orties notre conception française de la laïcité, en réinjectant un peu de "spiritualité" (c'est comme ça que le formulait notre Napoléon leader price) dans le pays. L'opium du peuple risque de faire son grand retour, et le dealer en chef sera Monsieur Talonnettes. Yeah !

 

 

Lundi 17 Décembre 2007

 

Dans l'actualité, deux évènements se télescopent, montrant en creux l'inégalité rampante dans ce pays. D'un côté, la mise en scène des amours d'un parvenu à Rollex et d'une ex-mannequin qui vont regarder la parade de Mickey et se font photographier. De l'autre, une vieille de 74 ans qui appliquait visiblement le "travailler plus pour gagner plus" au lieu de prendre sa retraite comme n'importe quel conducteur de train, et qui du coup y a laissé sa peau en ouvrant un colis destiné à son patron. Aucun rapport entre les deux évènements (quoiqu'on ait eu un doute, à un moment, vu que le type qui se tape la brune et qui avait émis la maxime fatale avait des bureaux dans le même immeuble). S'il n'était pas visé personnellement, semble-t-il, son mot d'ordre vient de s'en prendre un grand méchant coup dans les valseuses.

 

Pendant ce temps, sur les quais de Seine, il y a un mystère. Le matin, à la radio, on entend dire que la dispersion d'une manif de sans logis s'est soldée par la chute dans le fleuve de trois ou quatre SDF. Papon style. Le soir, à la télé, personne n'en parle plus, même pas pour démentir. Pourquoi ? Si le truc était vrai, il fallait en parler. Si le truc était faux, il fallait démentir. Là, on a du coup des SDF quantiques, des SDF de Schrü… Schrö… Schrud… de machin, là, avec ses boites à chats. Alors, à l'eau ou pas à l'eau, ou les deux en même temps ?

 

 

Vendredi 14 Décembre 2007

 

La police est sur les dents. Non, pas pour localiser le mystérieux troisième homme invisible du procès Colonna. Pas non plus pour arrêter Kadhafi, ce grand humaniste ami de la France. Non. Il faut retrouver les vandales qui font sauter les radars automatiques. Parce que s'attaquer aux radars automatiques, c'est s'attaquer à un symbole de l'autorité impartiale de la justice. Alors forcément, on ne peut pas laisser faire. C'est comme voler le scooter du fils de Sarkozy : si on ne le lui avait pas retrouvé, comment aurait-il pu exploser les voitures des autres place de la Concorde, hein, on se le demande.

 

Mais le plus beau de l'affaire, c'est qu'on apprend à l'occasion de ces vandalisations de radars que chacun de ces joujoux coûte la bagatelle de 80.000 euros. Oui, vous avez bien lu. Moi non plus je n'y ai pas cru au départ. Mais c'était marqué dans le journal. Et personne ne semble s'étonner de ce tarif assez munificent. 80.000 euros, il y a de quoi se payer une grosse bagnole. Ou une centaine de mètres de bouquins. Ou de jolies vacances très très loin et très très longues. Voire un gros trimestre de salaire d'un président. Et le salaire d'une compagnie de gendarmerie qui aurait pu verbaliser à la place du biniou automatique. C'est dire. Moi, ça m'épate. Qu'y a-t-il, dans cette technologie, qui soit si onéreux ? Y a-t-il eu des appels d'offre pour l'achat de ces machins, appels d'offre destinés à sélectionner le modèle le plus avantageux pour la collectivité. Combien d'automobilistes faut-il flasher pour amortir le bidule ? Autant de questions auxquelles on ne nous répond pas.

 

Dans l'intervalle, on peut à bon droit supposer qu'on se fout de nos gueules.

 

 

Lundi 10 Décembre 2007

 

C'est rigolo de voir les commentateurs politiques brocarder le décalage entre les promesses de campagne du nain psychopathe et leur application maintenant qu'il foule de ses talonnettes les tapis de l'Elysée. Je parle bien entendu des promesses de rupture concernant la diplomatie africaine de la France. Il fallait, on s'en souvient, mettre fin à des décennies de realpolitik déshonorante qui voyaient nos élites s'accoquiner avec les pires dictateurs dès lors qu'il y avait du pognon ou de l'influence internationale à la clé.

 

La rupture diplomatique, elle a eu lieu sur un autre terrain. Après quelques années de brouille, on est allé reprendre bouche avec un Bush finissant et lessivé. En Afrique, c'est business as usual. On peut s'en offusquer. Mais, et c'est là que c'est intéressant, il s'avère que ces promesses de campagne n'étaient sans doute qu'un intermède, le fruit d'une maxime jetée il y a douze ans par un homme politique français au fort accent méridional qui connaissait bien tous les réseaux de ce qu'on a appelé la Françafrique. Cet homme politique, qui fut en son temps le mentor de notre président, avant d'être trahi par lui, avait en effet posé ce principe : "les promesses n'engagent que ceux qui y croient". Dont acte.

 

Ce reniement n'est pas surprenant. Si le fantôme primo-ministériel s'indigne des "indignations faciles" de certains (il l'a fait de loin, vu qu'il était à un raout sud-américain auquel était aussi convié Hugo Chavez), il ne fait que prendre la suite d'un sinistre de  l'Intérieur qui, en son temps, fustigeait sur le même ton les "droits-de-l'hommistes". Kadhafi est prêt à nous acheter des armes et des centrales nucléaires pour quelques milliards ? Alors c'est un type avec qu'il faut inviter et recevoir chaleureusement. Poutine a la main sur le robinet du gaz, à l'entrée de l'hiver ? Il faut le féliciter de sa victoire qui renoue avec les pratiques électorales ancestrales et traditionnelles de son pays. Et ainsi de suite. Le reste, ce n'est que de la posture électorale, justement.

 

C'est bien. À un moment donné, les fondamentaux ressortent. Et ceux que certaines gesticulations comme le Grenelle ou l'Ouverture auraient pu faire douter s'aperçoivent qu'en fait, non, il n'a pas changé.

 

Le seul qui ait du souci à se faire (à part le peuple, bien sûr), c'est se pauvre Kim Jong-Il. Avec son look de traîne misère, ses lunettes façon Nana Mouskouri et son gris de travail de plombier polonais, il n'intéressera pas la diplomatie française. Ou alors il faut qu'il commence à prendre des otages, je sais pas.

 

 

Dimanche 9 Décembre 2007

 

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais la téléphonie mobile semble être le nouvel eldorado des producteurs de musique. On ne compte plus les offres d'abonnement qui comprennent en cadeau bonux le nouvel album de tel ou telle DJ, chanteuse, groupe, etc… Une vraie offensive concertée, d'autant que maintenant, en plus de prendre les photos, de servir d'agenda ou de donner l'heure, les téléphones mobiles font aussi baladeur multimédia. Mais comme les producteurs de musique ne sont pas a priori des philanthropes, ça vaut peut-être le coup d'essayer de comprendre pourquoi ils ont autant de mal à gérer l'internet, alors qu'ils sont si contents de monter à l'assaut des téléphones.

 

Soit dit en passant, la défense de la culture (car l'anathème des maisons de disque et du patron de la Fnac n'a pas d'autre objet que de défendre la culture, bien sûr), dans l'affaire, parlons-en. De nos jours, un ordinateur peut facilement être équipé d'enceintes de bonne qualité, et il a à sa disposition des protocoles d'encodage des fichiers dits "lossless", produisant des fichiers lourds, mais stockables sur la machine, pour une restitution optimale de la musique. Quand des guignols montent le son de leur portable pour écouter de la musique sur le haut-parleur, le son est dégueulasse. Par ailleurs, offrir des albums de musique en cadeau avec un abonnement, c'est courir le risque de les dévaluer, de les ravaler au rang du porte-clé Michelin ou du bavoir Butagaz. Mais passons.

 

La clé du truc, c'est la différence de culture (justement) entre la téléphonie mobile et l'internet. Pour le prix d'un abonnement illimité à internet, vous n'avez, sur votre téléphone, droit qu'à une heure ou deux de communications. Dès que vous voulez des options supplémentaires, ou du temps en plus, il faut casquer, et pas qu'un peu. Les gens qui font sérieusement mumuse avec leur téléphone ont donc l'habitude de se faire tondre sans rechigner, voire de se vanter –et au premier degré, encore- des trucs inutiles qu'ils payent fort cher. Dès lors, ce sont les pigeons idéaux. Parce que la téléphonie, elle est verrouillée par les opérateurs qui décident des tarifs, des options, des possibilités techniques, en fonction d'accords aux sommets. L'internet, lui, est ouvert par nature, ce sont les usagers qui produisent et diffusent son contenu, les opérateurs n'ayant dans l'histoire qu'un rôle de tuyau. Le téléphone mobile est dès lors un média libéral dans sa structure, alors que l'internet est libertaire dans son fonctionnement. Les normes de l'une sont le fruit de calculs économiques, celles de l'autre, d'un consensus évolutif.

 

 

Samedi 1er Décembre 2007

 

Je sais que beaucoup de gens pensent du mal de Serge Dassault (le fils à Marcel). On peut en effet considérer certaines de ses prises de position quant à son métier de patron de presse comme quelque peu excessives. Ce qu'on sait moins, c'est que cet homme à Droite toute est sénateur-maire d'une commune de la région parisienne. Et que cette commune organise un petit festival de BD fort sympathique. L'accueil y était fort agréable, je me trouvais à dédicacer aux côtés d'auteurs tout à fait estimables, le public était très bien… Chouette festival. Cerise sur le gâtal, nous dédicacions dans la salle habituellement dévolue au Conseil Municipal. Et là, je dois dire que je tiens à remercier chaleureusement Monsieur le Maire (mais c'est une saga familiale, les rapports avec les Dassault : mon papy était, avant sa retraite méritée et prise à l'âge légal, ingénieur chez le papa du maire, information qui, vous en conviendrez, est dépourvue de la plus petite parcelle d'intérêt), je tiens à le remercier parce qu'il a bon goût en matière de fauteuils. En effet, je n'ai jamais été aussi bien assis en dédicace. C'était un vrai bonheur. Merci encore.

 

 

Mardi 6 Novembre 2007

 

Ainsi donc, notre président a été au Tchad récupérer des ressortissants français et espagnols qui y étaient retenus. Tout comme sa femme de l'époque avait été récupérer des infirmières bulgares en Libye. Et hop, le voilà bombardé héros des libérations d'otages (ce que, rappelez-vous, le député Julia essayait en son temps de devenir). Mais il n'a toujours pas pris son avion pour aller en Colombie libérer Ingrid Betancourt. C'est curieux, quand même, depuis le temps qu'on en parle. Mais revoyons l'action au ralenti. Déjà, Dominique Marie René François Galouzeau de Villepin (oui, il s'appelle vraiment comme ça) s'y était cassé les dents, sur la miss Betancourt. J'imagine que ça emmerderait le président de se ramasser tout pareil. Mieux vaut jouer la sécurité, en ce genre d'affaire, cantoner son courage diplomatique aux affaires gagnées d'avance. Comme avec un pays prêt à mettre du pognon dans une centrale nucléaire et qui tente de se racheter une bonne réputation internationale au passage, après des années d'ostracisme. Ou comme avec un pays dont la Défense est sous perfusion militaire française depuis au moins les années Mitterrand, et qui se doute bien que sans nos Mirages et nos Rafales, il aurait basculé dans le chaos total depuis longtemps déjà.

 

Mais j'ai peut-être une mission à la mesure de notre président. Vous voyez qui c'est, Lagardère ? Vous savez, ce type qui est le "frère" du président. Et qui accessoirement s'est fait des couilles en or en revendant ses actions EADS, avec un bénéfice qui suffirait à lui seul à maintenir la moitié des emplois à supprimer dans la boîte. Bon. Ce monsieur est aussi le boss du groupe Hachette. Le Journal de Mickey, tout ça. Or, il se trouve que la gabegie rampante chez Hachette, celle qui fait que Tengu-Do 1 est officiellement épuisé,  par exemple, alors qu'on sait bien que des cartons de retours se baladent quelque part, vient de condamner la sortie de Tengu-Do 2 à un mois de retard. Le bouquin a été bouclé dans les temps. Il a été imprimé dans les temps. Livré dans les temps. Mais un merdier informatique fait que non, il ne sera pas distribué aux libraires dans les temps. Monsieur le président, demandez à votre frangin de libérer mon pauvre bouquin qui est en otage. Ça vous prend deux minutes de votre temps. Un coup de fil. Ah merde, les Américains sont décrits comme des "démons blancs", dans Tengu-Do. Chiotte. Je sens qu'on n'a pas fini d'avoir des problèmes, alors.

 

 

Mercredi 31 Octobre 2007

 

Bon, dans la série "la civilisation va mal, tout fout le camp, on va tous mourir", j'étais au lavomatique pour aller faire sécher du linge. Ben oui, ça m'arrive, avec ce temps dégueulasse (quoique de saison, c'est suffisament rare pour qu'on puisse le noter), j'arrive plus à faire sécher mes calbutes ni mes chemises de gueux, et donc j'utilise les séchoirs du lavomatique situé fort opportunément à une quinzaine de mètres de ma modeste demeure. Et soudain, une troupe dees gamins déguisés en... Je sais pas en quoi, mais c'était très laid, en tout cas, sont entrés pour faire la quête aux bonbons. Il était grosso merdo 14h30. Alors moi, bonne âme naïve comme je suis, je croyais que Halloween, c'était à partir de la nuit tombée, pour avoir l'aspect horrifique et tout (et dans le noir, on se rend moins compte que les costumes sont lamentables), mais bon, visiblement, avec toutes ces histoires louches, on préfère que les mômes fassent Halloween en plein jour, pour des raisons de sécurité, mais ça perd sacrément en cachet, je trouve.

 

Et là, un des mômes, ressemblant étonnamment à un Yoda relooké par George Romero, leur gueule après "mais non, c'est un lavomatique, ici, y'aura pas de bonbons". Et là, j'ai compris que c'était pas un gamin déguisé, mais leur grand-mère, sans maquillage. La taille de l'engin, et son aspect, m'avaient induit, faut croire, en erreur.

 

Et là, plus que tout le reste, je crois que ça casse le trip Halloween, quoi.

 

 

Dimanche 21 Octobre 2007

 

Ça tourne à une espèce de vaudeville, tout ça. Sarko prend Laporte, mais c'est madame qui s'en va, et à la fin il ne reste qu'un vilain petit bonhomme tout névrosé et bourré de tics, comme dans un film de Woody Allen.

 

Mais ce qui me gonfle, en ce moment, ce sont ces messages de santé publique qui incitent à manger 5 fruits et légumes par jour. Je conçois sans peine qu'il faille, si l'on veut être compris, simplifier les messages au maximum. Mais les génies de la communication ont réussi à simplifier celui-ci jusqu'à ce qu'il ne signifie plus rien. Car en effet, qu'est-ce que ça signifie, cinq fruits et légumes ? à mon avis, manger cinq patates par jour, je ne suis pas totalement certain que ça donne l'effet recherché. Cinq courgettes ? Mon papa m'avait refilé des courgettes de deux kilos pièce, il y a quelque temps. Chacune permet de faire un gros repas familial. C'est très bon, par exemple, en gratin. Mais je me vois mal m'enfiler cinq courgettes de ce calibre dans la journée. Ma voracité elle-même a des limites. Cinq fraises ? Si ce sont des fraises des bois, ça ira pas loin. On peut panacher : deux patates et trois fraises. Ou une mirabelle, une banane et trois carottes Bonduelle extraites d'une boite de conserve. Ou trois haricots et deux petits pois (extraits de la même boite que les carottes). Maintenant, si je me prends une bouteille de gnôle, j'ai un message destiné aux femmes enceintes. Dommage, j'ai pas prévu de tomber enceinte dans un avenir mesurable. J'achète un DVD le plus légalement du monde, je dois subir trois minutes d'un message inzappable m'expliquant que je ne dois pas le télécharger. C'est con, puisque je viens de l'acheter, le film. Je me vois mal le télécharger en prime. Remarquez, sur les films téléchargés, je ne crois pas qu'il y ait ce genre de messages. Sur mes clopes, j'ai un message disant que fumer m'expose à plein de trucs pas cools, comme si j'étais pas au courant. Mais marcher sur un trottoir m'expose à me faire écraser par un camion de la Brinks pressé, dont le conducteur trouvera en plus le moyen de m'insulter, courageusement, de derrière sa vitre blindée. Rigolez pas, ça m'est arrivé la semaine dernière. Si j'achète un jeu de cartes pour mon ordinateur, j'ai droit à un avertissement sur l'épilepsie, quand bien même ce jeu n'est ni stroboscopique, ni palpitant (d'ailleurs je ne l'ai pas acheté, j'ai regardé la boite et je l'ai reposé en rayon). Fumer tue, ne pas manger 5 fruits et légumes par jour nuit à la santé, prendre une verre de pastaga risque de nuire au bébé que je n'ai pas dans le ventre, télécharger des films que j'ai déjà acheté m'expose à des poursuites, vivre dans cette société de messages à caractère informatif doit très probablement rendre con, à la longue.

 

 

Vendredi 12 Octobre 2007

 

Oh pinaise ! Crévindiou ! Anathème ! Cela fait plus d'un mois que je n'ai pas ajouté une nouvelle éructation à ma War Zone, cette somme bilieuse que, jadis, j'alimentais tous les jours en méchancetés, coups de gueule et autres considérations aberrantes sur n'importe quoi et son contraire. Et pourtant, il s'est passé des choses, en un mois. La Birmanie est brièvement revenue sur la carte de la conscience collective (avant de tenter un gambit façon Albanie à l'Enver), la Corée est en train de se réconcilier avec elle-même (et le Jaruzelski vêtu de gris en profite pour jouer les beaux devant la caméra), la Gauche, en France, se décompose, le Nain Psychopathe s'amuse à la titiller de plus belle… Mais comme dirait l'autre, tout ça, ce ne sont que des détails. Le mot d'ordre de la campagne, c'était "Travailler plus pour gagner plus". Je ne sais pas si je gagne plus (en théorie, oui, mais avec tout le pognon que me doivent mes éditeurs, c'est pas si évident), mais je bosse comme un Coréen, en tout cas, je me tape entre 30 et 60 pages de traduction de comics par jour. Le tome 2 de Tengu Do sort d'ici la fin du moi. Je dédicace régulièrement. J'avance tant bien que mal sur d'autres bouquins. Je sors de moins en moins. La vaine agitation du Siècle ne me parvient plus que comme un murmure lointain. Je deviens une sorte d'ermite velu retranché dans les 12 mètres carrés de son bureau, encombrés de bouquins.

 

 

Samedi 8 Septembre 2007

 

Pendant qu'on ne parle que de rugby et de basket, et des pataudes performances de nos équipes nationales, malgré un battage censé les galvaniser, la France prépare un match de foot contre l'Italie, dans l'idée de venger l'affront coupdeboulistique de l'année dernière. Ce qui est très drôle, c'est que dès bien avant le match, les noms d'oiseaux ont fusé, les affronts se sont multipliés, les promesses de les venger aussi, les coups de théâtre n'en parlons pas, etc… Et en fait, à l'arrivée, ça ne fait plus tellement penser au foot, mais plutôt au catch américain, avec ces guignols qui se lancent des défis grandiloquents pour assurer un spectacle qui serait par ailleurs chiant comme la pluie, ces règlements de comptes censés être en off mais qui ont lieu devant des caméras opportunément placées et ainsi de suite. C'est d'autant plus rigolos que, dans le cas présent, l'accusation majeure lancée était celle de truquer les matches. Pratique tellement évidente dans les milieux du catch qu'on n'en parle même plus.

 

Alors messieurs les coureurs de ballon en short, encore un petit effort ! Vous n'êtes plus très loin d'atteindre le niveau de vos cousins castagneurs en slip bariolé !

 

 

Vendredi 7 Septembre 2007

 

Tiens, les agences de presse ont décidé de boycotter la compétition de rugby qui commence, là, la coupe machin mondiale de l'ovalie. M'en fous, je boycottais d'office. Sauf les débuts de matches des All Blacks, parce que le Haka ça me fait marrer. Quand je pense à regarder les débuts de matches des All Blacks. Ce qui doit m'arriver au bas mot une fois toutes les vingt-cinq ou trente retransmissions d'un match des All Blacks. En moyenne. Enfin bref. On s'en tamponne un peu. Mais je salue l'effort des journalistes qui tentent de lutter contre la suprématie du sport biznesse. Mais j'estime qu'ils ne vont pas assez loin. Lutter contre le sport biznesse, ça pourrait commencer par ne plus parler que des sports pas biznesse. La pétanque. Les billes. La marche à pied (comme le type, là, la semaine dernière. S'il n'avait pas été le seul ou presque à ramener une médaille, tout le monde l'aurait boycotté, le pauvre). Le Sumo. Etc…

 

Et puis tiens, en parlant de spectacle biznesse déplorable, boycotter en agence les gesticulations du nabot de l'Elysée, ça pourrait être pas mal. Primo, ça saboterait d'office sa tactique du coup médiatique permanent. Secundo, ça nous ferait des vacances. Tertio, ça donnerait un peu un rôle plus sympa à ce pauvre Fillon, réduit à celui de Père Fouettard pour ministres en roue libre. Quarto, ce serait bien.

 

Tiens, puisqu'on en parle, du nain psychopathe… C'est quoi, cette idée à la con de décentraliser le conseil des ministres ? Ça sert à quoi (à part à médiatiser un truc quand même à peu près aussi palpitant qu'une compétition de marche à pied) ? Ça coûte combien ? Parce que le conseil des ministres, en soi, c'est quand même un rituel de centralisme pur et dur, la modalité de fonctionnement d'un état dont les institutions sont regroupées. Aller l'organiser n'importe où, ça n'enlève rien à ce concept de base. Ça ne le maquille même pas, le concept de base. Un conseil des ministres décentralisé, ça peut éventuellement avoir un vague sens dans un système fédéral. Mais en France ? C'est absurde. C'est quasiment une contradiction dans les termes. Bon, c'est pas non plus comme si notre gouvernement était à une contradiction près...

 

 

Jeudi 6 Septembre 2007

 

J'avais annoncé, jadis, parmi d'autres facteurs, vecteurs et farceurs d'apocalypse, pluies de crapauds sur nos têtes et autres réjouissances simples, l'émergence probable, dans un avenir plus ou moins mesurable, du chikun… chikoungougna (orthographe bien entendu non contractuelle et sujette à variations saisonnières et autres), du chikungunia du poulet. Ça nous pendait au blair (ou au royal, notre blair à la française) (sauf que blair, il gagne, lui, des fois). Et une fois de plus, l'avenir (enfin, le présent, maintenant, parce que le temps passe) m'a donné tort. Car le chikungoutruc a débarqué en Italie. C'est donc un chikunmachin spaghetti auquel nous avons affaire. Première victime répertoriée, Luciano Pavarotti, qui n'est pas exactement mort du chikungouchose, mais qui a probablement jeté l'éponge de peur de l'attraper. Donc voilà, le mal est à nos portes, et une nouvelle psychose à la con va s'emparer des masses, comme toujours en pareil cas.

 

Notons que ça ne fait pas que des malheureux. J'étais allé me réapprovisionner en insecticide (bin oui, l'automne arrive, alors les araignées rentrent, surtout le modèle marronnasse à longue pattes velues que j'abhorre, Tegenaria Gigantea de son petit nom, c'est déjà tout un programme) et là, j'ai déniché à la supérette un insecticide qui fait volant et rampants, qui est réputé écolo, répulsif en prime, sans gaz propulseur et, comme l'annonce avec fierté un petit sticker, actif contre le vecteur du chickuntrucmuche. Accessoirement, cet insecticide vaut entre quatre et huit fois le prix des autres. Ça fait cher du sticker.

 

 

 

 

Samedi 1er Septembre 2007

 

Ce matin, en me réveillant, j'ai allumé la radio, et du j'ai appris que l'honneur de la France était sauvé.

 

Alors je me suis dit : wow. C'est quoi ? Chirac est en prison ? Papon a eu un accident de micro-onde ? Pasqua s'est fait rouler dessus par une moto-crottes ? On a retrouvé un programme socialiste ?

 

Non. En fait, un athlète a réussi à rapporter UNE médaille aux mondiaux d'athlétisme. Et même pas en or, hein. En argent. Et même pas dans un sport glamour non plus. C'était une médaille de marche à pied. Si si, ça existe en sport de compétition, ça. Ouais, moi aussi, ça m'a troué le fondement de l'apprendre.

 

Sur le moment, j'ai eu la tentation d'essayer de me rendormir, pour pouvoir faire passer ça pour un nouveau produit de mon onirisme malade.

 

Vendredi 31 Août 2007

 

Wow. En ces temps de sinistrose à peine brisée par les contorsions comiques de ce qu'il reste de l'équipe dirigeante du Parti Socialiste, un peu de guimauverie dégoulinante ne devrait pas faire de mal. Et c'est donc pour nous la fournir que le plus jeune fils de la princesse Diana (la Didi de la chanson de Khaled, si j'ai tout bien compris, mais si ça se trouve, j'ai tout faux, je comprends pas bien l'Arabe, à par les gros mots) (j'adore connaître des gros mots en plein de langues) (mais ça m'éloigne du sujet du jour), donc, le jeune fils s'est livré à un formidable étalage de bons sentiments larmoyants à l'occasion des dix ans de quand sa maman a croisé la trajectoire d'un pilier de pont qui n'avait même pas la priorité. Receuillie, quoiqu'assez habilement dissimulée par un hallucinant chapeau que même Jamiroquai et Amélie Nothomb n'en voudraient pas, la Reine, à la fois belle-mère de la défunte et mamie du jeune homme, a su garder une dignité farouche, ne laissant paraître aucun sentiment de chagrin qui serait assez inconvenant (en plus d'être parfaitement hypocrite). Quel dommage que Léon Zitrone ne soit plus là pour commenter ce non évènement impérissable, qui ne fera probablement même pas le top 100 de YouTube.

 

Mercredi 29 Août 2007

 

Houlà, fait pas bon être ancien Premier Ministre, en ce moment, dans ce pays. Inconsolable de la mort de Barre, c'est Messmer qui vient d'y passer. Et n'oublions pas que Rocard a failli y passer il y a quelques semaines. Il y a de quoi s'inquiéter : quand un sixième d'une population quelconque (2 sur 12 anciens Premier Ministre, et si Rocard n'avait pas survécu, on serait même au quart, 3 sur 12) disparaît en quelques jours, on peut se poser des questions sur l'avenir des cinq sixièmes restants. En fait, je serais Chirac et Maurois, je vérifierais que mon testament est bien à jour, sait-on jamais. D'ailleurs, le père Chirac a doublement des raisons de se faire du mouron.

 

En effet, on a découvert en France un fossile d'un crocodile préhistorique. Ce machin faisait plus de dix mètres de long (il y aurait de quoi équiper en valises en croco plusieurs gouvernements, si cet animal pullulait encore). Et il bouffait des dinosaures. Et, tenez-vous bien, ça ne s'invente pas, le doux bestiau s'appelle Sarcosuchus Imperator. Si si. Ouais, si j'étais Chirac, je m'inquiéterais. Il n'est pas impossible qu'un descendant de l'espèce –quoi que d'un format très réduit- sévisse encore dans nos contrées.

 

 

Lundi 27 Août 2007

 

Je profite de la rentrée littéraire pour pousser un coup de gueule. Que dis-je, un cri du cœur. L'objet de mon ire légitime, aujourd'hui, ce sont les éditions Belfond. Je ne sais pas –je ne sais plus- où j'ai récupéré cette pochette d'allumettes publicitaire qu'ils avaient diffusée il y a de ça quelques temps. Sans doute en m'incrustant à un cocktail Belfond au Salon du Livre. Ou alors, je les ai tapées, ces allumettes, à quelqu'un, au Salon du Livre, qui s'était incrusté au cocktail Belfond. Je ne sais pas du tout. Si c'était une soirée d'inauguration, j'étais probablement bourré. Et de toute façon, cette pochette, je l'ai retrouvée au fond d'un tiroir, sous des strates et des strates de paperasses, donc ça remonte au moins à quelques années, il y a prescription.

 

Bref. Toujours est-il que, cette pochette d'allumettes qui prenait la poussière au fond d'un tiroir, j'ai tenté de m'en servir. Et là, selon l'expression consacrée, c'est le drame. La brande de friction se délite à toute allure. La tige en carton se plie direct quand on tente d'en craquer une. Et on n'arrive à en allumer, dans le meilleur des cas, qu'une sur trois.

 

Donc voilà, messieurs de chez Belfond, honte à vous.

 

C'était ma diatribe du jour. Vous pouvez reprendre le cours de votre journée.

 

 

Samedi 25 Août 2007

 

 

Hop, Raymond Barre est mort, alors tout le monde y va de son petit commentaire laudatif, parlant du vieux sage, de l'ex meilleur économiste de France, d'un grand ministre courageux, etc, etc... Et, pour ne pas demeurer en reste, Giscard s'est joint à ce concert d'éloges funèbres.

 

Ce même Giscard qui a dit jadis :

 

"J'ai eu deux Premier Ministre. Le premier m'a poignardé dans le dos, le second a piétiné mon cadavre."

 

Ce qui me rappelle, par association d'idée une autre citation, concernant Giscard, mais qui sinon n'a rien à voir, à par le fait de me faire rire à peu de frais, ce qui est déjà pas mal, vu les sinistritudes qui tombent dru ces derniers temps. La petite phrase est d'André S., d'Issy (et non pas, d'ailleurs) qui l'a prononcée à l'occasion des obsèques de François Mitterrand : "Pour Giscard d’Estaing, on n’en avait pas fait autant". Voilà, j'adore.

 

 

Et pendant ce temps, Sarkozy continue à réussir à nous faire regretter Jacques Chirac.

 

 

Dimanche 12 Août 2007

 

Une fois rentré, les trépidations de la vie citadine ont repris le dessus. J'ai à nouveau du boulot à plus savoir qu'en faire : traduction, scénario (va falloir que j'active sur le chapitre 9 de Tengu Do, d'ailleurs, et puis que je me mette sérieusement au deuxième épisode de Kade, pour les ricains), et autres trucs plus alimentaires. Inutile de dire que les vacances sont bien finies. Par contre, pour mon pourvoyeur en pizzas, elles viennent de commencer, et je dois admettre que c'est un coup dur assez violent. La supérette la plus proche est fermée aussi. Et le Chinois. Restent la boulangerie, un bar-tabac et le kebab. Ouf. Parce que bosser sans malbouffe ni cigarettes, ce serait vraiment trop dur.

 

Dimanche 5 Août 2007

Sur les plages, dans le secteur, on trouve pas mal de curieux petits gastéropodes, dont on ne peut rien faire à manger (un grand chef a essayé, il y a quelques années, mais le résultat était dégueulasse), gastéropodes qui prolifèrent, menaçant les élevages de moules et d'huitres. à cause de la manie qu'ont ces coquillages de s'empiler les uns sur les autres, les gens du coin les ont surnommés "pédés". Le vrai nom du truc, c'est en fait "crépidule". Qui rit quand on l'en... Enfin bref. Les vacances se terminent tranquillement, demain je dois récupérer de la traduction à faire, les affaires reprennent, et je vous laisse sur ces considérations zoologiques de haute volée.

Jeudi 2 Août 2007

 

J'arrive à m'arracher momentanément à mon farniente estival (je bosse pas beaucoup, là. juste deux modifs à un épisode de l'Escouade, et puis un bouquin à lire pour un boulot à faire plus tard, mais sinon, c'est balades en bord de mer, parties d'échecs à l'ombre et marchés locaux où l'on trouve des confitures de tuerie) pour regarder vaguement les infos d'une oreille distraite (et de les écouter d'un oeil torve, mais je m'égare). Et là, je ne puis qu'être déçu par notre président. Il avait promis de totalement s'assumer, d'être un réactionnaire fier de l'être, un type qui agit, qui montre qui est le chef à tous ces métèques d'Afrique du Nord et tout ça. Et là, après avoir mis au dictateur Libyen un gros contrat d'armement qui représente plein de pépètes pour l'économie française, hop, il assume plus. "C'est de l'économie, ça, pas de la politique", paraît-il. Mais qu'il assume, bon sang ! Qu'il accepte ce qu'il est (et ce qu'il a vendu à l'électorat) ! C'est petit, ça, petit, de se cacher tel le premier Jean-Christophe Mitterrand venu quand on passe des sales deals en Afrique.

 

Non, je suis déçu, y a pas. Un tel apôtre de la crapulerie qui se découvre au dernier moment des pudeurs de communiante, ben je trouve ça triste.

 

Vendredi 3 Août 2007

 

Ah, mine de rien, ça fait du bien, les vacances. Plein de paysages pittoresques, de touristes plus pittoresques encore, du coup j'ai même ressorti le carnet de croquis, tiens :

 

 

Created with The GIMP

 

Quoi ? Un bandit mexicain, ça n'a rien à voir avec des vacances en Bretagne ? Et alors ? Je dessine ce que je veux, merde !

 

Et puis foutez-moi tranquille, vous ne me méritez pas, na.

 

Jeudi 26 Juillet 2007

 

Tiens... Reparlons un peu du nain psychopathe, de l'homme de la rupture, de notre cher président. L'homme de la rupture... Oui oui oui... On parle bien du mec qui est allé vendre un réacteur nucléaire à la Lybie, pire, au Colonel Kadhafi. Bon, entre mégalomanes, normal qu'on se comprenne et qu'on fasse affaires, certes, mais... Nous parlons quand même de l'homme de la Rupture. De la Rupturitude, presque... Et cet homme de la Rupture fait exactement pareil... Que ce que Jacques Chirac avait fait avec Saddam et l'Irak il y a bien longtemps (bon, quand la France avait vendu un réacteur à l'Irak, à l'époque, elle avait pris bien soin d'en refiler en douce toutes les spécifications techniques à l'aviation israélienne, ce qui fait que le machin a été bombardé avant même d'avoir vraiment fonctionné).

 

C'est dingue de découvrir que l'homme de la rupture n'est rien d'autre que le fils spirituel de Chirac, en tout cas...

 

Mardi 24 Juillet 2007

Bon. On a beaucoup parlé des biocarburants, nouveau débouché d'une production céréalière pléthorique, et solution partielle (très partielle) (probablement illusoire, au vu d'études sérieuses) aux problèmes d'épuisement de la ressource pétrolière et de réchauffement climatique. Les agriculteurs se frottent les mains, et… Les cours du blé explosent. Alors les histoires de pétrole, n'étant pas voitureux, je n'en avais pas grand-chose à faire. Au contraire, la possibilité, même lointaine, d'un rééquilibrage des modes de déplacement modernes en défaveur des boites à roulettes avait tendance à me combler d'aise. Que les agriculteurs arrivent en plus à couillonner les automobilistes, ça me semblait même assez sympathique.

Mais il y a une conséquence prévisible à cet emballement céréalier : on annonce une augmentation du prix des nouilles pour la rentrée. Et là je dis stop, tout net. Il y a des ressources indispensables, primordiales, de première nécessité auxquelles il ne faut pas toucher. Et la nouille en fait partie (avec le café et le parmesan). Merde, s'il faut tolérer une hausse du prix de la nouille pour que les automobilistes puissent continuer à écraser des gens sur les routes, j'appelle directement à l'intifada anti automobilistique, merde.

Révolution ! Prenons la Bastille nouillesque ! Il faut tout faire pêter ! Pendre le dernier automobiliste avec les tripes du dernier président de groupe pétrolier ! Libérons les nouilles, bordel !

 

Samedi 21 Juillet 2007

Parmi quelques autres menus plaisirs de la vie, je me passe en boucle, en ce moment, l'Ave Maria commis en son temps par Nina Hagen. Ça a un petit côté délicieusement décalé, à la limite du terrorisme mémétique (le terrorisme intellectuel, le Nabot de l'Elysée a démontré jusqu'à l'absurde que c'était surfait). Nina Hagen chanta l'Ave Maria, c'est un peu comme une photo de paparazzi montrant Sa Sainteté Benoît XVI remettant son slip après la fornication, ou Sir Winston Churchill courant un cent mètres haies le cigare au bec. Ça convoque trop de schémas mentaux disparates, ça kaleidoscopise la conscience. Ça peut devenir un outil de reboot mental, de recalage des instruments. Moi, ça me fait baguenauder les neurones, et en fait, je crois que ça me fait du bien à l'âme, parfois, ce genre de conneries.

 

Mercredi 18 Juillet 2007

Aujourd'hui, sortie à Paris, pour récupérer des trucs. Et oh miracle, j'ai enfin réussi à mettre la main sur le bouquin que je cherchais depuis dix jours. Ce fut de haute lutte, mais j'ai réussi. Ouais ! Bon, maintenant, j'ai deux jours pour exploiter son contenu de manière à pouvoir envoyer ma propale à mon éditeur dans les délais. La vie est un éternel défi.

Au passage, j'ai vu passer plein de ces vélos en libre service que la mairie a mis à dispo. C'est cool et c'est rigolo. Au moins, l'initiative fonctionne. Bon, par contre, les gens qui font du vélo avec un gros casque audio sur les oreilles en pleine circulation boulevard de Sébastopol à l'heure de pointe, ça me fait gravement flipper.

Et sinon, j'ai bouclé en début de semaine les huitièmes chapitres de l'Escouade des Ombres et de Tengu-Do. Difficiles à accoucher l'un comme l'autre, mais pour des raisons différentes. Mais j'en suis assez content. Ils fonctionnent bien et me permettent de boucler proprement les deuxièmes tomes de ces séries. Plus qu'à attaquer les troisièmes tomes. Ouf. Ferai ça bientôt.

 

Vendredi 13 Juillet 2007

Il faudra signaler à la demoiselle qui tient la cafète près du Casto que, quand on lui commande un Panini et un Ice Tea, le Panini doit être servi chaud, et l'Ice Tea froid, et pas l'inverse. Il y a des gens pour ne pas comprendre le concept d'Ice Tea, je crois. Je me serais contenté de quoi... Dix degrés sous la température ambiante ? Eh bien non, même pas. C'était sans doute un dommage collatéral dû au Vendredi 13, je sais pas. Enfin, déjà, la demoiselle ne portait pas de masque de hockey, donc si ça se trouve, c'était de l'incompétence crasse, et pas de la malveillance pure et dure. Mais même comme ça, ça m'a énervé.

 

Mercredi 11 Juillet 2007

Au cours d'une pérégrination parisienne (je cherchais un bouquin dont j'ai besoin de toute urgence, et que je n'ai, bien entendu, pas trouvé) (fuck), j'ai remarqué les petites bornes destinées à accueillir les nouveaux vélos en libre service que la Mairie va bientôt installer. Ça a l'air rigolo, comme système. Mais bon, pas un seul vélo n'a été installé, mais l'alarme anti-vol d'une des bornes était déjà activée, poussant un sifflement assez désagréable. Je suppose que le clébard qui s'éloignait de l'endroit en s'égouttant la stouquette y était pour quelque chose. Si la population canine s'est déjà adaptée au système, je sens que ça va être super groovy, cette histoire de vélos.

 

Dimanche 8 Juillet 2007

Au lieu de retourner une troisième fois à Japan Expo, je me suis contenté de me débarrasser de mes mômes en les refilant pour un mois à la famille. Pour fêter ça, j'ai éventré le faux plafond tout moche de ma cuisine. Bon, cinquante ans de marinade, ça donne un résultat hyper moche : les poutres dissimulées par le faux plafond sont en très bon état, mais hyper dégueulasses. J'en ai pour quelque temps à les réavoir. J'ai ressorti les décapants, grattounettes et autres spatules. Et je me suis fendu d'une belle crise allergique au passage. Va falloir que la Force soit avec moi, là.

 

Vendredi 6 et Samedi 7 Juillet 2007

Ce ouiquende, c'était dédicaces à Japan Expo, le salon de la japanime, du manga et des gens habillés en héros de n'importe quoi. D'ailleurs, j'ai croisé un Oui-Oui, et là je dois dire, au milieu des Chevaliers du Zodiaque, des pseudo écolières japonaises, des loligoth et des Super Saïens et autres Sentaï,  un Oui-Oui (avec son petit taxi), c'était quand même grave la classe. De bons contacts pris, un projet qui était dans l'air depuis le printemps qui se retrouve lancé pour de bon, des bouquins signés à plein de gens, c'était cool. Mais crevant. Mais cool.

 

Lundi 2 juillet 2007

Commençons par un petit rectificatif. EDF se charge encore de la production d'électricité, mais plus du réseau, on vient de me le signaler. Mais ça ne change rien au principe de ma démonstration de ce ouiquende sur l'inanité totale et aux limites de l'arnaque de cette libéralisation.

Sinon, je vois de plus en plus de gens ouvrir des pages sur MySpace, Facebook et autres espaces de "réseautage". Le principe, à la base, est le même que celui de ce site, fabriqué avec mes petits doigts et mes maigres connaissances en HTML : se faire connaître, faire connaître son travail, etc… Jusque là, pas de lézard. Perso, je préfère bricoler mon truc dans mon coin plutôt que de passer par un portail tentaculaire avec des gabarits préformatés, mais ces machins ont l'avantage d'être très simples et très rapides à mettre en œuvre. Pas mal de jeunes dessinateurs, scénaristes, musicos et autres ont mis leur page en ligne, et c'est cool. Même des gens plus connus, qui n'ont plus besoin de ces méthodes de promo, s'y mettent. Bien.

Ce qui m'intrigue, c'est ce système de réseautage qui va avec, justement. Le "mes amis sont". Parce qu'assez vite, ça devient n'importe quoi, une sorte d'échange de pub fait à la volée, sans que l'amitié n'ait rien à y voir. Hop, j'aime bien ton boulot, mais tu n'as jamais entendu parler de moi, allez, sois mon ami. Voire ta page a l'air cool, sois mon ami. Et ainsi de suite. Ce qui permet après de se prévaloir d'avoir un lien "ami" avec telle ou telle star de la musique/télé/porno/sport, qui a 2500 flags "amis" sur sa page (sachant que trop de signal tue le signal, comme toujours). À partir de là, la notion de "réseau social" attaché à ces machins me fait sourire. Qu'on se crée un réseau social dans Second Life, World of Warcraft ou sur des Forums, je le comprends, et j'ai rencontré des tas de gens super comme ça (sur les forums, en tout cas. SL et WoW, mon vieil ordi précolombien gère pas, malgré la grosse mise à jour système effectuée le mois dernier. Tant mieux, d'ailleurs, vu que je soupçonne ces trucs de bouffer pas mal de temps, temps mieux employé à avancer mon boulot, voir des vrais gens, m'occuper de ma famille, faire le ménage, et rattraper mon retard en séries TV (Heroes et Battlestar Galactica, mangez-en, c'est du tout bon). Mais tous ces trucs, (Forums, WoW et SL) ont un point en commun : ils sont basés sur l'interaction entre participants, avec possibilité d'amitié, de critique, voire d'inimitié. MySpace et assimilés, c'est un peu plus du "je colle mon affiche, viendez voir et mettez un graffiti en dessous pour dire à tout le monde où est la vôtre, et on dira qu'on est tous amis". La socialisation par et pour les sociopathes, en quelque sorte.

PS : quand j'ai bouclé ce bout de texte, le correcteur orthographique n'a pas digéré le mot "réseautage", dont je conçois sans peine qu'il le trouve barbare. Mais à la place, il m'a proposé "réseautique". Et là, je dis bof, quand même. C'est pas mieux, et ça a en plus ce côté manager qui veut avoir l'air de savoir de quoi il parle (sachant que conceptuellement, réseautage et réseautique n'ont pas grand-chose à voir, en plus).

 

Samedi 30 Juin 2007

Il y a un truc qui me chiffonne dans la libéralisation du marché de l'énergie.

En fait, non. Il y a PLUSIEURS trucs qui me chiffonnent dans la libéralisation du marché de l'énergie.

Qu'on se comprenne bien. Fondamentalement, je n'ai pas forcément grand-chose contre la notion de concurrence, tant que la concurrence est loyale et équilibrée. Avoir le choix entre plusieurs boulangeries dans mon quartier me permet de mettre en balance tous les facteurs : prix du pain, qualité du pain, sourire de la boulangère et distance à la boulangerie. Je peux donc, en mon âme et conscience, choisir mon boulanger. Coup de bol, la plus proche fait le meilleur pain. Un poil plus cher que celui de la boulangerie qui est 200 mètres plus loin, mais dont le pain est dégueulasse et la boulangère désagréable. Ce qui me conduit à aller encore plus loin, les jours de fermeture, pour avoir un pain correct à un prix raisonnable. Bon, chacun de ces boulangers s'approvisionne en farine selon son propre circuit, sa propre coopérative, le fait dans son propre four, und so weiter.

Quel rapport avec la libéralisation du marché de l'énergie ? Eh bien aucun, justement. Et c'est là qu'est le cœur du problème.

La production reste pour l'essentiel entre les mains de l'opérateur historique. Et l'infrastructure de distribution aussi. Ce qui fait que tous les nouveaux opérateurs s'approvisionnent à la même source, pour fournir le même produit avec la même qualité. Un peu comme les opérateurs virtuels de téléphonie mobile, qui fourguaient la soupe des trois opérateurs réels. Sauf que là, d'opérateur réel, il n'y en a qu'un. Et pour cause : un réseau immatériel comme celui de la téléphonie mobile, c'est encore à peu près faisable à mettre en place en plusieurs exemplaires, il suffit de placer des émetteurs à des endroits stratégiques, quitte à s'en partager certains. Mais de la ligne à haute tension, c'est beaucoup plus cher, plus difficile à installer, et en plus il faut de la place pour ça.

Résultat des courses : aux infos, on interviewait le boss d'une de ces nouvelles compagnies de distribution d'électricité. Et à quoi ressemblait sa boîte ? à un minuscule open space où grenouillaient une cinquantaine de personnes. Et c'est tout. Ces gens-là ne traitaient que l'administratif. Toute la boîte n'était qu'une entité administrative. Une machine à facturer un service rendu par quelqu'un d'autre (le producteur et distributeur physique du courant). En d'autres termes, une entité parfaitement parasite, qui ne pourra vendre l'électricité moins cher qu'au prix ou elle la paye, et ne pourra survivre qu'en faisant la chasse aux nouveaux clients et en jouant sur des astuces de trésorerie.

Facturer le courant, l'EDF en était capable jusqu'à présent. Elle continue à le produire (même si la production elle-même a été plus ou moins filialisée, si j'ai bien compris) et à le distribuer. Ce sont même les vieux compteurs qui continuent à surveiller la consommation.

Plus beau encore : tant qu'on est à l'EDF, on est encore au tarif réglementé. Dès qu'on en sort, on a droit à un tarif plus élevé. Auquel on ne peut plus échapper par la suite, vu que le tarif réglementé, une fois abandonné, n'est plus récupérable. C''est comme un appartement en loi de 48. Quand on déménage, c'est pour casquer le loyer plein pot. Et donc, les nouveaux opérateurs communiquent à fond sur les "nouveaux services". Quels sont-ils ? à ce stade, personne n'a été capable de me le dire. Et quels nouveaux services offrir avec le courant ? à mon fournisseur d'électricité, la seule chose que je demande, c'est de me fournir un courant constant, sans coupures intempestives, qui me permette de faire fonctionner mon éclairage, mes appareils ménagers, mon ordi, et c'est tout. Seul service additionnel qu'on puisse ajouter au package sans changer de métier : la connexion à l'Internet via les prises secteur, une technologie qui existe, mais qui n'est pas encore diffusée. Tout le reste, ce sera soit du conseil énergétique (pourquoi pas, mais on n'en a pas besoin tous les jours non plus), soit du vent pur et simple, ou des trucs sans rapport qu'on aura dans de meilleures conditions auprès de gens dont c'est le métier.

Cerise sur le gâteau ? Comme il va bien falloir que ces nouveaux opérateurs vendent leurs putains d'abonnements, et que la publicité traditionnelle ne pourra y suffire (de toutes les façons, toute publicité dans ce domaine sera forcément mensongère à la base, et de plus fera augmenter mécaniquement les tarifs par sa seule existence), il faudra passer par des centres d'appels, avec des gens qui démarcheront par téléphone et tenteront de convaincre les usagers, pardon, les clients. Donc une nuisance en plus.

La suppression des renseignements téléphoniques unifiés et leur remplacement par tout un tas d'opérateurs m'a conduit à des voies alternatives de recherche. Je ne décroche plus jamais mon téléphone pour avoir un renseignement. Je n'ai pas forcément d'alternatives sous le coude pour me fournir en électricité. Mais je vais commencer à réfléchir aux mille et une façons de réduire ma consommation tout en restant au tarif réglementé tant qu'il existera.

 

Seconde moitié du mois de Juin 2007

J'ai totalement négligé la War Zone pendant quelque temps. Faut dire qu'une fois de plus, mon emploi du temps a explosé en vol. J'ai eu une grosse traduction à faire (mon premier boulot sur du Marvel, en plus), j'ai enchaîné les séances de dédicaces (pour deux nouveautés, deux Mangas chez les Humanos, Tengu-Do et l'Escouade des Ombres, pour ceux qui n'auraient pas suivi), j'ai signé chez un petit éditeur américain (Arcana Studio) pour reprendre le scénar d'une de leurs séries (plus d'infos bientôt), bref, j'ai eu du boulot à plus savoir qu'en foutre.

Dans l'intervalle, j'ai quand même été atterré par un résultat électoral : le député Julia, que j'avais passablement brocardé en ces lieux quand il s'était lancé dans des opérations foireuses de libération d'otages, a été reconduit dans sa circonscription. Rétribution karmique, pour qu'il y ait un peu de justice dans l'univers, Alain Juppé a été dégagé de la sienne. Et de son super ministère en même temps. Tenez bon, les Bordelais ! Encore les municipales l'année prochaine, et on pourra le renvoyer au Canada.

Enfin voilà. Quinze jours sous le signe du busy busy busy. Plus qu'à attendre les chèques qui vont avec.

Lundi 11 Juin 2007

Les plus acharnés d’entre-vous s’en souviendront peut-être, il y a quelques mois, sur une impulsion irraisonnée, je m’étais acheté une friteuse. L’engin fonctionnait de façon satisfaisante, permettant moult orgies de graisses saturées. Et puis un beau jour, crac. Marchait plus, le biniou. Comme il était sous garanti, je suis allé voir le magasin qui m’avait vendu le bidule. Verdict : « tiens, la sécurité qui a trop bien marché, ça a chauffé, le fusible a fondu ». Bon, qu’une friteuse chauffe, à la base, ça me semblait plutôt normal, personnellement. Mais bon, le vendeur est censé s’y connaître, loin de moi le désir de remettre en cause son autorité en la matière. Bref, retour au service après-vente du fabricant. Durée prévisionnelle de la réparation, entre trois et quatre semaines. Pour changer un fusible. Admettons. Quand vint la fin du délai, je suis retourné voir le vendeur. Qui a regardé dans l’étagère. Qui s’est gratté le menton. Puis qui a compulsé ses papiers. Et qui m’a dit : « bon, ben je vous fais un avoir. » Surprise de ma part. J’ai haussé le sourcil, d’une façon qui se voulait seanconneresque (sans probablement y parvenir, mais c’est une autre histoire), et je me suis enquis de la santé de ma friteuse. « C’était si grave que ça ? » demandai-je d’une voix plaintive chargée d’une profonde empathie pour la machine qui avait multiplié mon taux de cholestérol. « Non, justement », me répondit le vendeur. « Visiblement, le service s’est dit qu’ouvrir la friteuse, commander le fusible, le réinstaller, refermer ensuite, ça reviendrait plus cher que son prix. Alors ils nous ont recrédité de la somme. Je vous fais un ticket. » Du coup, j’ai prix le ticket, je suis allé dans le rayon, et j’ai pris une nouvelle friteuse.

D’une autre marque.

Faut pas déconner non plus.

 

Dimanche 10 Juin 2007

Bon. La vague bleue prend des allures d’estampe d’Hokusai. Tristement enfoncée dans ses querelles intestines, la Gauche n’a même pas assuré le minimum syndical. Mais ce qui m’a terrorisé, c’est une phrase de Jean-Marie Le Pen. « Monsieur Sarkozy va devoir se confronter aux faits. Et les faits sont têtus. » Si même Le Pen se met à citer Lénine, maintenant, alors l’Apocalypse est vraiment sur nos têtes : taxes, pluies de grenouilles, augmentation du prix du café et autres fléaux.

 

Samedi 9 Juin 2007

Tous les ans, à côté de chez moi, il y a un marché de l’art. Sur la place du marché, on laisse les auvents qui, en général, servent à abriter les étals de légumes, et à la place, on met des peintres, sculpteurs, etc… L’année dernière, j’avais zappé le truc. Cette année, j’y suis allé faire un tour. Pour moitié, c’étaient les mêmes trucs qu’il y a deux ans. J’ai distinctement reconnu un certain nombre de toiles. Il y avait quelques trucs vraiment intéressants. Des huiles à la compo étudiée, donnant de belles profondeurs, de beaux volumes. Quelques sculptures très marrantes, aussi. Plus deux trois créateurs de modes avec des choses pas mal, dont une redingote Louis XV remise au goût du jour qui avait vraiment de la gueule. Sur une centaine d’exposants, tout ceci devait représenter dix stands au maximum. Après, il y avait des choses sympa, bien faites, jolies. Et puis il restait à peu près la moitié des exposants. Les gens qui feraient mieux de se cacher. Les aquarelles ternes et sans imagination. Les vues de Venise totalement bateau (alors que Venise est un beau sujet, une des huiles qui m’a le plus plu était une venelle vénitienne), des paysages à 30 centimes d’euros. Des chevaux et des ballerines qui essaient désespérément d’être Degas sans y parvenir, même par inadvertance. Du fauvisme mal compris. Des trucs qui tentent de compenser la faiblesse du dessin par des effets de matière ratés, des compos tristounes. Je crois que je vais zapper l’année prochaine, ça me déprime.

 

Mercredi 6 Juin 2007

En hommage à ces fiers gaillards qui, il y a tout juste 63 ans aujourd’hui, sont allés se faire trouer la paillasse par paquets de mille sur les plages de Normandie,  je me suis livré ce soir à une expérience de l’extrême. Pour la première fois de ma vie, je suis allé régler mes achats en grande surface à une caisse automatique. Le sale machin censé gagner du temps, et qui permet surtout à la direction d’économiser sur le salaire des caissières. Autant dire que je détestais d’emblée, et que je n’avais jamais tenté le coup. Et puis là, pas assez de caissières. Des queues énormes, à faire pâlir Rocco. Et fallait que je reprenne mon train. Et là, une nana du magasin me fait : « il y a les caisses automatiques, monsieur » (Oui, il y a des gens pour m’appeler monsieur. Ça me navre autant que vous.)

Putain, que c’est chiant, ce bouzin. On passe le produit, on doit le peser ensuite, mais les produits traiteurs ont un code unique et un poids variable, alors ils font tilter la machine, et puis les coupons de réduction passent mal, le dispositif de paiement est foireux… J’ai failli rater mon train à cause de cette merde, en sortant du magasin en même temps que la personne qui était derrière moi quand j’attendais devant la caissière. J’étais vert. Des bouffées de luddite fou ont monté en moi, que j’ai contenues à grand peine. Et puis je suis rentré, maudissant les sombres calculs de la DRH de ce groupe de la grande distribution. Qu’ils pourrissent tous en enfer dans d’atroces souffrances, ceux qui ont viré les caisses paniers pour imposer ce malfaisant gadget automatisé.

 

Vendredi 1er Juin 2007

Il faut tenter des expériences, dans la vie. Et là, coup sur coup, j’en ai tentées deux.

D’abord, je suis allé dans un Starbucks. Riez pas, j’ai pas fait exprès. Simplement, le truc en face où j’étais censé aller boire un café était fermé. Alors je suis allé chez Starbucks. C’est comme ça. Bon, et une fois sur place, je me suis laissé tenter par le Frapuccino. Ben oui, ça faisait tellement longtemps que l’auteur de Questionnable Content se foutait de la gueule, dans sa BD, des gens qui boivent du Frapuccino qu’il fallait bien que j’essaie. Et donc, j’ai essayé. En fait, pour quatre fois le prix d’un café, vous avez la même quantité de café, mais diluée dans de la glace pilée. Bon. C’était intéressant d’essayer. Maintenant je sais pourquoi je n’avais jamais spécialement eu envie d’aller chez Starbucks.

L’autre expérience, plus délicate, consistait à faire passer mon vieil ordi précolombien à une version récente du système d’exploitation. Et donc, j’ai découvert MacOS X. En fait, j’avais déjà un peu travaillé sous X, mais c’était il y a longtemps. Là, j’ai blindé ma machine en RAM, j’ai fait une sauvegarde de mes données, et hop, je me suis lancé. Après quelques tâtonnements, j’ai réussi à venir à bout de l’opération. Du coup, il faut à présent que je mette à jour la plupart de mes logiciels. Mais c’était le but de la manipe, justement : arriver à mettre à jour tous les programmes qui n’étaient plus supportés pour ma configuration depuis… Genre… Cinq ou six ans, à peu près. Et récupérer ceux qui n’existaient carrément pas. Comme Celestia, un truc parfaitement inutile, mais absolument super : une maquette virtuelle du système solaire et de ses alentours (en fait, je me demande si ce truc ne couvre pas la plupart des objets célestes connus). Et on peut naviguer dedans. Je viens de me faire le tour des anneaux de Saturne, et bon sang, qu’est-ce que c’est formidable…

Je reste, je demeure, un parfait space geek.

 

Mardi 29 Mai 2007

Il fait un temps vraiment dégueulasse, en ce moment. Même aujourd'hui, alors qu'il a fait beau, les séquelles des jours précédents se font encore sentir. L'air est humide, les coins d'ombre ne sèchent pas. Et ce matin, pour déposer les mômes à l'école, le passage sous le pont c'était Indiana Jones : tout était inondé, il fallait sauter de grosse pierre en grosse pierre pour passer (ou faire un détour d'un kilomètre et demie). C'est un temps déprimant.

Mais, ce matin, en allumant la radio, j'ai entendu une nouvelle qui m'a réconcilié avec ce temps méga pisseux : à Rolland-Garros, c'est le bordel. Ils écourtent les matches, essaient de profiter du moindre rayon de soleil pour en caler plein à la file, et de toute façon ils explosent le planning. Et les orages annoncés pour le reste de la semaine vont achever de couler le truc. Eh bien ça fait plaisir. Je voue au Tennis, et particulièrement à Rolland-Garros, une haine viscérale qui confine, sans doute, à l'irrationnel. Mais c'est comme ça. Allumer la radio pour avoir des informations sur l'état du monde, et avoir à la place les résultats du tournoi pendant vingt minutes, plus les extraits du match (à la radio, c'est fascinant. ça fait ploc.... ploc... toc ! ploc... -applaudissements nourris-, inutile de dire que je trouve ça super chiant), sans parler des commentaires des entraîneurs, des people qui ne ratent la manifestation pour rien au monde, etc, ça me gonfle à un point incroyable... Alors voir qu'un truc tout con comme la pluie arrive à gâcher tout ça, ça me comble d'aise.

D'autant que la flotte, ça n'a jamais arrêté les rugbymen, par exemple. Ce qui prouve bien que le tennis, c'est un sport de tapettes.

 

Dimanche 27 Mai 2007

En théorie, je suis un défenseur du service public. Mais parfois, il m'arrive, même à moi, de me demander où passe notre pognon. J'ai allumé la télé. Je voulais voir les infos, histoire de me tenir au courant de la marche du monde et tout ça. Et puis, comme c'était l'heure, j'ai mis le journal de France 2.

Mais avant d'en venir au sujet de mon homélie du jour, j'ai un message personnel à passer à messieurs Bernard K. et François F., ministres de la République. Ne pas mettre de cravate pour avoir l'air cool et jeunes, bon, c'est une idée. Ça se défend. Mais dans ce cas, de grâce, laissez votre veston ouvert, parce que sinon, vous êtes ridicules (surtout monsieur K. avec sa chemise à rayures).

Et donc, après cette exhibition de mal fagottage ministériel, la présentatrice est passée au Palmarès de Cannes. Normal, c'était le jour. Et elle a interviewé Marjane Satrapi, pour le prix qu'elle a reçu avec l'adaptation animée de Persepolis. Bon, on aime ou on aime pas Persepolis, c'est un autre débat. Ce qui m'a frappé ici, ce sont deux choses. Persepolis a été coréalisé par Marjane Satrapi. C'est elle qu'on a vu dans Paris Match précédemment, alors c'est elle qu'on interviewe. Admettons. Nonobstant le fait que le gros de la réal est dû à l'autre intervenant, à peine nommé et pas interviewé. Mais j'ai trouvé très méprisant de la part de MS le fait de tenir à la distinction "film d'animation" contre "dessin animé". Elle a coréalisé (et encore, mes informations pourraient remettre en question ce point précis) un "film d'animation". Pas un vulgaire "dessin animé". Distinction aussi creuse, à mon sens, que celle entre "roman graphique" et "bande dessinée". Ce qui m'amène au second point. Nulle part, dans toute l'affaire, il n'est mentionné que Persepolis est l'adaptation de la bande dessinée de Marjane Satrapi. À aucun moment. Et ça, c'est intéressant aussi, je trouve. C'est révélateur. Persepolis, à la base, c'est déjà ce "roman graphique" dont le succès est largement dû à des gens qui ne se saliraient pas les mains en lisant de la vulgaire "bande dessinée". Et maintenant que ça devient un "film d'animation" primé à Cannes, hop, on escamote carrément l'origine de la chose. Bravo à la journaliste, bravo à l'auteuse qui n'a même pas tenté de préciser ça, bravo au service public. La personne qui n'était pas au courant au départ n'en sortira pas mieux informée : la seule charge informative qu'on pouvait retirer de ces quelques minutes pouvait se résumer ainsi : "un "film d'animation" français a été primé à Cannes, et c'est une gonzesse qui l'a réalisé, une gonzesse à l'accent levantin". Le fait qu'elle soit d'origine Iranienne et qu'elle parle de son vécu lors de la révolution islamique est même quasiment escamoté au profit d'une pétition de principe universaliste.

Trois à quatre minutes d'interventions sur le sujet pour ça. Heureusement que France Info sauve l'honneur en précisant tous ces points, même si c'était en une quinzaine de secondes.

 

 

Mercredi 23 Mai 2007

Yes ! J'ai enfin terminé ce wagon de traductions qui m'ont bien plombé l'emploi du temps de ces deux derniers mois. Des bouquins chouettes, ceci dit : j'ai fini avec la ressortie du Cycle des Epées, par Chaykin et Mignola, qui devrait honorer vos étagères cet été. Une chouette BD, adaptation de la série de Fritz Leiber, qui avait déjà été publiée en VF il y a bien des lunes, et était à peu près introuvable (chose amusante, à l'époque, la série n'avait pas marché. Mignola n'était pas encore très connu, et seuls quelques connaisseurs en avaient profité pour s'en mettre plein les mirettes. cette intégrale devrait ravir ceux qui n'avaient pas sauté le pas à l'époque).

Et puis j'ai bouclé aussi cette semaine les pages additionnelles de l'Escouade des Ombres, un manga de SF scénarisé par rien moins que moi-même (c'est dire si c'est forcément bien, et je vous interdis de penser le contraire, tas de mécréants) à paraitre le mois prochain dans la collection Shogun. L'Escouade des Ombres, c'est un peu le contraire de Tengu-Do. Là où Tengu est lent et contemplatif, l'Escouade, c'est de la baston speedée, dans l'espace où personne ne vous entend canarder. Les fans de Starship Troopers devraient adorer, je pense. Au menu : nazis de l'espace, armes de destruction massive et poursuites interstellaires. Rien que du bon, je vous dis !

 

Mardi 22 Mai 2006

Deux décès ont marqué les informations. Le premier, c'est celui de Georges Aminel, premier noir à être entré à la Comédie Française (ouais, bon, c'est la Comédie Française, alors c'est bon à savoir pour les dîners en ville, mais on s'en fout quand même un peu, hein) et surtout voix française de Gros Minet, Dark Vador, et même de Doc Savage, dans l'hallucinant Doc Savage Arrive dont la VF est un délice de connaisseurs (perfonnellement, Doc Favave avec un feveu fur la langue, v'adore. heureuvement, néanmoinf, qu'il n'a paf traité Dark Vador de la même fafon. Là, fa aurrait fié danf le ventilo).

Le second décès, c'est quand même celui d'un Nobel, d'un Nobel bien de chez nous, puisque c'est de celui de Pierre-Gilles de Gennes qu'il s'agit, un authentique génie de la physique dont les travaux sur les états limites de la matière ont révolutionné plusieurs fois le monde, avec les cristaux liquides, nouveaux bétons et nanotechnologies. Mais qui plus est, ce décès me touche profondément. Parce que, voyez-vous, je le connaissais personnellement, Pierre-Gilles de Gennes. C'était il y a quelques années de ça. J'étais dans le Ve arrondissement, où j'étais allé traîner mes bottes chez mes libraires habituels, je crois me souvenir. J'ai eu envie d'un café. Je suis donc allé dans un café du Boulevard Saint Germain, à quelques encablures de la place Maubert. Je me suis installé au comptoir. Un homme d'assez haute taille, au maintien impeccable quoi qu'affable est entré, s'est approché du comptoir, et s'est posté devant, juste à côté de l'endroit où j'étais accoudé avec nonchalance. Il m'a fallu un instant pour tilter. Et je me suis dit, en mon for intérieur (je n'aurais pas osé verbaliser ça) : "Oh putain ! C'est Pierre-Gilles de Gennes ! Trop fort !" Tout en retenue, je me suis contenté de lui adresser un signe de la tête, plein d'un respect sincère, auquel il a dignement répondu d'un signe de la tête plein d'acquiescement flegmatique. Puis j'ai payé mon café, et je suis reparti.

Ainsi s'acheva ma seule et unique rencontre avec Pierre-Gilles de Gennes. Si si. Hé, ça aurait été Mitterrand, j'aurais pu écrire un bouquin à partir de là, bouquin qui aurait fait 120.000 exemplaires directs et dont l'option cinéma se serait négociée à prix d'or, merde ! Oh et puis zut. Foutez-moi tranquilles. Un jour je vous raconterai comment j'ai croisé Doc Gynéco dans la rue et que je lui ai même pas dit bonjour.

 

Lundi 21 Mai 2006

Je suis tombé dernièrement sur un article qui m'a fait froid dans le dos. Des gens déjà indûment riches à crever s'autocongratulaient d'une conjoncture qui leur devenait encore plus favorable. Ces exploiteurs repus de la bêtise humaine, ce sont bien entendu les fabricants de cravates. Après quelques années d'une période un peu molle pour eux, dûe à la généralisation du "casual friday" et plus généralement à la libéralisation bienvenue des moeurs vestimentaires en entreprise, ils se frottent les mains en constatant que la cravate se déringardise et reconquiert un public de jeunes urbains qui tentent d'en refaire un symbole de classe, dans tous les sens du terme. Personnellement, j'ai toujours détesté ce ruban de tissu qui est contraignant, laid et ridicule, en plus d'avoir d'un rapport surface/prix généralement du niveau de l'immobilier dans ses pires périodes spéculatives. Mais si les valets du capitalisme veulent à nouveau marquer leur appartenance avec fierté, ça les regarde. C'est de toute façon un signe des temps, il suffisait de voir la soirée électorale de notre nouveau président, avec tous ces rebuts d'écoles de commerce, dûment encravatés, qui fêtaient leur messie autoproclamé et son adoubement par la fine fleur de la chanson moisie.

Le retour à l'uniforme. Le retour à des Trente Glorieuses fantasmées. Le retour à un formatage qui s'assume...

C'est bien. Ne pas porter la cravate redevient de facto un acte contestataire.

 

Mardi 8 Mai 2007

Et donc, El Niño est parti en croisière à Malte, sans doute pour se la jouer Sarko Maltese. Sauf que depuis la guerre en Irak, on sait que si Maltais il est, c'est surtout de Faucon qu'il s'agit. Va falloir gratter le vernis pour être sûr. Mais je me mélange dans mes métaphores.

Pendant ce temps, ses lieutenants sont à la manoeuvre. On nous prépare un gouvernement dont on peut gager qu'il sera croquignolet : même Juppé est sur les rangs, paraît-il.

"Le voile du côté obscur vient de se déchirer".

 

Lundi 7 Mai 2007

Deux événements ont émaillé ce week end. Ils n'ont en apparence aucune espèce de rapport. Mais la juxtaposition des deux me fait peur.

D'abord, Vendredi, TMP a fait parvenir un carton de jouets chez un de mes éditeurs. L'idée était d'en donner un à chacun des intervenants de l'album Spawn : Simonie. Parce que le Necrocop, personnage apparu à l'époque dans cet album, existe à présent en jouet. Étant un des créateurs du Necrocop, j'ai à présent sur mon bureau une figurine très détaillée le représentant. Ça m'amuse beaucoup. Ça n'amuse pas ma femme, par contre, qui la trouve macabre. Faut dire que Spawn, c'est quand même rien que des histoires de zombies putréfiés qui arrachent à coups de chaîne les têtes de démons et autres malfaisants avec un grand luxe de détail. La petite Ségolène R. des Charentes, aurait détesté.

L'autre info de la fin de semaine, c'est bien sûr le plébiscite écrasant du petit Nicolas S., de Neuilly. Hier soir, j'ai failli mettre en ligne une War Zone qui consistait en une trentaine de ligne de gros mots divers, alignés les uns derrière les autres sans ponctuation aucune. Je me suis ravisé. J'ai hésité ensuite pour un truc à base de "Sieg Heil !". Et puis je me suis ravisé aussi. Je crois que je me couillemollise avec l'âge.

Mais le lien entre ces deux faits, le Necrocop en plastique et Sycophanto à l'Elysée, est un peu moins ténu qu'il n'y paraît. En effet, dans Spawn : Simonie, par pur mauvais esprit, j'avais mis une page avec un Ministre de l'Intérieur petit, brun et gueulard qui pourrissait un pauvre flic en le noyant sous un déluge de mauvaise foi imprécatoire. Ce Ministre qui n'était pas nommé, mais qui restait fort reconnaissable, est à présent le personnage qui concentre sur sa personne le plus de pouvoirs dans toutes les démocraties occidentales. Hormis le cas de cohabitation, le Président de la République Française a en effet une liberté de manoeuvre sans équivalent. Et ça fait des années que je passe mon temps à me payer publiquement sa fiole. Alors voilà, quand c'est en mon nom propre que je le fais, comme dans la War Zone, à la limite, c'est à moi d'assumer ce que j'écris. Pas de problème. Dans Simonie, on est quand même quatre à être impliqués. Moi, mon co-scénariste, qui a accepté la page en l'état, le dessinateur qui n'a pas cherché à changer la tronche du personnage, et le directeur de collection qui a publié le machin.

Alors voilà. Si jamais l'un de mes trois comparses se retrouve en prison pour outrage à nain dépositaire de l'autorité publique, ce sera de ma faute, parce que c'est moi qui ai eu cette idée à la con. Pardon aux familles, tout ça.

 

Lundi 30 Avril 2007

Alors le spam, c'est quand même 90 % de conneries américaines, des casinos en ligne dont on a rien à foutre, du viagra, des prêts immobiliers à la con, des tuyaux percés en bourse, etc... Grosso modo, mon réglage antispam en dégage d'emblée une bonne moitié (mais à failli mettre à la corbeille une volée de mails professionnels importants parce qu'il y avait "sexe" dans l'intitulé. ben oui, la conversation portait sur le sexe de plusieurs personnages d'un projet sur lequel je bosse). Il y a quelques mois, mes boites mails se sont retrouvées littéralement envahies par des mails asiatiques, rédigés en idéogrammes ou en kanji, ce qui fait que je ne sais toujours pas ce qu'on cherchait à me vendre, sans doute les mêmes conneries, mais bon, le doute profite au petit mystère. Et l'antispam a vite appris à les débusquer et à les éliminer avant même qu'ils arrivent sur mon ordi. Et là, depuis trois jours, c'est reparti comme en quarante. Et je pèse mes mots. Parce que ce sont des spams en Allemand. C'est là que je m'aperçois que mes cours sont loin, parce que je ne comprends pas non plus ce qu'on essaie de me vendre. Peut-être une espèce de crédit, ou de rachat de crédit, mais je ne suis même pas sûr.

Enfin... Tout ça pour dire, la pub, c'est déjà un peu chiant en soi. La pub pas ciblée, dans le genre chiant, c'est carrément du niveau bonne diarrhée post kebab frelaté. Et la pub pas ciblée à ce point-là, on en arrive à un genre de geiser rectal façon kärcher.

 

Vendredi 27 Avril 2007

Vous n'avez jamais remarqué comment on a envie de coller des claques, parfois, aux gens qui se posent en victimes ? Surtout quand ils profitent de leur statut de victime pour pourrir la vie de leur entourage. Tenez, prenons, tout à fait au hasard, ça va de soi, l'exemple du petit Nicolas S., de Neuilly sur Seine. Ce garçon est typiquement le genre de sale petit morveux qui va asticoter les grands et qui va ensuite se plaindre qu'on lui a collé une tarte ou qu'il a entendu qu'on le surnommait le cafard. Même les amis qui ont tenté de lui donner sa chance ont fini par se détourner de lui, parce qu'il a essayé de prendre leur place à la cantine (c'est arrivé au vieux Charles P., dans le Neuf Deux), ou de se liguer avec une autre bande quand il a cru sentir le vent tourner (le grand Jacques C. pourrait vous en parler mieux que moi). Pire encore, il essaie de pourrir la vie de ceux qui essaient de jouer gentiment entre eux sans lui. Et quand il a bien foutu le bordel, il s'arrange pour pouvoir dire "ah non, c'est pas moi". Bien entendu, c'est le type de personnage déplaisant qui déteste tout le monde, a un mot méchant à dire sur chacun, mais feint de ne pas comprendre quand les autres lui répondent sur le même ton. Du coup, il s'en va répandre sur leur compte des propos qui sentent l'aigreur à plein nez. A force, il a quand même réussi à se constituer une petite bande de ratés du même genre, de têtes à claques, de petits fils à papa auxquels il a promis une meilleur classe à la cantine.

Il faudrait l'exclure de l'école. Ou le remettre à sa place une bonne fois. Bien sûr, il fera une grosse colère, le petit. Mais bon, il faut faire quelque chose pour lui apprendre les bonnes manières, sinon il finira par avoir de gros problèmes. Il a déjà été à la limite du racket avec ceux qui essayaient de dénoncer ses agissements. En tout cas, s'il vous demande de le soutenir pour le poste de délégué de classe, faites la sourde oreille. On lui a déjà laissé porter le cahier pendant quelque temps, et ça l'a rendu encore plus prétentieux et imbuvable.

 

Mercredi 25 Avril 2007

Il manquait plus que ça. La Serbie est un pays qui déjà parfois mauvaise réputation, suite à divers événement malencontreux remontant à quelques années. Il y a eu dans la région une succession de périodes un peu troublées, succession qu'on peut faire remonter tranquillement jusqu'au Moyen-Age voire, sans se forcer, à la plus haute Antiquité. Bon. Du coup, dans les BDs, le secteur est souvent l'endroit où l'on place des pays imaginaires pas trop cools. On se souviendra notamment de la Bordurie, avec son régime Moustachiste, et de la Latvérie du Docteur Fatalis (qui demeure un des méchants les plus cool de l'univers, avec Darkseid, Dark Vador et Frankenstein Casanova). Or, c'est en Serbie qu'une dépêche nous annonce la découverte d'un minerai qui a la composition exacte de la Kryptonite. Bon, faudra qu'on vérifie dans le comics qui donnait la composition en question. Toujours est-il qu'il y a des gisements de Kryptonite en Serbie. Voilà la nouvelle du jour (lâchez-nous la grappe avec les nouvelles du jour à base de Napoléon de Neuilly et de Charentaise de l'Autre Pays du Fromage, y a pas que les duels au finish à coups de papiers dans l'urne, dans la vie, quoi, merde).

Or, une telle nouvelle ne pourrait qu'intéresser Alexander Luthor (Lex, pour les intimes), qui devrait ouvrir une succursale là-bas, tiens. Mais voilà, ça n'arragerait pas la réputation du bled.

Et puis merde, je me dis qu'on pourrait en tirer partin, assumer à plein et en profiter aussi. Depuis le temps que je perds mes cheveux, je pense que, à la tête d'une bonne provision de Kryptonite, je pourrais faire un chouette Lex Lavitch, nouvelle némésis de Superman.

 

Lundi 23 Avril 2007


C'est avec une intense émotion et des trémolos dans la voix (ouais, je sais, sur écrans ça s'entend moins, les trémolos, mais vous allez quand même me faire le plaisir de les imaginer pour la circonstance) que j'ai appris le décès de Boris. Boris, c'était l'homme qui était monté sur les chars pour sauver une démocratie même pas encore née. Boris, c'était la Russie de l'après URSS. Boris, c'était une part appréciable du chiffre d'affaire des marchands de spiritueux de Moscou et faubourgs. Boris, en son temps, avait fait naître un espoir extraordinaire. Vous me direz qu'il l'a bien trahi et piétiné par la suite, cet espoir. Mais au moins, il l'avait fait naître. Et c'est déjà pas si mal. Regardez le Napoléon de Neuilly : lui, jamais il ne pourra trahir un espoir (c'est déjà ça qu'il ne trahira pas, remarquez), pour la simple et bonne raison que pour trahir un espoir, il faut déjà être capable d'en susciter un.

Dimanche 22 Avril 2007

Soirée électorale. Résultat décevant, mais pas fondamentalement surprenant. Ce qui fait peur, c'est que le nain psychopathe dépasse les 30 %. Du coup, il ne se sentait plus, lors de son discours : les yeux au ciel pour remercier Dieu, des références voilées à Jean-Paul II et à Martin Luther King, mais aussi l'emploi à plusieurs reprises du mot "peur" dans un contexte qui donne à penser qu'il va continuer à jouer avec les peurs de ses concitoyens. Pas étonnant, ça lui a réussi. Juste derrière, Charentaise de l'autre pays du fromage. 25 %. Le vote utile a joué à plein, elle a bien attendu que les autres parlent avant de faire son discours, et a balancé deux jolies torpilles dans la tête de son adversaire. En troisième homme, le centriste, qui a bien tiré son épingle du jeu et compte visiblement peser de tout son poids jusqu'aux législatives et au-delà. Il se voit déjà dans la peau d'un Warwick. Ce qui fait plaisir, c'est la déconfiture du borgne. Faut dire que l'autre petit traître lui a bien pompé ses voix. Le petit facteur s'en tire pas trop mal, ensuite, surtout quand on le compare aux autres. Petit à petit, on voit se dessiner une recomposition du paysage politique, et gageons que les téléphones chauffent entre divers états-majors.

À ce stade, les pronostics vont bon train. Le Napoléon de Neuilly a deux avantages tactiques : son avance numérique, et ses talents oratoires. Le petit jeu, maintenant, ce sera de pousser l'adversaire à la faute, ou de l'assassiner face à face (on se souvient du débat Mitterrand Giscard de 74, ou de Mitterrand Chirac 88, ou l'ascendant s'est joué à peu de choses). Mais ce qui risque de faire la différence, c'est l'équipe de gouvernement dont chacun va essayer de s'entourer. Et là, l'avantage est à Royal. Elle a plus de gens crédibles à portée de la main. Qu'on aime ou qu'on n'aime pas Strauss Kahn, par exemple, force est de reconnaître qu'il peut faire un Premier Ministre acceptable. Contrairement aux petites frappes de l'équipe Sarko, il suffit de regarder Coppé et Devedjian pour s'en convaincre. Si ces types essayaient de me vendre une police d'assurances, je n'aurais même pas besoin de lire les petits caractères pour deviner que c'est une entourloupe.

La Royal, je ne l'aime pas. Et ce n'est pas nouveau. Mais entre l'agité du Bocsa et elle, mon choix est vite fait.

 

Dimanche 15 Avril 2007

Le moment de mettre son papier dans l'urne approche. Du coup, impossible d'aller acheter des tomates sur le marché sans se faire alpaguer par des distributeurs de tracts. Les plus actifs, ce matin, c'étaient les partisans du clown sinistre, j'ai nommé Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon (ils ont vraiment des noms à la con, à droite, entre Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa et Dominique Marie René François Galouzeau de Villepin). Les partisans du Fou du Puy étaient à l'image de son programme, entre des fils de bonne famille habillés par leur maman et de vieux rassis qui auraient mieux fait d'aller à la messe, ils auraient perdu leur temps sans risquer les coups de soleil, comme ça, au lieu de le perdre en plein cagnard. Les voir essayer de vendre leur candidat était pitoyable. On en venait à espérer qu'il y laisse encore une fois sa chemise, le fin de race du Grand Ouest. Il ne mérite que ça. Et ses partisans devront encore se cotiser, bien fait pour eux.

 

Samedi 14 Avril 2007

Un peu au dernier moment, je me suis retrouvé à me faire embarquer par mon éditeur pour dédicacer au salon Game in Paris. Jeux et mangas au menu. Dommage qu'Ed Tourriol n'était pas là, avec son manga sur les échecs, il aurait fait un malheur. Moi, en tout cas, j'étais à mon stand, dans un espace qui faisait étuve, à regarder passer des Chevaliers du Zodiaque flashy, des Cobra gras du bide, et des Magical Girls de l'extrême. Eu à supporter l'enthousiasme d'un fan baveux. Heureusement, ce n'était pas un de mes fans à moi, ça m'aurait fait mal. d'ailleurs il était gêné quand il a compris qui j'étais. Il n'osait pas me dire qu'il détestait ma série, mais il n'en pensait pas mois. Heureusement, à partir de 17 heures 30, l'open bar VIP s'est mis à servir de l'alcool.

 

Dimanche 8 Avril 2007

Les gamins étaient intenables. Alors j'ai décidé d'employer les armes de destructions massives. Je leur ai appris le jeu de la sentinelle mexicaine. Vous ne connaissez pas le jeu de la sentinelle mexicaine ? C'est pourtant simple. Il suffit d'un coin avec un peu de soleil, mais d'ombre, aussi. Avec un arbre ou un muret. Et un coin de sol propre. Le joueur trouve un coin dont la luminosité lui sied. Il s'assoit par terre, s'allonge à moitié, en s'arrangeant pour s'adosser au muret ou à l'arbre. Ensuite il croise les mains sur le ventre et ferme les yeux. Plus, tel une authentique sentinelle mexicaine, il s'efforce de communier avec le soleil, l'ombre, le sol, le muret, et le bruit de ses propres ronflements.

J'ai cru avoir gagné la paix. Les filles sont rentrées dans le jeu, trouvant ça cool. Le fiston, au bout de trente seconde, s'est relevé en disant : "il est nul, ton jeu, je m'ennuie !".

Caramba, encore raté.

 

Samedi 7 Avril 2007

C'est le ouikende de Pâques, notre Sauveur Urbi et Orbi et tout le bazar. Où qu'on aille, c'est pour voir des lapins géants, des oeufs bariolés et des poules en chocolat. Je ne suis pas certain que, lors de son dernier repas, le Sauveur sus-mentionné ait partagé une poule en chocolat avec ses disciples. Mais bon, pour ce que j'en dis, hein... Mais soyez prudents avec ça. Je vous vois déjà vous empiffrant d'oeufs à la liqueur et de friandises diverses. Certes, j'aurais mauvaise grâce à vous jeter la première pierre, vu que je vais probablement faire pareil, mais bon, si vous dépassez les bornes des limites, ça va se terminer, suivant l'expression canonique, en Pâques Vomiscum. Vous voilà prévenus.

 

Mercredi 4 Avril 2007

La nouvelle du jour, c'est qu'en vrai, Jeanne d'Arc était une momie égyptienne. Ce qui accrédite la thèse selon laquelle toute la guerre de Cent Ans n'était qu'un odieux complot visant à restaurer le pouvoir des Pharaons, comme indiqué dans le Da Seti Code, le thriller expliquant que la malédiction de Toutânkhamon était un truc beaucoup plus vicieux qu'on n'y croirait.

Ou alors c'est que j'étais un peu dans le gaz quand j'ai lu la dépêche, C'est pas impossible non plus. Mais en tout cas, si Jeanne la Pucelle était une momie. Pas étonnant qu'elle soit restée pucelle, moi je dis.

 

Mardi 3 Avril 2007

Les noms d'oiseaux fusent dans la campagne. Entre les "ignobles", les "fatigués", les "fraudeurs", les "voleurs", les "menteurs", etc... On sent que le niveau de la politique dans ce pays atteint une sorte de point de non retour. Même Nihous, le candidat des chasseurs, est plus présentable que les deux favoris de l'élection. Ça a un côté très inquiétant. Mais l'attaque la plus efficace contre le Napoléon de Neuilly vient en fait d'un gréviste de chez Peugeot : "Travailler plus pour gagner plus ? Il en a de bonnes : qu'il vienne travailler sept heures à la chaîne, ce monsieur, et on verra s'il tient la journée." Amen, ô anonyme gréviste. Amen.

 

Lundi 2 Avril 2007

Rentré bien cuit du festival de Cluny. L'ambiance est toujours aussi cool, la bière toujours aussi bonne, le lieu toujours aussi chouette. Et j'y dors toujours aussi peu, du coup. Là, ce fut du mode gonzo canal historique. J'étais dans le peloton des der des ders à tenir debout, le verre à la main, quand le soleil s'est levé. J'espère que le type malade à qui j'ai inscrit au marqueur le signe de Caïn sur le front pour le protéger du danger s'en est sorti : dans l'état où j'étais, j'ai oublié une partie du rituel qui allait avec. Si ça se trouve, ça aura l'effet inverse. Bon, de toute façon, le signe de Caïn est censé protéger des meurtriers, pas de la biture. Mais c'est l'intention qui compte. Merci encore aux organisateurs, en tout cas, c'était fort plaisant. J'ai noté l'adresse.

 

Vendredi 30 Mars 2007

Ayé ! Ils ont un vrai et authentique miracle sous la main pour permettre de lancer la béatification de Jean-Paul II. Bon, en termes de miracle, c'est une vieille bonne soeur qui a guéri de son Parkinson en écrivant le nom de JP sur un bout de papier. S'il avait su, le pauvre vieux JP aurait pu guérir du sien en faisant pareil. Sauf qu'il était probablement trop avancé pour tenir un crayon, le malheureux. Par contre, si le miracle a guéri la bonne soeur de sa tremblote, il n'a rien fait pour sa dentition, qui fait instantanément penser à Austin Powers. Ça fait quand même désordre. Sauf qu'Austin, lui, le Parkinson, je suis certain qu'il adorerait : le mode vibreur intégré, forcé, il irait même jusqu'à s'en vanter et à refuser tout miracle. Mais les Anglais sont des chiens d'infidèles hérétiques, c'est bien connu.

 

Jeudi 29 Mars 2007

Les madmaxeries de la Gare du Nord on provoqué encore plus de remous que les débarquements de flics dans des écoles maternelles. Cette campagne électorale est devenue tellement absurde (bon, c'est souvent le lot des campagnes de ce genre) qu'il faut bien un peu de grain à moudre pour les candidats, histoire qu'ils se rejettent la faute à la figure les uns des autres. D'où anathèmes croisés, comme à la plus belle époque des grands schismes religieux. Et dire qu'on regarde les Iraniens de travers... C'est l'hôpital qui se fout de la charité.

Et puis la répétition perpétuelle de phrases toutes faites et de slogans à un petit côté télétubbies, quelque part. Les grotesques pantins de la télé pour héroïnomanes fêtent leurs dix ans, parait-il, et faut croire que leur influence délétère a fait tâche.

 

Lundi 26 Mars 2007

Bon, voilà qu'ils nous ont foutu Harry Potter en Ministre de l'Intérieur. Ça m'étonnerait qu'il fasse des miracles, ceci dit. Mais il fallait, selon les commentateurs autorisé, un "chiraquien sarko-compatible". Bientôt, je vous le dis, il faudra qu'on passe des tests pour savoir si on est sarkopositifs. Et la seule trithérapie qui me semble pouvoir donner des résultats c'est, fin avril, de faire du Napoléon de Neuilly le quatrième homme de l'élection. Ou au moins de le jospiniser.

Enfin, inutile de tirer des pronostics (il y en a déjà trop, en cette saison), et parlons de sujets autrement plus graves. Il y a plus de boutiques de téléphones portables que de librairies, dans ce foutu pays. Que va faire le prochain président pour régler ce terrifiant problème ?

 

Samedi 17 Mars 2007

Quoi qu'on fasse, on ne m'ôtera pas de l'idée que "Ground Control to Major Tom" est largement supérieur à la vraie-fausse reprise que Mort Schuman en a fait.

Comment ça, ça n'a aucun rapport avec la choucroute ? Ouais, mais bon, je suis trop dégoûté que Nicolas Dupont-Aignan n'ait pas eu ses 500 signatures. Pourquoi, me demanderez-vous ? Bandes de sots, mais c'est évident ! Ce type aurait gratté un ou deux pour cent à Le Pen et autant à Sarkozy, et dans une élection serrée, ça peut faire la différence : rappelons que Le Pen avait jadis soufflé la deuxième place à Jospin principalement parce que Pasqua ne s'était finalement pas présenté. Au moins, il reste De Villiers sur ce terrain-là, et un type de Chasse-Pêche-Nature-et-Tradition. Quelques centaines de milliers de voix qui n'iront déjà ni au Borgne to be Alive, ni au Nabot de Neuilly.

Mais bon, laissons-les s'agiter dans leur bocal. For here am I sitting in a tin can, far above the world, Planet Earth is blue and there's nothing I can do.

 

Jeudi 15 Mars 2007

Il y a des trucs en vente libre dont on se demande si c'est quand même tout à fait légal. J'ai fait un ravitaillement l'autre jour, un peu au pas de charge parce qu'il était tard, et que le magasin allait pas tarder à fermer. Du coup, j'ai chargé mon cabas un peu vite. Je suis rentré tard. J'ai foutu tout ça au frigo et je suis passé à autre chose.

Et puis, ces derniers jours, il faisait beau. Alors j'ai aéré en grand la maison. En ouvrant une fenêtre au premier et une autre au second, on génère un puissant courant d'air qui en quelques instants chasse toutes les odeurs de renfermé. Et puis j'ai décidé de manger un sandwich au coulommiers. Ça m'a pris comme ça. Il y a des envies qui ne s'expliquent pas. Non, je ne suis pas enceinte (et puis ça aurait pu être pire : il aurait pu me prendre l'envie d'écouter un disque de Barbra Streisand, hein). Et là, le sandwich consommé alors que la maison était ventilée en grand a répandu partout une forte odeur de camembert. Mon coulommiers était vraiment fait à coeur, ce dont je ne m'étais pas rendu compte sur l'instant.

Et Dieu sait pourquoi, même avec la ventilation, il a fallu plusieurs heures pour que l'odeur se dissipe, malgré le puissant courant d'air.

Les fromages de destruction massive sont en vente libre dans notre pays.

 

Mardi 13 Mars 2007

Le récent cyclone à la Réunion a eu deux curieux effets secondaires. En dispersant les insectes et en secouant les plans d'eau, il a considérablement réduit la population de moustiques, et donc mécaniquement le risque de chikou... chikun... Enfin, du mal local, là, celui qui fait parfois déplacer les ministres. Mais il a aussi mis au jour une ancienne fosse commune datant du XVIIIe siècle. Et probablement de l'épidémie de variole qui a frappé l'île à l'époque. Du coup, je me pose la question : dans des restes enterrés, quelle est la capacité à survivre du virus ? Parce que mine de rien, cela fait près de 30 ans que la vaccination n'est plus obligatoire, et n'est d'ailleurs plus pratiquée. Du coup, selon la réponse à la question, il y a peut-être là un risque potentiel...

Y a pas moyen d'envoyer Sarko en tournée électorale sur place, à tout hasard ?

 

Lundi 12 Mars 2006

Et voilà. Chichi, c'est fini. Il restait peu de suspense, ceci dit. Mais ça va mieux en le disant, semble-t-il. Egal à lui-même, le bonhomme a fait ses adieux au music-hall, essayant de poser au vieux sage pour tracer les chantiers de ses successeurs. Ce qui est très drôle, c'est de voir le Napoléon de Neuilly y voir un soutien à sa propre cause (alors que le reste du pays y voit une condamnation de son programme et de sa méthode), c'en est atterrant, soit de mauvaise foi, soit de déni de réalité, soit d'un subtil mélange des deux.

Mais bon, la vraie info, c'est qu'avec le retour des beaux jours, je me paye d'intolérables migraines ophtalmiques. Vous vous en foutez, je sais. Je vous hais, d'ailleurs. Et d'abord, avec ces migraines, je ne suis plus en état de vous aimer, d'abord. Faudrait que je reprenne le réflexe d'avoir toujours mes lunettes de soleil sur moi, juste au cas où.

 

Mardi 6 Mars 2006

Oui, je sais, j'ai pas mal négligé la War Zone, ces derniers temps. Il faut dire que j'ai été pas mal occupé. Beaucoup de boulot. Des trucs que vous verrez un jour ou l'autre sur les tables de vos libraires, et des trucs à pognon qui ne laisseront pas de traces dans la culture populaire de ce pays. Bref...

Et puis, je dois le dire, cette campagne électorale me déprime passablement. Les deux grands candidats sont aussi atterrants l'un que l'autre (et aussi pas grand l'un que l'autre, d'ailleurs, quand on y regarde de près), rivalisant de mauvaise foi et de démagogie pour essayer de gratter quelques voix, avec une constance dans le mélange des genres et la superficialités qui forcerait l'admiration si tout se déroulait dans des salons huppés de l'époque d'Oscar Wilde, mais qui, en ces circonstances, a tendance à plutôt faire froid dans le dos.

En fait, le vrai problème, c'est qu'une élection dans laquelle François Bayrou finit par m'apparaître non seulement comme un candidat crédible, mais en plus comme un candidat désirable, ça me conduit à penser que notre démocratie est vraiment très malade.

 

Vendredi 23 Février 2007

Aujourd'hui, j'ai vu Zaitchick en vrai. Traumatisé par l'expérience, je vais donc parler d'autre chose.

À la pharmacie du coin, ils ont mis un panneau vantant les méfaits du tabac. Le machin, sponsorisé par un fabricant de patches et de gommes à la nicotine, montre une grosse clope, et fait la liste de tous les agents toxiques présents dedans. Outre les goudrons, nicotines et autres trucs classiques, on nous parle de cyanure (mais il y en a nettement moins dans la clope que dans les amandes et le laurier), de trucs genre benzène (on obtient des substances du genre dès qu'on touche aux corps aromatiques végétaux, et notons qu'il se dégrade très bien à la combustion, et que la moindre fumée de barbecue en contient tout autant, si ce n'est plus), du mercure (admettons) et... Du Polonium 210. Si si, c'était marqué. Et là, je me suis retrouvé à hausser le sourcil. Il y a forcément foutage de gueule quelque part.

Mais revoyons l'action au ralenti.

Le grand public a découvert les joies du Polonium 210 tout dernièrement, avec l'image insoutenable de ce barbouze russe encore plus bouffi qu'un Steven Seagal sous cortisone. Le pauvre type avait été empoisonné avec une dose ridiculement infime de la substance. Et qui dit dose infime dit, en cas de la moindre fuite, carnage potentiel à grande échelle. Du coup, il a fallu le rassurer, le grand public. Expliquer que ce Polonium numéroté était une substance totalement artificielle, à très faible durée de vie, produite en quantités infimes par les centrales nucléaires. Et donc qu'on n'en trouvait pas sous le sabot d'un cheval (si jamais vous en trouviez sous le sabot d'un cheval, emenez tout de suite la pauvre bête chez un bon vétérinaire). Mieux encore, elle était tellement rare qu'on a pu suivre très précisément les traces de l'échantillon utilisé pour intoxiquer le barbouze dans toute l'europe, avions et chambres d'hôtel inclus, parce que c'est une radio-activité particulière et repérable. Donc s'il y en avait dans les clopes, on n'aurait pas pu suivre la piste, ça aurait tout brouillé. Ou alors on nous a pipeauté un feuilleton digne des Experts pour noyer le poisson, et la traque au compteur Geiger était une fiction destinée à maquer un scandale plus énorme encore impliquant du Polonium millésimé.

La clope, c'est pas super sain, tout le monde le sait. Il y a plein d'arguments contre la clope. De vrais arguments, solides et tout et tout. Mais jouer avec la peur du jour et inventer des arguments aussi débiles que celui du Polonium le-compte-est-bon, c'est malhonnête, terroriste, c'est prendre les gens pour des cons. C'est reprocher à Pol-Pot de manger salement, ou de dire que Sarkozy est forcément méchant parce qu'il a les ongles sales.

Et pendant ce temps, personne ne nous met en garde contre les méfaits du confit d'oie.

 

Jeudi 22 Février 2007

Un fait historique peu connu, ce sont les tensions persistantes entre les soldats italiens et allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale. Engagés aux côtés de membres de la Waffen SS, les soldats de Mussolini remarquèrent vite que leurs collègues teutons étaient bien mieux nourris et bien plus abondamment. D'ailleurs, les Waffen SS arboraient souvent un embompoint que leur enviaient les Italiens étiques. Qui se vengeaient en les appelant les "kilos". Certains quolibets passèrent mal, et on ne compte plus les incidents de "tirs amis" qui émaillèrent les quelques campagnes communes des deux armées. Tout ceci a laissé des traces dans le langage courant en Italie. Quand, excédé, un Italien vous hurle "Waffen Kilo !", c'est un lointain souvenir des années de guerre.

Voilà.

 

Jeudi 15 Février 2007

Pour une sombre histoire paperassière, il a fallu que j'aille aux impôts pour un certificat de domiciliation fiscale (histoire de prouver que, contrairement à notre Johnny national, je me tire pas en Suisse pour pas les payer). Premier réflexe, je passe au Trésor Public à côté de chez moi. Grands yeux effarés de la dame, qui m'avait fait attendre une demi-heure. "Ah ben non, attendez, je vais vérifier, ah ben non, c'est pas ici, hein, faut voir au centre des impôts". Précisons que le certificat, j'avais un modèle que j'avais rempli. Il suffisait juste d'un coup de tampon en bas, de n'importe quel bureau vaguement fiscal, et le destinataire du dit certificat (un éditeur étranger) aurait été très content. Mais non, il fallait donc que j'aille au centre des impôts, situé dans une autre commune, et en plus assez loin de la station du RER, dans un quartier que je ne connaissais pas du tout. Mais bon, faut ce qui faut, j'y vais. Après un certain temps de transport et deux changements, j'arrive à l'hôtel des impôts (c'est comme ça que ça s'appelle. j'ai pas osé leur demandé s'il leur restait des chambres). On m'a donné un petit ticket, et rebelotte à attendre. J'étais arrivé aux alentours de 11 heures (après m'être vaguement paumé), à midi, heure de fermeture du machin, le type s'est levé de son comptoir à l'accueil et est allé verrouiller la porte. En prenant son temps. Il était moitié plus petit que moi, mais bon, fermer la serrure du bas, hein, il fallait qu'il fasse attention à son lumbago. Finalement, encore plus tard, le type m'a appelé. Il a regardé ma tête (ma tête habituelle, genre yeux cernés, et pas rasé depuis dix ans), a écouté mon explication, et a ouvert de grands yeux de lapin pris dans les phares d'un trente tonnes. Alors je lui ai montré le papier en lui disant : "il me faut juste un tampon là, et là." Et sans vérifier qui j'étais, ou si j'étais bien inscrit dans le centre des impôts en question, il a tamponné.

Je suis reparti (après l'avoir regardé déverrouiller lentement la porte, comme il l'avait fait pour chacun des trois clampins qui faisaient la queue avant moi), et je suis rentré chez moi. J'ai regardé la gueule du tampon. Avec une patate et un canif, j'aurais pu faire le même en moins de dix minutes, au lieu de niquer ma matinée.

 

Mercredi 14 Février 2007

J'ai encore fait un rêve absurde. Ça devient une habitude. Je regarde la télé. Il y a une interview de Kiefer Sutherland, qui parle de la guerre contre le terrorisme lancée par Bush. Et toutes les deux phrases, entre des morceaux d'analyses dignes d'Alexandre Adler, Sutherland ponctue son discours d'un "et en tant que le mec qui fait Jack Bauer, je sais de quoi je parle". À un moment, cut. Ils interviewent Donald, le papa de Kiefer, qui se contente de dire "ils sont là !". Toute l'émission n'est qu'un ramassis de conneries de ce genre. À un moment, je me dis "dès que je me réveille, j'écris une War Zone à ce sujet, c'est de pire en pire, la télé". Et fatalement, cette réflexion induit la prise de conscience que je suis en train de rêver. Alors je me réveille. En me disant : ouais, c'est de pire en pire, la télé, faut vraiment que je fasse une War Zone dessus. Et puis j'ai tilté qu'en fait, non, la télé n'y était a priori pour rien.

Mais ça m'a pas empêché de l'écrire, cette fichue War Zone à ce sujet.

 

Mardi 6 Février 2007

J'étais allé faire un tour chez un de mes éditeurs. Ça arrive parfois. Il faut ce qu'il faut. Des trucs à récupérer, d'autres à discuter, etc... Or, les locaux de cet éditeur se trouvent en plein coeur de Paris. Et plus précisément, à deux pas du nouveau QG de campagne de notre Sinistre de l'Intérieur. Du coup, sortir du métro pour faire les 300 mètres séparant la station des locaux de mon éditeur bien aimé (mode cirage de pompes) (et que ça brille) est devenu un sport de l'extrême. Il règne dans le quartier une ambiance de rupt... de révol.... de coup d'état en cours, carrément. J'ai rarement vu autant de camions de CRS entassés dans une petite rue. Ni autant de flics, hors catastrophe, émeute et bal de la police. Ni autant de flics en civil stressant dans leur talkie. C'est un bordel sans nom. Et c'est avec notre pognon, en plus. Tous ces gugusses armés se contentaient de monter la garde de façon plus qu'ostensible au lieu de faire leur travail qui est, rappelons-le, de courir après les voleurs de poules, escrocs et autres violeurs de petites vieilles. On se demande d'ailleurs ce qui justifie ce déploiement de forces, euh... injustifié à ce stade, parce que je ne crois pas qu'il y ait autant de monde pour surveiller le QG de campagne de Bayrou, celui de Ségolène, ou celui de Le Pen. Ça commence à coûter cher au contribuable, le petit ego trip du Napoléon de Neuilly. Allez, Johnny, reviens ! Va falloir les financer, les conneries de ton pote aux talonnettes !

 

Lundi 5 Février 2007

Enfin ! Après l'ennui du Dakar et une campagne électorale qui se résume à des patauderies sans fin, il fallait quelque chose pour relancer l'intérêt de ce feuilleton décousu qu'est l'actualité. C'est vrai, quoi, les watergâteries de Sarko et Ségo, on s'en bat quand même légèrement les roubignoles avec un disqueuse à carrelage. Mais les scénaristes du monde ont quand même dû recourir à du réchauffé pour nous faire à nouveau triper en lisant le journal. Oui, la grippe du poulet est de retour. Cette fois-ci, ce sont les Anglais qui s'y collent. Ça les change de la vache folle et de l'agonie politique de Tony Blair. Et ça nous distraiera un peu, de voir les rosbifs se livrer à un génocide de dindes.

 

Spécial Angoulème 2007

Mercredi 24 Janvier 2007

Après avoir échappé de justesse à un piège à couilles disposé juste devant l'escalator à la gare et qui, dans la cohue de l'heure de pointe, est invisible tant qu'on n'arrive pa dessus, j'ai pu sauter dans mon train. Dès que la voiture bar à commencé à opérer, je suis allé me boire un café. Arrivée à Angoulème sous la neige, accompagné de Chris Colin, qui a pu me déposer en ville (qu'il en soit remercié). Repas cool à l'Indien. Retour pas trop tard, dodo.

Jeudi 25 Janvier 2007

Le festival est super excentré cette année. C'est un vaste bordel. Des rumeurs circulent, d'ailleurs, sur l'avenir de la manifestation. Pas encourageantes, les rumeurs. Mais ça démarre. Dédicaces chez La Cafetière, dédicaces chez Shogun, plus tournée des popotes, à lécher des joues et à serrer des mains. Pas forcément dans cet ordre. Lancé plusieurs négociations, et de grandes choses sont à l'étude. Y compris le retour de... Il est trop tôt sans doute pour en parler, mais mes lecteurs qui attendent depuis quatre ans risquent fort d'être contents dans un proche avenir.

Le soir venu, drame : il n'y a plus de sperme de Hulk au billard. On se rabat sur la bière, du coup. Couché un peu plus tard. Pas beaucoup dormi parce que ma cervelle tourne comme une lessiveuse, et finalement je trouve l'astuce qui permettra de finaliser de façon élégante la négociation engagée dans l'après midi. Après cette eurekation, dormi comme un bébé, sans même entendre Phil qui dormait dans la pièce à côté en ronflant comme une essoreuse.

Vendredi 26 Janvier 2007

La journée passe super vite. Beaucoup de retrouvailles émues, beaucoup de boulot, beaucoup de discussions, pas le temps de vraiment manger le midi. On se rattrape le soir à la bouffe des Humanos. J'en profite pour faire connaissance avec mes collègues de Shoguns, très cools. Soirée très arrosée, after au billard. Combat de lutte mexicaine improvisé. Ma voix commence, sous l'action conjuguée de la fatigue, de l'alcool et des cigarettes, à devenir une imitation passable de celle de Nick Meylaender, l'homme qui est une bande annonce de film d'action vivante. KGBen, pour sa part, fait une imitation épatante de Nikolavitch. Qu'il crève dans d'atroces souffrances. Rentré vraiment pas tôt, après avoir fait une découverte qui m'anéantit : un auteur très cool de chez Soleil, que j'appréciais sans vraiment le connaître, n'était pas Kéramidas, contrairement à ce que je croyais dur comme fer depuis des années. Bien entendu, cette prise de conscience a eu lieu à l'issue d'un quiproquo parfaitement ridicule au cours duquel les gens m'ont encore pris pour un dingue.

 

Samedi 27 Janvier 2007

Marc Botta est enfin des nôtres. On dédicace ensemble tout l'après midi. Prise de conscience terrifiante à cette occasion : Fabcaro est exactement comme dans sa BD. Ça fait peur. Mais il est adorable. Le soir, l'esprit de Pierre Richard tombe sur moi, et je me retrouve enfermé dans les toilettes d'un restau libanais. Je tambourine à la porte jusqu'à ce qu'on m'ouvre. Les personnent qui m'attendaient à table me disent à mon retour "t'as raté quelque chose, tiens : y avait un con qui faisait des travaux et tapait dans les murs. À cette heure ! On l'entendait d'ici." J'évite de me laisser aller à une bordée de jurons, mais le coeur y est. Illumination dans la soirée, je découvre un secret fondamental de l'univers : il ne faut jamais tenter de soigner un début d'angine à coups de cigarillos. Rentré sérieusement tard.

Dimanche 28 Janvier 2007

Alain, un pote, n'a pas pu venir. Du coup, le traditionnel petit déjeuner du dimanche matin au Mars Attacks est annulé. J'ai une pensée pour lui et sa petite famille, en lui souhaitant les meilleures choses. On essaiera de rattraper ça l'année prochaine. Le midi, l'esprit de Pierre Richard continue à me torturer. Je manque de mourir en mangeant un apéricube qui se coince dans ma gorge dessechée. Le festival se termine doucement, et du coup je n'aurais même pas eu le temps de récupérer une dédicace des auteurs de Luccha Libre. Zutre. Par contre, profitant honteusement de mon état physique déplorable, après quatre jours à peu dormir, ils m'auront monté un sketch assez déplorable. En fait, ils sont à l'image de leur BD : cools, drôles, et vraiment acides. Ils me plaisent bien. Dernière tournée des popotes, à dire au revoir à tout le monde. Retour en train avec Jim Lainé, dodo.

Lundi matin, le 29 Janvier 2007

Douze heures de sommeil, et ce n'est pas encore assez. Si quelqu'un voit passer ma voix quelque part, qu'il me la rapporte, j'en ai encore l'usage. Va falloir que je me remette au boulot.

 

 

Lundi 22 Janvier 2007

J'étais allé faire mes courses. Ça m'arrive. Faut bien manger. Et il y avait une promo sur la brioche en tranches. Et donc, j'ai pris de la brioche en tranches. Oui, je sais, vous vous en tamponnez le coquillard. Mais je continue quand même à vous narrer cette anecdote dénuée de la plus petite parcelle d'intérêt. Par pur vice. D'ailleurs, prendre de la brioche en tranches a réveillé chez moi un des miens. De vices. Pas le vice comica (puisque je parie que ce que je vous raconte ne vous fait même pas marrer) (mais c'est moi qui raconte, alors allez vous faire voir), mais un vice bien plus déplorable. La brioche, j'aime la consommer abondamment recouverte de beurre de cacahuètes. Alors je suis allé dans le rayon. Et là, plus de beurre de cacahuètes. J'en étais à maudire les dieux de la décadence culinaire qui se retournaient contre moi (alors que je les ai servis fidèlement toute ma vie, c'est exactement comme dans l'histoire de Job) quand un type du magasin vint à passer. Je lui ai demandé s'il y avait quelque part, éventuellement dans un autre rayon, encore ne serait-ce qu'un pot solitaire de beurre de cacahuètes me permettant d'assouvir cette pulsion barbare qui me fouaillait les entrailles.

Et là, ce fut comme un signe du destin. Le type prit un air navré, me confirmant que non, à son grand dam, il n'y en avait vraiment plus. Et il ajouta : "c'est dommage, il reste plein de Nutella, et le sandwich beurre de cacahuètes / Nutella, c'est quand même un des grands plaisirs de la vie". Et là, je dis pas mal. J'y avais jamais pensé. Ce type, avec sa cravate d'employé du mois, restait néanmoins un homme. Un vrai. Un type parti encore plus loin que moi sur le chemin obscur et pavé de calories de la connaissance ultime des tréfonds nutritifs. Ça m'a mis du baume au coeur, vous pouvez pas savoir.

Du coup, j'ai acheté une friteuse.

 

Samedi 20 Janvier 2007

La Chine vient de faire exploser un satellite à l'aide d'un missile tiré du sol. Dit comme ça, ça n'a l'air de rien, une amuserie techno-militariste, un jeu de guerre spatial comme il y en a de temps à autre. Sauf que c'est un jeu dangereux. On n'a jamais su si Ronald Reagan l'avait fait exprès, mais force est de constater qu'il a réussi à mettre l'URSS à genoux comme ça.

Mais revoyons l'action au ralenti.

Au cours des années 80, la Guerre Froide a pris un tour curieux. La course à l'espace était terminée, les Américains bricolaient avec la Navette, les Russes avec Saliout, mais l'épopée, c'était fini. On en était à l'espace utilitaire, et les sommes englouties pouvaient potentiellement être récupérées via les applications technologiques. La course aux armements, une fois passée la crise des Pershing II / SS20, marquait aussi le pas.

Et puis ce brave Ronald, toujours dans son trip cinématographique (rappelons que, quand il est arrivé à la Maison Blanche, il a été très déçu de découvrir que la grande War Room souterraine avec carte du monde lumineuse et pupitres nucléaires, c'était que dans les films), a lancé la Guerre des Etoiles (IDS, de son petit nom). Des satellites tueurs. Des lasers. Des avions chasseurs de satellites. Des missiles spatiaux. De quoi rendre toute la ballistique nucléaire obsolète. Sur le papier, c'était énorme. Dans les faits, ça n'a jamais tellement marché. Mais sur le papier... Et l'URSS a tenté de s'aligner. Et y a laissé son économie déjà chancelante. La Guerre Froide était finie, et l'URSS avec. Et le programme de guerre des étoiles a été enterré, parce qu'il ne servait plus à rien.

Pourquoi alors les Chinois tentent-ils de relancer un programme de ce genre ? Veulent-ils faire aux Américains le coup que les Américains ont fait aux Russes ? Pas sûr. Mais ils sont bien placés pour le faire. L'économie américaine dépend de plus en plus de l'économie chinoise. L'économie américaine va fatalement finir par souffrir de la guerre en Irak. Si l'Amérique se laisse avoir (et il y a le potentiel pour : Bush avait repris deux ou trois tests, il y a quelques années, de missiles anti-missiles balistiques), elle risque fort de s'en prendre plein la gueule. Mais je ne pense pas que les Chinois veuillent abattre les USA. Juste les tenir par les bourses. Et serrer de temps en temps.

 

Mercredi 17 Janvier 2007

Si vous avez 60 millions d'euros sous le coude et que vous ne savez pas quoi en faire, la War Zone vous informe que le chateau de Dracula est à vendre. Faut avoir les moyens, quoi. Mais c'est la classe d'avoir ça dans son patrimoine. Alors que la question du patrimoine immobilier de certains fait la une de l'actualité, il faut admettre que ça donnerait un certain cachet à tout ça, alors que le débat politique retombe au niveau des noms d'oiseaux. Avouez qu'un nom de vampire (présumé), ça a tout de suite plus de gueule. Notez que l'ensemble est livré avec mobilier, tableaux et musée incorporé.

Et si le coeur vous en dit, versez vos dons au dracuthon : si j'arrive à lever les 60 millions d'euros, j'achête. Attendez, je consulte mes comptes... Ouais, avec 59.999.992 euros de plus, je peux me le payer.

 

Mardi 16 Janvier 2007

Depuis le début de l'année, les grandes surfaces ont le droit de faire de la pub à la télé. Du coup, on a droit à un spot très drôle, ou la marque "L" (dont je tairai pas le nom pour ne pas froisser le plus gros sponsor du Festival d'Angoulème, où vous pourrez me retrouver la semaine prochaine sur les stands Superpouvoir, La Cafetière et Shogun/Humanos) explique doctement que sa marque de distributeur est moins chère parce que le consommateur n'a pas à payer pour les campagnes de pub à la télé. C'est absolument magnifique, mais la pub est après tout le milieu où le sophisme se porte le mieux, juste derrière la politique.

Mais ce qui m'a le plus épaté, c'est de voir un responsable d'une grande enseigne (qu'on appellera "U" pour ne pas donner le nom complet de la marque, ah merde, c'est fait quand même) expliquer que la pub permettait d'augmenter la notoriété de la marque. Et là, je m'interroge. Quand on lance une nouvelle marque de chaussettes ou de petits suisses, d'accord, lui donner une notoriété est prioritaire. Mais pour des supermarchés installés depuis des lustres, ça me surprend plus. Quand il y a un supermarché dans une ville, tout le monde le sait et y va. Qui plus est, avec les spots à la radio, l'affichage 4x3 et le sponsoring sportif, la notoriété est faite depuis longtemps. Qu'est-ce que la télé apporte de plus. Si je vais au supermarché à 300 mètres de chez moi, est-ce qu'une pub télé va pouvoir me pousser à aller dans une autre enseigne, située à 10 kilomètres (et dont le spot ne parlera pas spécifiquement, en plus) ? La réponse est, bien évidemment, non.

Je ne sais pas comment les agences de pub ont réussi à vendre leur soupe aux grands distributeurs. Si ça se trouve, ce sont même les grands distributeurs qui sont allés les voir (et là, j'imagine la tête du patron de l'agence, son expression "oh, le beau pigeon"). La société de l'image, la société de la notoriété, c'est vraiment le carnaval des andouilles.

 

Lundi 15 Janvier 2007

Tiens tiens, on relance la réforme du statut pénal du chef de l'état. Sur le principe, c'est une bonne idée. C'est un peu tardif, certes, mais mieux vaut tard que jamais. Ce qui est très rigolo (ou qui n'est juste qu'un reflet de ma paranoïa rampante, c'est possible aussi), c'est que cette réforme survient à un moment où l'élection présidentielle s'annonce serrée, et où la possibilité d'un 21 avril bis reste entière. Hors, quelle sera la première conséquence d'une telle réforme ? Eh bien en cas de cohabitation, maintenant, l'Assemblée a un moyen de faire sauter le Président. Il faut juste arriver à lui coller une affaire aux fesses (de nos jours, c'est pas super compliqué). Mieux encore, en cas de victoire de Le Pen, une assemblée non FN peut arriver à le dégager en quelques mois.

De la parano dans ma cervelle ?

Oui, y en a aussi.

Mais pas que.

 

Dimanche 14 Janvier 2007

Hmmm, comme c'était beau et de bon goût, ce Sarko Show à l'américaine, dont le prix permettrait de verser le RMI à plus de 600 personnes pendant un an. Et ça représente à peu près dix euros sur la cotisation de chacun des adhérents de l'UMP, qui n'ont pas l'air de s'en offusquer, puisqu'ils ont élu leur leader avec un score qui ridiculise les 82% de Chirac en 2002. Faut dire que le principe du candidat unique est bien pratique, surtout quand on se pique de démocratie. Ils faisaient un peu pareil en Allemagne de l'Est, dans le temps, me suis-je laissé dire. Donc voilà, avec une absence de suspense qui confine à l'instoutenable, la petite teigne est partie en campagne pour la battre (pas la campagne, la candidate adverse, faut suivre). Pendant ce temps, les candidats qui se piquent d'écologie n'ont pas réussi à s'unir. Donc face à Sarko et Ségo, le reste des prétendants est en ordre dispersé. Bayrou pourrait presque se poser en recours (c'est ce qu'il essaie de faire, d'ailleurs).

Tous ces candidats prétendent vouloir sauver la France. En attendant, je ne vois pas ce qui pourra sauver l'élection.

 

Vendredi 12 Janvier 2007

Bon, au moins, y a un truc qui me réconcilie avec le futur, c'est que l'extrême Droite est aussi con que l'extrême Gauche. Si la Gauche de la Gauche n'a pas été foutue de s'unir (l'extermination du gauchiste par le gauchiste restant le sport national des gauchistes, comme l'avait fort justement noté Jean-Bernard Pouy, je crois que c'était dans Spinoza Encule Hegel, dont je n'ai toujours pas lu le tome 3, d'ailleurs, ce qui me fait penser qu'il faudra que je passe chez Gibert, mais c'est un autre débat), la Droite de la Droite ne montrera pas un front uni non plus. Dupont-Aignan veut faire cavalier seul, et De Villiers vient d'éconduire Le Pen. C'est pas grand-chose, mais c'est toujours ça de pris, vu que je maintiens que c'est l'absence de Pasqua en 2002 qui a permis la mauvaise surprise que l'on sait.

En attendant, il reste à voir quel lapin le père Chirac peut encore tirer de son chapeau pour brouiller les cartes. (et là, j'ai une vision d'apocalypse avec le lapin de Troie des Monty Python, qui existe d'ailleurs en jouet, à présent, avec aussi la peluche du lapin tueur, c'est absolument chou).

 

Mercredi 10 Janvier 2007

Pas mal. Une erreur de manipe dans un labo de retraitement de plutonium a envoyé une double dose de matières fissiles dans un compacteur. Bon, ça ne représentait qu'un petit quart de la masse critique, mais quand même. C'est pas super rassurant. Et puis ça pourrait donner de mauvaises idées aux Coréens et aux Iraniens. Par ailleurs, au prix de contorsions mentales incroyables, des astrophysiciens ont réussi à cartographier grossièrement la répartition de la matière noire dans l'univers. Me demandez pas de vous expliquer le concept de matière noire, c'est un peu compliqué. Mais je peux résumer assez correctement en disant que "la matière noire, c'est un peu comme la matière ordinaire, sauf qu'elle est différent, pas pareille, autre". Et qu'on la voit pas. Ce qui complique. Le résultat de cette cartographie évoque une sorte d'éponge marine. Ou un schmilblick. Ouais, ça pourrait être pas mal, comme photo pour le jeu du schmilblick.

 

Lundi 8 Janvier 2007

Je ne sais pas s'il y a de l'eau dans la gaz à Manhattan, mais il y a paraît-il du gaz dans l'air. Ou en tout cas, une forte odeur de gaz qui a flotté dans toute la ville, déclenchant un début de panique. La nuance est subtile, mais a son importance. En effet, les capteurs n'ont montré aucune présence particulière de gaz. Il n'y a pas eu non plus de modification du début repérée par la compagnie du gaz. Mais le gaz de ville est normalement inodore. On y ajoute un parfum caractéristique uniquement pour le rendre repérable. Imaginons maintenant un petit scénario : un terroriste un peu malin qui mettrait la main sur un tel parfum en grande quantité pourrait à peu de frais terroriser une ville, sans avoir à tuer personne (je suis un partisan déclaré du terrorisme "zéro mort", que je trouve idéologiquement plus rigolo, et comme je l'avais démontré à l'époque de la Coupe du Monde en expliquant comment semer un bordel monstrueux en se contenant de planter un réseau informatique précis).

En tout cas, ce terroriste hypothétique est en progrès. Il y a deux ans, c'était une odeur de sirop d'érable qui s'était répandue sur la ville. Dans le cadre d'une tactique de terreur, c'est quand même moins efficace.

 

Dimanche 7 Janvier 2007

Et c'est reparti pour un tour de gugusses meurtriers dans le désert. Non, je ne parle pas d'envoi de troupes supplémentaires en Irak, mais du retour cyclique du Dakar, une maladie qui revient en hiver, telle la grippe ou la fidèle gastro. Ça en viendrait presque à couvrir les grandes manoeuvres présidentielles à l'approche des élections. Pas encore de morts sur le Dakar, mais ça ne saurait tarder. Pas encore de candidats sur le carreau, mais le Président y travaille. Et pendant ce temps-là, le monde continue de tourner...

 

Samedi 6 Janvier 2007

L'ouverture des pays de l'Est a eu des effets contrastés. Si la Slovénie réussit à passer fièrement à l'Euro, d'autres pays ont récupéré des travers occidentaux moins enviables. En Albanie, par exemple, il semblerait que la Droite invente des électeurs fantômes pour les élections municipales. Pourtant, ils n'ont pas de Corses, en Albanie. Ni de Corréziens. Il faudrait qu'ils en importent, parce que du coup, les élections municipales de ce mois-ci sont annulées et reportées. C'est ballot, tout de même, c'était bien essayé, ils auraient eu tout d'une grande puissance européenne, s'ils y étaient arrivés.

 

Vendredi 5 Janvier 2007

Vous vous rappelez sans doute du gag... Pardon, du bug... De l'an 2000. L'Apocalypse numérique qui devait déferler sur nos têtes comme une pluie de grenouilles. Bon. Les techniciens ont bien fait leur boulot, et la guerre du 00 n'a pas eu lieu. Mais une apocalypse plus lente flotte encore sur nos petites machines. En effet, la course à la miniaturisation a réduit la quantité d'énergie nécessaire pour implémenter un bit dans une mémoire. Au point que cette quantité d'énergie est à présent la même que celle libérée par un rayon cosmique qui frappe le sol. D'où plantages possibles. Votre ordinateur plante sans raison (je veux dire, sans raison valable, quand vous n'êtes pas en train de surfer sur un site de boules en imprimant un rapport de 400 pages tout en relevant votre courrier avec une partie de solitaire en cours en tâche de fond). Eh bien c'est peut-être un neutron égaré, issu du choc du vent solaire sur la haute atmosphère terrestre. Et une éruption solaire importante peut dès lors foutre une zone pas possible dans tous les réseaux.

C'est con. Quand j'étais gosse et que je lisais Nova tous les mois, les rayons cosmiques donnaient plutôt des pouvoirs fantastiques. Tout fout le camp, décidément.

 

Jeudi 4 Janvier 2007

Il y a des gens qui ont beaucoup d'humour. Enfin, on essaie de mettre ça sur le compte de l'humour, par la grâce d'un vieux reste de charité qui traîne au fond d'un tiroir depuis des lustres et dont il faut bien se servir de temps à autre, parce que bon. Prenons, tout à fait au hasard, cela va de soi, Jean-Marie Le Pen, dont les calembours ont jadis fait la joie des gazettes et la fortune de ses avocats. Eh bien il réussit sans éclater de rire à essayer de se faire passer pour politiquement "de centre-droit". C'est vrai qu'il a été à plusieurs reprises débordé sur sa droite par des gens comme De Villiers, Sarkozy, voire peut-être, si le temps se maintient, par Ségolène. Mais de là à recalibrer tout l'échiquier politique en une formule lapidaire, faut avouer que c'est fort. Et pour essayer de se placer à gauche de Ségolène, il se fend même d'un très beau coup, en prônant la "république référendaire", sa version à lui de la démocratie participative. Décidément, l'animal est encore combatif.

Je sens qu'on va encore se faire des frayeurs aux élections.

 

Mardi 2 Janvier 2007

Miracle de la technologie, une grande marque de rasoirs vient de sortir un modèle à cinq lames. Pour concurrencer une autre marque qui culminait jusqu'alors à quatre. Bon, je regarde ça de très loin, vu que ça fait quelques années que j'ai pas touché un rasoir, ce qui me donne ce look inimitable d'ermite baba-cool. Mais ça me sidère quand même. Le rasoir à deux lames, ils avaient expliqué le truc, ça avait l'air de se tenir. Mais cinq ? Sur le principe, ça sert à quoi, au juste, d'avoir cinq lames sur un rasoir ? Faut vraiment que les services R&D soient désespérés de justifier leurs budgets, j'ai l'impression.

 

Lundi 1er Janvier 2007

Bon, ben voilà, nous sommes officiellement en 2007, et Roumains et Bulgares sont officiellement des Européens (notons que c'est aussi con de dire l'Europe pour parler de l'UE que de dire l'Amérique pour parler des USA). Et puis les Slovènes sont passés à l'Euro, aussi. Et Chirac a causé dans le poste. Et c'est les élections dans quelques mois, alors gageons qu'on n'a pas fini d'en entendre parler. Et puis voilà. Bonne année à tous, donc, vu que c'est de saison, et puis bonne année aussi aux autres, ceux qui ne liront pas ces voeux, parce que je ne suis pas sectaire. En tout cas pas aujourd'hui. Demain, on verra.

Bon, sinon, j'en ai profité pour faire une petite mise à jour de ce cite, principalement la section "les BDs". Donc vous voilà prévenus.

 

Dimanche 31 Décembre 2006

C'est avec cette totale absence de solennité qui, chez moi, passe souvent, et à juste titre, pour de la désinvolture, que je tire la chasse sur cette année 2006, riche en plein de trucs, bons et moins bons, pour contempler d'un oeil circonspect l'arrivée de l'année 2007. Quand j'ai allumé la radio, cet après-midi, les mecs n'avaient rien de mieux à faire que d'annoncer des nouvelles du genre "hé, la Nouvelle Calédonie est déjà en 2007, c'est dingue", et "oh, l'Australie sera en 2007 dans dix minutes, c'est merveilleux". Un dimanche de réveillon, on sent qu'ils ont laissé les stagiaires aux manettes.

 

Samedi 30 Décembre 2006

Bon, Saddam, c'est fait, c'est plié, avant la fin de l'année, c'est terminé. On peut déplorer la manière, mais dans un pays où il y a entre 20 et 70 morts violentes par jour, une de plus ou une de moins, hein ? Et c'est pas Ted Bundy qui me contredira. Je veux dire Al Bundy. Enfin, l'acteur qui jouait Al Bundy et qui fait un speech sur le sujet dans Wayne's World (si si, souvenez-vous, le barman psychopathe, "un homme qui tue à la guerre est un héros", tout ça). Ouais, donc Al, pas Ted. Ted, c'est un autre type. Qui ne m'aurait sans doute pas contredit non plus. Mais bon, comme il est un peu mort, (Ted, pas Al) il ne risque plus de me contredire, alors je m'en fous un peu. Sauf que lui, il est mort sur la chaise électrique, et que Saddam, c'était une pendaison. "J'ai gardé de ce spectacle patibulaire un souvenir profitable", disait jadis un personnage de Pierre MacOrlan, qui parlait justement d'une pendaison, coïncidence qui serait troublante si, en fait, ça avait quelque chose à voir avec notre propos du jour, que j'ai de toute façon oublié tellement je m'en tamponne le coquillard. Et sinon, le conseil du jour, c'est "mangez du foie", en cette saison c'est très bon.

 

Jeudi 28 Décembre 2006

Ça nous est arrivé à tous, une panne de serveur qui nous prive de mails pendant quelques heures, voire un jour ou deux. Ou un fournisseur d'accès qui se mélange les pinceaux et dont on attend pendant quinze jours qu'il rouvre la ligne. Il y a quelques mois, il y a eu un incident plus sérieux en région parisienne, qui a torpillé une bonne partie du web francophone pendant un gros week-end. Ce genre de plan à le don de nous foutre en rogne, voire de nous poser de sérieux problèmes au niveau professionnel. Mais en Asie, ils font pas les choses comme ici. Il leur faut du grand spectacle. Du coup, le récent séisme à Taiwan a rompu plusieurs câbles sous-marins, déconnectant tous les réseaux nationaux les uns des autres. La bourse de Hongkong n'avait plus accès à Bloomberg, par exemple, et la plupart des ordres ont dû être passés par téléphone portable (les lignes fixes ayant aussi souffert de l'avarie). De nombreuses entreprises ont été coupées du monde au Japon, en Corée et en Chine. Seules celles qui disposaient de lignes alternatives passant par la Russie ou les USA ont limité la casse.

Internet est un outil encore récent, qui n'est entré dans les moeurs des entreprises il y a une petite dizaine d'années. Mais qui s'est tellement bien implanté que le couper, c'est déclencher une catastrophe. Les anciens systèmes de communication ont quasiment disparu, ainsi que ceux qui savaient les mettre en oeuvre. Pis : la rapidité d'internet a rendu tout le monde dépendant au temps réel, alors que des latences de 24 ou 48 heures étaient considérées comme normales quand le Minitel était encore un fleuron technologique que le monde nous enviait (en tout cas, si l'on en croyait nos élites).

À notre époque de terrorisme global, que se passera-t-il quand un petit malin arrivera à générer un flash EMP capable de faire fondre toutes les puces de silicium d'un hémisphère ?

Je vais écrire à la mairie, moi, qu'ils remettent en service le pigeonnier du parc. On ne sait jamais.

 

Mercredi 27 Décembre 2006

Ça tombe dru, en ce moment, entre Pinochet (celui de Kissinger) et Ford (celui de Nixon), ou Brown (celui de Sex Machine), voire Delanoë (celui de la Sacem, pas celui de la plage sur les pavés du bord de Seine). Un peu comme si 2006 essayait de solder les comptes avant de passer à la suite. Reste à voir si Saddam (celui de Bagdad) va passer l'année, et c'est pas gagné. À moins qu'il ne devienne une décoration de premier de l'An, ce qui est toujours possible, ça dépendra si le gouvernement irakien est très taquin ou juste un peu.

Et pendant ce temps-là, Giscard court toujours.

 

Mardi 26 Décembre 2006

Difficile, ces périodes de fêtes. Avec toute cette bouffe, je vois poindre dans mon entourage des manifestations somatiques qui confinent parfois au gastrocalyptique. Mais bon, après tout, c'est de saison. Ce qui est plus dur, ce sont les haut-parleurs qui continuent à déverser des torrents de Tino Rossi dans la rue. En temps normal, c'est déjà insupportable, mais avec la gueule de bois, ça devient tout simplement monstrueux. Je n'ai peut-être pas été tous les jours bien sage, mais je ne pense pas avoir mérité ça.

 

Dimanche 24 Décembre 2006

Gna ? Déjà le 24 ? La vache, ça passe. Bon, ben joyeux Noël à tous, hein, du coup, parce que bon, les traditions de fins d'années et tout ça, faut bien y sacrifier un jour, alors autant que ce soit aujourd'hui.

 

Samedi 23 Décembre 2006

Je pense que tout le monde est bien d'accord pour se tamponner des avis éclairés du CSA, le gendarme de la télé. C'est vrai qu'on doit à cette auguste institution le système de codage des programmes qui achève de déresponsabiliser les parents dans la sélection de ce que regardent leurs gamins. Et puis le CSA va être très occupé ces prochains mois, vu qu'il va falloir chronométrer les passages télé de Sarko, Ségo et des autres (et de chronométrer très précisément, parce qu'il s'agira de savoir ce qui relève des interventions du Sinistre de l'Intérieur, et ce qui relève de celles du candidat de l'UPM, et je sens que ça va être coton, voire tétrapilectomique). Mais le CSA se trouve en ce moment confronté à un problème. Un vrai problème. Un problème d'importance. Plus qu'une querelle byzantine façon Nom de la Rose, c'est quasiment un choix de civilisation qui se joue. Et là, je suis sérieux. Car dans le cadre de négociations actuellement engagées, il devient très urgent de donner une définition précise de l'oeuvre audiovisuelle, définition qui régira l'obtention des subventions, et l'application des quotas de productions originales ("originales", voilà une notion qui, a la télé, a un sens précis et réglementaire qui semble défier le sens commun). Les auteurs et les producteurs bataillent contre les sociétés privées de production. Enjeu de la bataille : les émissions de télé-réalité (Le Loft, la Staraque et toutes ces conneries) sont-elles des oeuvres ou pas ?

Eh oui, on en est là. Aussi formatées soient-ils, les sitcoms, fictions à la Navarro ou soaps sont des programmes supposant un réel travail d'écriture. Le documentaire suppose un point de vue, une mise en forme, et donc là aussi une écriture. Argument des sociétés de prod : Poh Lenta et la Staraque sont des émissions montées, "dramatisées", et donc écrites, d'une certaine façon. Donc en un sens des oeuvres. Mais là où la notion d'oeuvre, dans le documentaire, s'appuie sur un discours, une subjectivité appliquée au réel, dans la "télé-réalité", qui emprunte certaines formes au documentaire, la limite se brouille. La part évidente de fabrication (pas totalement assumée) emporte certes l'idée d'oeuvre. Mais la notion d'oeuvre, du coup, torpille la volonté affichée de présenter une "réalité brute".

Dans un tel débat, où tracer la frontière ? Faut-il tracer de nouvelles catégories pour séparer "émission de divertissement", "fiction", "documentaire" et "télé-réalité" (mot qui dans cette liste fait tache et demander alors une nouvelle dénomination). Peut-on laisser plus longtemps la télé-réalité canibaliser l'espace et les budgets de la fiction et du documentaire sérieux ?

 

Dimanche 17 Décembre 2006

J'ai déjà dit, l'année dernière, tout le mal que je pouvais penser de ces haut-parleurs qui, en période de Noël, diffusent à tue-tête des chorales, carillons et autres adaptations symphoniques de Vive le Vent. Et puis je suis allé faire des courses de dernière minute, ce matin, dans un hypermarché qui était ouvert. J'ai ainsi pu trouver mes brioches, mon chocolat, mon gel douche et autres denrées de première nécessité. Mais dans le magasin, les haut-parleurs ne diffusaient pas que de la guimauve musicale festo-findannesque. Il y avait aussi un présentateur qui beuglait les horaires spéciaux du jour, et surtout les promos super-avantageuses-profitez-en-vite-y-en-aura-pas-pour-tout-le-monde. Et c'est là que ça devenait intéressant. Une promo sur le saumon ou le foie gras, ça aurait pu faire mes affaires. J'ai pas encore dressé mes menus de réveillon, et ça aurait pu emporter certaines décisions. Mais là, non. Promo sur des jouets énormes, hideux et très chers, que des manutentionnaires apportaient par pallettes entières, palettes qui étaient vite pillées par des meutes de parents sombrant dans l'attilatisme pur et dur sous mes yeux ébahis. Promo sur des téléphones portables qui font robot et centrifugeuse (j'ai pas tout relevé, mais en tout cas c'étaient des fonctions sans grand rapport avec la téléphonie) et grâce auxquels on pouvait momentanément gagner 20 euros de plus que la promo déjà existante. "gagner 20 euros", c'est bien ce qu'a dit le clampin microphonique. Sur une offre qui dépassait la centaine d'euros. Donc, sous prétexte de gagner 20 euros, on demande aux gens de signer un chèque de 100 et quelques. Bien joué. Et le pire c'est que ça marche, vu que des meutes compactes se pressaient vers le rayon téléphonie toutes affaires cessantes. Et ainsi de suite, des promos sur des services à fondue, et n'oubliez pas la carte qui permet de payer à crédit (un crédit au taux bien plus élevé que celui de la Banque Centrale Européenne, qui fait déjà grincer les dents de nos chers politiques), sur des bidulemuches non identifiables, sur des bonzaïs ou sur des guirlandes moches. Et à chaque fois, des flux et reflux humains dans un magasin déjà bondé.

Bref, j'en suis sorti avec la tête explosée et les viscères emcombrés de haine pour mes contemporains. C'est l'esprit de Noël qui me travaille.

 

Samedi 16 Décembre 2006

Le spam est une plaie, on le sait. Le spam frappe sans discrimination, on le sait aussi. La preuve, c'est que même les filles reçoivent des mails proposant des pilules à faire pousser la bite, et que même des types qui n'ont pas le permis reçoivent des mails proposant des assurances auto. Il faut dire que souvent, ce sont des spams diffusés par millions d'exemplaires, ça fait pas le détail.

Mais là, j'ai reçu un truc étrange. En fait, c'était un mail me signalant l'ouverture d'un cabinet de psychanalyste. Alors on va me dire, ouais, c'est peut-être pas un spam, mais quelqu'un de bien intentionné qui a filé mes coordonnées au bavard en question en pensant que j'avais besoin de me faire soigner. Sauf que l'examen du mail anéantit cette hypothèse. Le style de la missive est par trop impersonnel, commençant même par le "madame, monsieur" qui indique à coup sûr que la personne qui écrit ne sait pas à qui elle s'adresse. Donc, il s'agit bien d'un spam, envoyé par un pauvre couillon (une pauvre couillonne, en fait) qui donne bêtement toutes ses coordonnées physiques (téléphone, adresse, même le métro pour y aller) (c'est à Chevaleret, pour ceux qui se poseraient la question).

Et là, du coup, on s'étonne. Le spammeur pro cultive un certain anonymat et préfère poster d'un pays bien lointain, histoire d'échapper au poursuite. Là, l'andouille donne tout ce qu'il faut en termes de corde pour la pendre, et omet la mention salvatrice qui permettrait de la dédouanner : aucun lien ne permet d'être effacé de la liste d'envoi.

Un psy qui vient de s'installer devrait quand même éviter deux choses.

1- se vautrer dans l'illégalité en faisant sa pub (pratique interdite pour la plupart des professions médicales), et surtout en la faisant de cette manière (le spam est réprimé par la loi).

2- éviter de convoquer Lacan dans le corps du texte. Le jour où il existera une bonne traduction française de Lacan, on en reparlera, mais dans l'intervalle, ça ne fait sérieux d'invoquer Lacan qu'auprès des psys et des vrais grands malades. (pour ceux qui ne connaissent pas, lire Lacan, c'est lire Freud, mais traduit par le tout venant de chez Panini ou de chez le Seuil, vous voyez le niveau).

Après, on passera sur les soucis typographiques et les expressions du type "ma parole singulière", mais c'est uniquement parce que Noël approche et donc que la charité chrétienne se porte haut en cette période. Et faut que je retrouve l'adresse de la boîte à spams de la CNIL, ça les fera marrer.

 

Jeudi 14 Décembre 2006

Visiblement, ce n'était pas France Soir qui était responsable de l'affaire d'hier autour de l'outing de Marie Drucker (et on sait enfin qui est le pingouin qu'elle se tape, et ça n'a tellement aucun intérêt, en fait, que bon). Ça m'apprendra à lire les infos en diagonale, en tout cas. En attendant, je présente toutes mes excuses aux bagnards qui tentent de faire survivre ce tor... Ce quotidien national.

Mais la vraie info du jour, c'est qu'il est très officiellement et formellement interdit de préparer et de consommer du civet de hérisson en France. Qu'on se le dise, il fallait que ça se sache.

 

Mercredi 13 Décembre 2006

Bon, la nana des infos de la 3, Marie Drucker, attaque en justice France Soir, qui a révélé sa liaison avec un "homme public". L'info est partout, en tout cas le fait qu'elle attaque. Mais du coup, personne n'ose relayer l'identité de l'homme public en question, de peur de se prendre des retombées judiciaires sur la gueule. Dans un souci de pure recherche scientifique sur un phénomène médiatique (parce que faut dire ce qui est, Marie Drucker, je m'en fous un peu, vu qu'avant ce soir, je savais même pas le nom de la nana qui présentait les infos sur la 3), j'ai voulu me connecter au site de France Soir. Eh bien que dalle. Sur leur site tout pourri, y'a juste un scan de la Une du journal, et un de la dernière page. Scan par ailleurs illisible. Ah, et j'oubliais, y'a aussi une ou deux banières publicitaires. Mais aucun article, aucun édito, rien de comparable avec des sites comme ceux du Monde, du Figaro ou de Libé. Ce qui fait que l'info litigieuse n'est que virtuelle. En fait, on ne sait même pas si l'édition papier révélait l'identité de l'homme public.

Ce qui ouvre d'ailleurs, à ce stade, la porte à toutes les spéculations. Cette liaison est-elle licite ? Si ça se trouve, l'homme public en question est marié à quelqu'un d'autre, hein ? Parce qu'à ce stade, on n'en sait rien... Et si c'était Chirac ? Ou Borloo, tiens ? (ça pourrait augurer de jolis crépages de chignons chez France Télévisions) Ou Sarko ? Ou Ségo ? Il suffirait de pas grand-chose pour lancer le moulin à rumeurs. Ou tiens, je sais, si ça se trouve, c'est Balladur, et c'est pour ça qu'elle ne veut pas que ça se sache parce que c'est vrai que ce serait trop la honte.

En attendant, rien n'a changé à France Soir. C'était déjà tout pourri avant, et j'ai l'impression que ça n'a pas changé. En fait, je savais même pas que ça existait encore, vu que la dernière fois que j'en avais entendu parler, ils pleuraient parce qu'ils allaient mettre la clé sous la porte...

 

Lundi 11 Décembre 2006

Bienvenue dans un monde sans Pinochet (l'homme dont le nom évoque quand même vachement la masturbation, quand même), un monde où l'on se prend à espérer l'existence d'un tribunal suprême pour qu'il passe quand même devant les juges. Sauf que bon, si on en croit les gens qui ramènent le plus Dieu à toutes les sauces, Dieu est de Droite. Bon, faut dire que les gens qui la ramènent le plus avec Dieu sont souvent de Droite, y a qu'à voir Bernadette à l'église ou Junior le Maléfique, le Résident des USA. Et le problème d'un Dieu de Droite, c'est qu'il serait capable d'apprécier l'auguste Pinochet (je le qualifie d'Auguste non en référence à l'empereure romain, mais plutôt en celle du clown du même nom), vu que l'essentiel de ses crimes ont été commis contre des gens de Gauche. Pour le coup, la Miss Maggie est sortie de sa retraite pour y aller de sa larmichette. Elle aussi, elle est de Droite, tiens, d'ailleurs. Et elle n'est pas mieux coiffée que Bernadette. Enfin bon, ce vieux sénile de Pinochet, on s'en foutait un peu, depuis le temps. Son 11 Septembre à lui avait depuis longtemps été éclipsé par l'autre, celui de Ben Laden (encore un mec qui met Dieu à toutes les sauces) (si ça se trouve, il est de Droite aussi, malgré sa barbe et ses sandales de hippie). Dans le genre vieux sénile de Droite, Chevènement a plus de capacité de nuisance. C'est dire. Et puis attendre le week end pour annoncer sa déculotade devant Ségolène, je trouve ça triste : ça aurait été mieux en Une du Chevènement du Jeudi. Décidément, un monde sans Pinochet, c'est un monde où un seul pas a été fait (et un peu tard, encore) dans la mise hors d'état de nuire des fâcheux.

 

Samedi 9 Décembre 2006

Ah, l'approche des fêtes, avec sa bande son de clochettes dans tous les supermarchés, ses queues aux caisses avec parents surchargés de jouets en option, ses papa noël gonflables accrochés aux murs (je sais pas si ça existe en modèle vibrant, ça. pourtant, le côté bear pourrait trouver son public) et ces pochetrons vêtus de rouge qui haranguent les petits nenfants. C'est une période qui me conduit à développer une sorte de zenitude un peu autiste. C'est une période de l'année que je comprends mal. En plus, tel que c'est parti, y'aura même pas de neige patouilleuse dans les rues.

 

Jeudi 7 Décembre 2006

Tiens, on continue dans les messages déresponsabilisants. Maintenant, sur les pubs pour des fournisseurs d'énergie (genre EDF, GDF, etc...), il faudra qu'il y ait des encadrés appelant à la maîtrise de la consommation. Alors les bonnes âmes défendent cette connerie avec l'argument massue : "ouais, blabli, prix du pétrole, blabla, crise, blablo, environnement, patati, développement durable, patata". Bon, sur le fond, je me garderai bien de leur donner tort.

Mais deux points me posent problème quand même.

-Déjà, le précédent de toutes les campagnes du type "économisez l'eau", qui ont porté leurs fruits. Les gens ont commencé à économiser l'eau. Du coup, les sociétés de distribution d'eau ont tiré la gueule. Et le gouvernement a dû les autoriser à remonter leurs tarifs en conséquence. Bilan de l'opération pour le consommateur, il a fait un acte beau et responsable, mais il l'a fait pour la gloire, vu qu'en consommant moins, à la finale, il paye pareil.

-Ensuite, il va se passer comme pour la sécurité routière. On fout des panneaux partout, et finalement les gens ne les voient plus, noyés qu'ils sont dans la masse. Du coup, suite aux expériences tentées en Hollande, au Danemark, en Allemagne, en Belgique, et maintenant en Angleterre, il semble que réduire les barrières, panneaux et signalisations diverses réduit considérablement le nombre d'accidents, en responsabilisant les automobilistes, et en leur permettant de se concentrer sur les signaux réellement utiles.

 

 

 

 

 

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